Bonjour à tous… Dans la presse, ce matin : le plus, le moins… Et le pire ! - Le plus, à la rubrique « Sports », c’est la médaille de bronze pour Marie Dorin, la bi-athlète blonde, que l’EQUIPE appelle l’Etoile du Vercors. - Le plus, au chapitre politique, c’est un sondage CSA pour le PARISIEN-DIMANCHE, qui donne à un mois des régionales, la gauche en position de force. - Le plus, aux pages « Société », c’est le triomphe de l’amour de onze à 84 ans, selon la PROVENCE et suivant le principe : « Car vois-tu chaque jour, je t’aime davantage, Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ». « C’est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l’âge Mais plus fort chaque jour, je serrerai ta main Car vois-tu, chaque jour, je t’aime davantage Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ». Et c’est signé ! Rosemonde Gérard… la femme d’Edmond Rostand, la petite fille du compte Gérard (héros de Wagram), la filleule de Leconte de Lisle, qui eut pour tuteur (je vous le donne en mille), Alexandre Dumas ! Naturellement, on ne peut pas écrire tout ça, sur les petites médailles : « plus qu’hier et bien moins que demain », qui pendent encore au cou des belles Françaises… La presse de la Saint-Valentin, qui coïncide avec le Nouvel An chinois, ne peut pas tout dire non plus, de l’amour en France au quotidien. Elle s’y emploie néanmoins. J’ai cité la PROVENCE, mais le MAINE-LIBRE, le COURRIER de l’OUEST, PRESSE-OCEAN, NICE-MATIN, le JOURNAL du DIMANCHE font plus aujourd’hui pour les feux de l’amour, que pour tout le reste. Mention spéciale pour la VOIX du NORD qui publie en une, la photo de deux amoureux venus à Dunkerque pour le Carnaval et joliment déguisés. L’amour ou le Carnaval ? Les deux mon général ! J’en viens au chapitre social. A Dreux, c’est moins hélas pour Philips-Radiotechnique. Et pour le Suédois Ikea, dans ses 26 points de vente, c’est moins aussi, puisque la majorité des salariés fait grève… Ils voudraient 4 % de plus, sur leurs salaires. La direction dit non. Comme quoi, on n’en a pas fini avec le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy : « Travailler plus, pour gagner plus ! »… Une promesse d’avant-crise, qui revient en boomerang dans l’actualité aujourd’hui avec cette censure ridicule de la direction de l’école des Beaux-Arts à Paris. Le MONDE, daté dimanche-lundi, raconte dans sa page Culture, comment Monsieur Cousseau a demandé le 10 février dernier à l’artiste chinois Ko Siu Lan de retirer son œuvre en quatre banderoles, qui décorait l’entrée de l’école, Quai Malaquais. Sur les bannières, quatre mots calligraphiés : travailler – gagner - plus et moins. Avec, évidemment, un détournement du slogan présidentiel qui faisait lire au passant : « Travailler plus, pour gagner moins ». Le tout, invitant néanmoins les amateurs d’art, à visiter l’exposition collective de l’Ecole. C’est mon chemin, pour venir à France-Inter, donc je peux témoigner du sourire pas méchant que provoquait l’œuvre censurée. Car le directeur de l’Ecole des Beaux-Arts, a fait décrocher les banderoles en question, sous prétexte, souligne le MONDE, qu’elles pouvaient porter atteinte à la neutralité du service public. Seulement voilà, les étudiants ont manifesté, pris un avocat et menacer d’un recours devant un tribunal administratif pour « rupture abusive de contrat entre l’établissement et l’artiste… Et violation du principe fondamental de la liberté d’expression ». [ Sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres, sur le sable et la neige, j’écris ton nom ] Il n’a pas été besoin, au Maire de Paris, Bertrand Delanoë, d’évoquer Eluard pour proposer vite fait, à l’artiste chinoise, d’exposer son œuvre au « 104 », le lieu de création culturelle qui dépend de la capitale. Il n’a pas fallu longtemps non plus à Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, de trancher, en demandant au censeur de l’Ecole des Beaux-Arts de bien vouloir raccrocher, quai Malaquais, les 4 banderoles : plus, moins, travailler, gagner. Je suis passé vérifier tout à l’heure… c’est fait, pour 2 bannières bien raccrochées. Je suppose que les 2 autres, seront installées dans la journée… Je ne sais si Frédéric Mitterrand, en prenant sa décision de s’opposer à la censure navrante de Monsieur Cousseau, a songé à cette histoire édifiante que raconte je crois, la Comtesse de Boigne dans ses Mémoires. Ca se passe sous le 1er Empire. Napoléon visite le Louvre, le baron Vivant Denon, directeur des Musées de France, l’accompagne. Tout se passe bien jusqu’à ce que l’Empereur s’étonne d’un tableau qu’il aurait voulu voir mais qui manque. Celui de Madame de Staël, ennemie du régime impérial comme on sait… - « Où est-il, demande l’Empereur », pour le coup, pas censeur, pour 2 sous. - « Sire, il est dans les réserves du Musée, on ne l’a pas accroché »… répond alors le haut fonctionnaire trop prudent. Le plus… le moins… on ajoute quelquefois (pour provoquer) ou on retranche (par trouille). C’est selon les époques, les situations. Encore faut-il en venir au pire que j’évoquais en commençant. Le pire de l’actualité aujourd’hui, c’est ce gang des adolescentes barbares de la Tronche, près de Grenoble dans l’Isère. Le DAUPHINE LIBERE, la DEPECHE du MIDI et le PARISIEN évoquent ensemble ce matin, avec les mêmes mots, la dérive des 3 petites sauvages, qui ne sont pas sans rappeler les barbares, qui ont tué et dépouillé Ilan Halimi. Il faut lire, page 13 du PARISIEN aujourd’hui, la description de l’enfer subi par Vincent Ricciardella, 55 ans, à qui 3 adolescentes ont dit : « T’es vieux, on va bouffer tous tes sous. Si je ne leur avais pas donné le code, je serais mort aujourd’hui, j’en suis sûr. Comme je n’en pouvais plus, je leur ai livré les chiffres. Elles m’ont ligoté sur une chaise. Mercredi matin j’ai réussi à me libérer, je suis sorti par la fenêtre pour me réfugier chez le voisin. Je ne sais pas pourquoi elles ont fait ça. J’ai toujours été gentil avec elles. Je leur ouvrais toujours la porte, je leur donnais des cigarettes, un peu d’argent ». Et voici la conclusion de Serge Pueyo : « Les trois jeunes filles, issues de familles modestes, étaient descolarisées. L’une vivait en foyer ».

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