Bonjour à tous. Recto folio : la crise. Folio verso : les achats de Noël ! Comme le remarque le billettiste du POPULAIRE DU CENTRE, « les poches sont vides, mais les magasins sont pleins ». Crise ou pas, personne n’échappe à la frénésie des achats de fin d’année ! Encore faudra-t-il se demander si les foules sentimentales se déplacent pour consommer ou simplement toucher des yeux ! Bonne question ! Sur le même thème, Christophe Caron aimerait savoir dans la VOIX DU NORD, s’il convient d’interdire les illuminations de Noël. « Une telle débauche de watts dans les rues, sur les façades est-elle bien raisonnable », demande mon confrère lillois, avant de réfléchir :""Par temps de crise faut-il culpabiliser les Français ou entretenir le rêve?". Va pour le rêve, avec pour le nageur français Amaury Leveaux, le record du monde du 100 mètres, nage libre, arraché hier en moins de 45 secondes. « Leveaux, supersonique", s’enthousiasme l’EQUIPE, tandis que le journal l’ALSACE de Mulhouse, le REPUBLICAIN LORRAIN de Metz et le PARISIEN trouvent chacun que ce record-là, Leveaux le mérite. Leveaux le vaut bien. Admirez la transition, qui me permet de passer aux rêves parfumés l’Oréal, sans faire pour autant la promotion du géant mondial du cosmétique. Le JOURNAL DU DIMANCHE révèle en effet les rapports tendus, qu’entretiennent aujourd’hui Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, et sa fille, membre du Conseil d’administration de l’Oréal, dont Madame Bettencourt possède un petit tiers du capital. Liliane, veuve d’André Bettencourt qui fut tout à la fois copain de Giscard et de Mitterrand, est l’unique héritière du fondateur de l’Empire cosmétique Eugène Schueller. Milliardaire discrète, elle porte joliment ses 86 ans, avec une fortune estimée à 23 milliards de dollars, soit 17 milliards d’euros ! Or, révèle mon confrère du JDD, plainte a été déposée au parquet de Nanterre, par la fille et le gendre de la milliardaire, sous prétexte que Madame « je le vaux bien et je faix ce que je veux » a fait don d’un milliard d’euros à l’écrivain, un peu peintre, un peu photographe, mais très artiste, François-Marie Banier. L’affaire qui fait grand bruit au Cac 40, a été évoquée par le magazine l’EXPANSION, et développée vendredi dernier sur le site bien nommé Bakchich-info. En ce qui concerne la plainte elle-même, sur laquelle travaille déjà les policiers de la brigade financière et les avocats des deux parties, on peut noter avec le JDD aujourd’hui : - Primo, que pour Maître Olivier Metzner, la fille de Liliane Bettencourt ne demande pas d’argent à sa mère. Elle craint seulement que celle-ci dilapide sa fortune. - Quant à Maître François Goguel, conseil de la première actionnaire de l’Oréal, il réagit lui aussi, en déclarant que Madame Bettencourt est aux Etats-Unis, qu’elle va bien, et qu’elle fait ce que bon lui semble de son argent ! Salariés, mes frères, qui voudraient rêver, ne râtez sous aucun prétexte ce week-end le supplément du MONDE, opportunément consacré à l’argent, avec ce titre mi-figue, mi-raisin : "Comment investir pour après-demain ?". Le MONDE prévient en effet que si l’année prochaine sera redoutable, les suivantes seront payantes ! Lisez à cet égard les conseils de Tatiana Kalouguine pour négocier une augmentation de salaire, en période de crise ! Il paraît que c’est possible en démontrant à ses patrons qu’on est essentiel à la croissance de l’entreprise. Qu’on travaille en équipe et capable d’initiatives. Exemple est donné d’une employée de banque, augmentée de 5 %, parce qu’elle avait convaincu ses collègues de limiter photocopies, déplacements, déjeuners et abonnements-presse ! Dernier conseil enfin. Fractionner l’augmentation de salaire souhaité ou alors, propose sans rire une consoeur du MONDE : demander à son patron une contrepartie non-financière. Un bureau plus grand, une formation, un aménagement du travail, une voiture de fonction. Un rêve de Noël, Monsieur Cluzel. S’il vous plait, cher Président, un bureau plus grand pour Stéphane Paoli et Sandra Freeman et une voiturette pour moi ! Dans le supplément argent du MONDE, je lis justement cet aphorisme du milliardaire américain Warren Buffet : « Dans le monde des affaires, le miroir arrière est toujours plus clair que le pare-brise ». Traduire : « la crise de 29, on comprend. Celle de 2088 tient pour tout le monde du schmilblick". Encore que l’hebdomadaire VALEURS ACTUELLES a eu la bonne idée d’organiser un débat éclairant sur ce qu’il faudrait faire pour en sortir, avec Jacques Marseille, Jean Peyrelevade et les députés Benoist Apparu et Hervé Mariton. Thème du débat : faut-il filer la dette pour soutenir l’économie ? Faut-il aider les entreprises qui investissent ou doper le pouvoir d’achat, voire ne rien faire pour laisser les excès se corriger d’eux-mêmes. Tous les intervenants choisissent l’investissement et expliquent que Roosevelt a bricolé et fait en 33 ce qu’il ne voulait pas faire en 32. Quant à Mitterrand, il a stimulé la consommation en 81 et débouché sur la rigueur en 83. Et Sarkozy me direz-vous. La relance, c’est trop ou pas assez. Faut voir. Selon VALEURS ACTUELLES la France a dépensé 1.000 milliards d’euros d’argent public en 2007 et la dette monte, monte, comme le Tibre en Italie ! Alors. Comment conclure sur Noël et la crise ! Le FIGARO Magazine vous propose de changer d’air, ailleurs ! Un journal féminin, entrevu en kiosque, nous invite à nous régaler sans prendre un gramme ! Ouais ! Le NOUVEL OBS préfère nous inviter à bien manger pour vivre mieux. Comme s’en agace MARIANNE, ce n’est pas la crise pour tout le monde, avant de dresser la liste des catégories de Français qui vont passer un joyeux Noël : banquiers, huissiers, parachutes dorés. Le MONDE fait bien lui aussi en rappelant la définition que donnait Marc Ascayrol de l’abattement fiscal : « C’est l’état dans lequel se trouve un contribuable qui vient de recevoir son avis d’imposition ».

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