Bonjour, En ce jour de fête nationale, je ne vous étonnerai pas en constatant que de nombreux journaux consacrent leur UNE au 14 juillet. "Un 14 juillet du changement" pour notre confrère LE MONDE, "Un 14 juillet vraiment pas comme les autres", pour LE PARISIEN. Plus précis LE FIGARO note "un 14 juillet aux couleurs de l'Europe". Et de fait, comme le souligne la plupart des quotidiens, et notamment Jean Levallois dans la PRESSE de LA MANCHE, "ce 14 juillet 2007 sera une fête à géométrie plus européenne puisque vont défiler avec les militaires français ceux des 26 autres états de l'Union européenne sur les Champs-Elysées. Beau symbole d'ouverture à une entité plus vaste qui est notre espace commun. Et belle réussite, surtout de faire défiler, au même pas, des détachements qui ont leurs traditions et leurs rythmes propres. Il y a ceux qui se réjouissent donc, par avance, et il y a ceux qui ont aussi du mal à accepter cette évolution. Ainsi Francis Brochet du quotidien LE PROGRES s'exclame : "Il fallait oser : le défilé du 14 juillet, l'acmé de la fierté nationale travesti en euro-parade ! Sur les Champs-Elysées, passeront les vestes rouges à brandebourg blanc des Bulgares, les légions dépoitraillées des Espagnols, les longs manteaux noirs des Estoniens. Un scandale !" s'offusque encore, Francis Brochet. Et puis, il y a la surprise de ce 14 juillet. Il n'y aura pas, le rituel inauguré il y a 26 ans par François Mitterrand, d'interview télévisée du chef de l'Etat. Commentaire de Roger Antech du MIDI LIBRE : "Nicolas Sarkozy, ce n'est pas le moindre des paradoxes, ne s'exprimera pas aujourd'hui. D'autres ont tant parlé que cette rupture sonore, ce 14 juillet mutique dans une présidence mutante, sonne comme le symbole de la mesure enfin retrouvée." Pour Pierre Taribot de L'EST REPUBLICAIN, cette soudaine discrétion du chef de l'Etat s'explique aisément : "Nicolas Sarkozy n'a nul besoin d'intervenir en ce jour du 14 juillet. La direction, il l'indique au quotidien. Car le capitaine qui est aussi l'équipage à lui tout seul, tient la barre tous les jours." Cette impression est confirmée par l'éditorial du MONDE. Sous le titre «le général Sarkozy", LE MONDE rappelle que "depuis son installation à l'Elysée, Nicolas Sarkozy gouverne le pays. Il oriente et décide de tout, laissant au Premier ministre le soin de mettre en œuvre la politique ainsi déterminée. Dès lors qu'il entend être un président qui gouverne, en pleine responsabilité devant le peuple, Nicolas Sarkozy devra équilibrer son pouvoir pour échapper à la tentation dangereuse de sa toute-puissance." Et Alain Duhamel fait cette analyse dans NICE-MATIN : "Nicolas Sarkozy reste en effet fidèle pour l'essentiel à la doctrine constitutionnelle gaullienne mais il la pousse jusqu'au bout de sa logique et il entend la démocratiser. Selon sa conception, (en réalité proche de celle de Charles de Gaulle), c'est le président qui gouverne même si les textes prévoient que c'est le Premier ministre. Différence de génération, Nicolas Sarkozy ne se contente pas d'un régime présidentialisé. Il le proclame, le démontre, le commente" ! constate Alain Duhamel. Vos quotidiens ce matin, font aussi souvent référence à ce que LIBERATION appelle "la discrète virée de Cécilia en Libye" où l'épouse du chef de l'Etat a rencontré hier, sous sa tente à Tripoli, le colonel Kadhafi et les infirmières bulgares condamnées à mort. Hervé Favre de LA VOIX DU NORD écrit :"cette intervention de la conjointe du président de la République sur la scène diplomatique marque, là aussi, une rupture avec le passé". "Les premières dames de France n'ont pas de statut gravé dans le marbre de la Constitution" estime Patrice Chabanet du JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE. Mon confrère juge que la situation actuelle (à savoir un certain flou juridique) et a le mérite de laisser à toute épouse du chef de l'état une certaine latitude pour agir dans des domaines où les leviers de la politique et de la diplomatie ne suffisent plus à débloquer la situation. Ainsi, en Libye, tranche Patrice Chabanet, il faut tout essayer pour sortir des innocents du tunnel de la mort". LE FIGARO révèle que le sort des cinq infirmières et du médecin bulgare dépend maintenant d'une somme de 400 millions de dollars qui pourrait favoriser leur libération. Triste marchandage ! Dans l'ALSACE, André Schlecht, remarque que "la mission libyenne de Cécilia Sarkozy porte une préoccupation humanitaire classique qui la relie aux engagements des épouses présidentielles antérieures." A propos de Cécilia Sarkozy, sachez qu'elle figure à la UNE du FIGARO MAGAZINE. Notre confrère souligne "l'anticonformisme de la femme du président qui refuse, selon notre confrère, d'être une potiche". Une potiche, selon la définition du Larousse, c'est, je vous le rappelle, "une personne qui a un rôle de représentation sans pouvoir réel". LE FIGARO MAGAZINE compare les styles des premières dames de France de la Vème république. Yvonne De Gaulle "l'ombre du grand homme", Claude Pompidou qui vient de disparaître, "Une grande dame dans la maison du malheur", Anémone Giscard d'Estaing, "une first lady à contre-emploi", Danielle Mitterrand, "l'autre politique du sommet de l'Etat", Bernadette Chirac, "une tortue à l'Elysée". Et puisqu'on en est aux couvertures des magazines, PARIS MATCH fait sa UNE avec Ségolène Royal qui passe des vacances en solitaire en Corse. Catherine Schwaab résume ainsi le quotidien de la nouvelle icône de la gauche : "Vie privée en miettes, vie publique guère plus vaillante. Elle ne se décourage pas avec son sourire pour armure, c'est une femme debout qui se prépare pour la prochaine présidentielle." Ségolène Royal reste effectivement bien debout puisqu'elle envisage d'assigner PARIS MATCH en justice pour atteinte à la vie privée et aux droits à l 'image, sans doute à cause d'une photo où on la voit en compagnie de sa fille Clémence." Le Tour de France attaque aujourd'hui la montagne. L'EQUIPE MAGAZINE en profite pour faire renaître les coureurs colombiens qui ont marqué de leur empreinte la grande boucle, il y a une vingtaine d'années. Ainsi, vous pourrez redécouvrir Luis Herrera, un ancien vainqueur de l'Alpe d'Huez ou encore Fabio Parra. Une séquence nostalgie assez émouvante. L'EST REPUBLICAIN consacre sa UNE à Zinedine Zidane, un an après. Il y a en effet tout juste 12 mois que le célèbre numéro 10 tricolore mettait un terme à sa carrière sur un coup de tête plus que malheureux en finale de coupe du monde. CANAL PLUS, ce soir, consacre une nuit entière au célèbre Zizou, un retraité actif dans deux domaines, le caritatif et le sponsoring. Enfin, je terminerai cette revue de presse avec l'incroyable accident survenu sur le stade olympique de Rome hier soir. Le journal L'EQUIPE raconte l'aventure impressionnante dont a été victime le champion de France du saut en longueur, Salim Sdiri, que vous avez entendu dans le Journal des Sports. L'athlète français a été transpercé par un javelot lancé à plus de 80 mètres de là. L'engin lui a traversé les côtes. Le plus incroyable, c'est que les organisateurs de la réunion d'athlétisme n'ont même pas interrompu le concours. Le lanceur malheureux, le finlandais Pitkamaki, bien que livide, a continué l'épreuve, encouragé par le public italien qui s'improvisait "cellule de soutien psychologique", ironise Nicolas Herbelot, l'envoyé spécial de l'EQUIPE. Il serait temps que la Fédération Internationale d'Athlétisme prenne à nouveau des mesures pour éviter ce genre d'accident, comme elle le fit dans le passé, en diminuant le poids et la taille des javelots.

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