Bonjour à tous… et singulièrement aux communicants de Nicolas Sarkozy, dont Le Parisien publie ce matin, les noms et les photographies : Monsieur François de la Brosse, patron de l’agence Z, (comme zèbre, zoo, Zoro et Cinzano) Monsieur José Frèches, ancien PDG du journal Midi-Libre, et auteur de livres à succès. Cécilia Sarkozy, épouse du ministre-candidat… Sans oublier Madame Emmanuelle Mignon et Messieurs Henri Guaino et Franck Louvrier, chargés à partir d’aujourd’hui et jusqu’au printemps prochain des discours, des images, des sons et de la communication de Nicolas Sarkozy. Bonjour à tous les membres de cette vaillante équipe qui vont dévoiler à 14 heures, cet après-midi au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris devant des dizaines de milliers de militants UMP et paraît-il, sept centaines de journalistes, l’affiche de campagne de leur candidat, avec son slogan définitivement choisi : « Ensemble tout devient possible ». Bravo les gars, et félicitations Cécilia, ce slogan-là est nettement supérieur à la « rupture tranquille », qui rappelait trop la fameuse Force tranquille de Tonton, imaginée autrefois par Séguéla, slogan auquel, vous avez rudement bien fait de renoncer cette année. Seulement voilà, ce matin dès l’aube… à l’heure où se prépare la campagne, j’ai bien regardé l’affiche de Nicolas, que publie en exclusivité page 3, le Journal du Dimanche. Affiche dont Florence Muracciole dit en légende : on se croirait revenu 26 ans en arrière. En 81, quand Mitterrand exaltait sa force calme sur fond de village et de clocher. Ma consœur du Journal du Dimanche a raison. La même ambiance paisible se dégage en effet de l’affiche Sarkozy avec le même horizon dégagé, et une belle ligne verte de bois et de bosquets. Au-dessus, un ciel bleu vaguement nuageux. Et au premier plan Nicolas Sarkozy charmant, costume sombre, chemise blanche, bien coiffé et très soigneusement cravaté. Tout en haut à droite, un petit oiseau prêt à s’envoler et chargé de figurer l’espoir collectif des français. Comme on connaît tous Nicolas Sarkozy par cœur, Messieurs Bontemps et Jean-Michel Goudard, qui ont signé l’affiche en question, n’ont pas jugé utile, de faire figurer le nom du candidat de l’UMP à l’Elysée. Ils ont bien fait réservant ainsi la partie imprimée au seul slogan « Ensemble tout devient possible ». Les esprits chagrins diront que Marceau Pivert, socialo-gauchiste révolutionnaire d’autrefois avait imaginé lui aussi, un « tout est possible », de ce goût-là, mais qui s’en souvient ? Qui se rappelle des débats du Front populaire en 1936, quand Marceau Pivert lançait à Blum, au lendemain des grandes grèves : « Tout est possible, y compris une révolution sociale… oui, on peut rompre avec les banques et le capitalisme. » Allons donc en jugea Léon Blum et le Parti communiste lui-même répliqua à Marceau Pivert, dans un article de l’Humanité : « Non, tout n’est pas possible ! » Hélas, l’auteur de cet article, oublié lui aussi s’appelait Gitton. Un Gitton qui a très mal fini dans la collaboration, avec Vichy et les nazis ! Mais revenons à nos moutons ! Si l’on peut dire puisqu’il n’y a, ni brebis, ni bergerie, sur l’affiche champêtre de Nicolas Sarkozy. Il n’y a rien, personne, pas un mammifère, pas un être humain, pas d’église, pas de cheminée d’usine. Un paysage écolo, et lui, très central, très calme, très beau. D’où cette question… sur le slogan « Ensemble tout devient possible ». Mesdames et Messieurs les communicants qui avez mûrement réfléchi à la campagne de Nicolas : les françaises et les français dont vous espérez les suffrages… en avril et en mai prochains… oucétikisont ? Patience, attendez un peu, nous suggèrent l’ensemble de mes confrères, qui tels Le Parisien aujourd’hui, évoquent l’heure du sacre cet après-midi pour Nicolas Sarkozy. Sacre, Mega-show, fête, ces mos reviennent dans tous les journaux ce dimanche… Même si Georges-Marc Benamou dans Nice-Matin en souligne le côté paradoxal, quand il écrit… « A partir d’aujourd’hui l’hyperactif Nicolas Sarkozy, le chef de parti dont on disait tout sauf lui… va devoir devenir l’homme de la nation. » Et ça va être dur, pronostique Jacques Espérandieu dans son éditorial du Journal du Dimanche qu’il conclut ainsi : le triomphe de l’hiver est acquis, puisqu’ils seront tous là, et Juppé et Michèle Alliot-Marie… Seul Villepin traine les pieds, tandis que boude Jean-Louis Debré. Mais si le triomphe de l’hiver est acquis, le sacre du printemps écrit Jacques Espérandieu, n’est pas assuré. Belle référence à Stravinsky, tandis que la presse régionale, vous l’avez vu, multiplie les titres… grand jour, plébiscite, ou assure que Monsieur Dupont-Aignan risque de troubler la fête. Le journal Le Monde préfère évoquer les étapes du combat de Nicolas Sarkozy, et sa longue marche 2004-2007, longue marche qui s’achève ce dimanche, par une victoire totale sur l’ensemble de ses rivaux : Jacques Chirac compris. Bien que le président de la république ne soit pas lancé. Voici en effet la conclusion de l’article signé dans le Monde ce dimanche par Philippe Ridet… « C’est en décembre 2005, que Nicolas Sarkozy est parvenu à verrouiller le parti en imposant un vote des militants UMP, pour désigner le candidat de 2007. Alors c’est vrai Jean-Louis Debré a multiplié les Scud contre Nicolas Sarkozy, expliquant « Plus Sarko accélérera, plus je le taperai. Ca ne changera rien, mais cela me fera du bien ». Qu’importe, poursuit Philippe Ridet, les ralliements se sont multiplié et Brice Hortefeux peut tirer l’épilogue de cette aventure sarkozienne : « Les chiraquiens avait un impératif : empêcher Nicolas de prendre l’UMP. Ils ont été tellement balourds qu’ils n’y sont pas parvenus. Puis ils ont voulu torpiller le scrutin interne. Echec. Enfin, ils ont cru que la crise des banlieues serait son tombeau. Mais Nicolas a fait mieux que Lazare. Il ne s’est pas seulement relevé, il a couru. Fin de citation. Un supplément culturel à tout cela… Le même Philippe Ridet, que je viens de citer confirme ce que révèle Le Point, la campagne de Nicolas Sarkozy, sera suivie (aussi) par Yasmina Reza, l’écrivain, la dramaturge, que l’on applaudit en Allemagne, aux Etats-Unis…et peut-être plus qu’en France d’ailleurs. Elle publiera à l’automne prochain, son enquête sur la route qui mènera Monsieur Sarkozy à l’Elysée ou à l’abîme ! Yasmina Reza, en effet, suit le ministre d’Etat, depuis le printemps dernier. Il la reçoit, il l’invite… Elle va avec lui en voiture, en avion, elle l’a suivi en Corse… Explication de mon confrère du Monde : Nicolas Sarkozy puise dans sa présence régulière dans la troupe de ses suiveurs une nouvelle confirmation de l’intérêt qu’il suscite au-delà du cercle habituel des journalistes politiques. De ces journalistes-là, il s’est beaucoup lassé, Comme il s’est lassé de leurs articles : « Quoi que je leur dise, explique-t-il, ils écrivent ce qu’ils veulent », grince-t-il ; et des livres qui lui sont consacrés : « Tant de livres et si peu de talent », soupire-t-il, vachard et désabusé. Son personnage, Yasmina Reza en a déjà saisi la dimension tragique. Son goût pour la conquête, qui lui fait parfois frôler des précipices, sa nature romanesque et ses incroyables capacités de rebond. Elle avoue « Seule une fin malheureuse donnerait du sens à cette histoire. » Yasmina Reza sera, aujourd’hui dans les travées du congrès UMP de la porte de Versailles, à Paris. Comme toujours, en effet, elle commence son travail quand celui des journalistes s’achève. Il paraît qu’elle écrit avec leurs chutes : ce que faute de place, ils ne gardent pas dans leurs articles, des gestes esquissés, des phrases inachevées. Elle fait son miel de ce qui ne rentre pas dans l’angle. Elle fait son miel avec les détails. Catherine Nay, a fait le même travail, pour son livre qui sort chez Grasset et qui est titré « Un pouvoir nommé désir » et dont Le Point publie de larges extraits… avec une photo assez croquignolette de trois petits garçons… François, Nicolas et Guillaume. Je vous invite à la regarder, ce sont les frères Sarkozy, la photo est prise en 61. Ils sont vraiment mignons tous les trois. Quand on voit ce qu’on devient plus tard… Dans le même hebdo… Le Point… A lire aussi, je vous le recommande chaudement l’interview de Marcel Gauchet qui nous regarde. C’est aussi le rédacteur en chef d’une revue formidable qui est la revue Le débat. Et Marcel Gauchet dit « Nicolas Sarkozy est une personnalité contentieuse. » Interrogation de mon confrère Christophe Deloir : Mais est-ce que la parole de Sarkzoy fait-elle du bien ? Réponse de Marcel Gauchet : En France, le poids des tabous et de la langue de bois est insupportable. Le discours politique en est devenu inaudible. Et celui qui s’en écarte est immédiatement entendu. Après Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a compris elle aussi qu’il fallait se démarquer des interdits bien-pensants. Question alors de mon confrère du Point à Marcel Gauchet : Mais est-ce qu’ils sont liés tous les deux, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ? Réponse du philosophe : La symétrie est frappante. Nicolas Sarkozy est l’équivalent à droite de ce que Ségolène Royal est à gauche. On serait bien en peine de classer Ségolène dans le référentiel des gauches. Au pluriel. Dans les deux cas, on a affaire à des candidats de décomposition de leurs camps respectifs. Allez bonne semaine !

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