Bonjour à tous. La 14ème édition de la semaine de la langue française commence lundi, mais la presse s’en empare dès aujourd’hui, à l’heure du 29ème Salon du livre de Paris. Le journal LE MONDE le fait à sa manière en publiant un éditorial de mars 1959, dans lequel Monsieur Léon Bérard soulignait « la défaite du français comme langue internationale ». Une défaite qui date du traité de Versailles, lorsque le Président américain Wilson et le britannique Lloyd George firent admettre l’anglais à égalité avec notre langue. Alors que, c’est en français que fut rédigé le traité de Francfort qui consacrait pourtant en 1871, la victoire de l’Allemagne de Guillaume 1er et Bismarck, sur notre pays. Et LE MONDE de conclure (il y a cinquante ans !) : « C’est à nous tous, qu’il appartient de défendre notre langue, capital intellectuel inestimable, en luttant contre les incorrections du langage courant. Pour communiquer, dans une Europe qui s’organise, les peuples ont besoin d’une langue précise, capable de rendre toutes les nuances de leur pensée. Mais pour cela, il y faudrait la foi des Antillais coincés entre deux civilisations, l’anglaise et l’espagnole. Ceux-là le font avec courage et acharnement contre les défaitistes du continent ». Et vlan ! C’est en page 2 du MONDE, daté de ce samedi… Sur la même question, trois poètes d’aujourd’hui, signaient hier, dans la page Rebonds de LIBERATION, une protestation contre nos services culturels. Lesquels services, viennent d’adresser à tous nos ambassadeurs, une invitation visant à montrer dès la semaine prochaine, la capacité du français à exprimer l’avenir. Selon ce document impératifs lesdits services culturels doivent proposer au public, de s’approprier dix mots pour demain : ailleurs, capteurs, génome, clic, compatible, clair de terre. Et les verbes : désirer, transformer, visionner. Là-dessus, nos trois poètes, Michel Deguy, Jacques Dupin et Martin Rueff, de tomber à la renverse et d’en appeler à Hugo, Proust, Derrida et Bergson. Comment, écrivent-ils, dans LIBERATION, peut-on montrer tant de sottise amnésique et illettrée ! La langue de Molière et de Rabelais aux cent mille phrases Il faudrait ajouter à dix siècles de prose et de poésie, un petit tas de mots pour penser l’avenir ! Pauvre langue française à dix mots, et pauvres décideurs culturels de « français.com » qui par temps de solde en appelle à la publicité, pour faire de la langue française, une valeur de consommation exportable. Et les pourfendeurs de la langue française en dix mots, de proposer les leurs : honteux, ridicule, odieux, délictueux, scurrile, stultissime, léthargique, contre-productif et con. Sophie Peters, dans les pages culture de la TRIBUNE du week-end, préfère soupirer : « Et oui, les temps sont durs. Finie la consommation sexy. Fini le voyage à la papa. Entre plomber le bilan carbone et vider son compte en banque, on hésite. Mais Dieu merci, il y a un remède, se réjouit ma consoeur de la TRIBUNE : la lecture ». Et d’en appeler au voyage bon marché grâce aux livres… Les livres du salon du livre…. Les livres dont elle est ivre. « Qui se souvient », écrit-elle, « de ses lectures d’adolescent, où tout à coup, une phrase, une idée sonnait comme LA révélation. Quand l’imaginaire du lecteur rejoint celui de l’auteur ». Oui, ajoute Sophie Peters, il faut aller en pèlerin dans la plus grande librairie de France… pour feuilleter avec gourmandise, acheter avec frénésie. Pour le plaisir. Mais sans y trainer les enfants... Et ma consoeur de la TRIBUNE de rappeler la mise en garde de Daniel Pennac, aux parents dont les gosses ne sont pas encore convertis à la religion du livre. « Le verbe lire, ne supporte pas l’impératif. Il partage cette aversion avec le verbe aimer, le verbe rêver. On peut toujours essayer bien sûr… Allez-y… Aime-moi ! Rêve ! Lis ! Mais lis donc bon sang. Je t’ordonne de lire ! Résultat concluait Pennac. Néant ! Je ne sais pas si l’éditorialiste de la TRIBUNE a lu, le beau livre de Laure Adler, intitulé : « Les femmes qui lisent sont dangereuses », mais je peux dire, qu’au Salon de la Porte de Versailles, il y a foule cette année. Comme il y a foule peut-être aussi, au Salon de l’érotisme au Bourget. A propos, Stéphane… Auquel des deux irez-vous ce week-end… Et qu’y a-t-il sur votre table de chevet, comme livre bien sûr ? Et vous, Sandra ? Quant à moi… tiens, j’ai acheté trois livres d’actualité. Un roman : « Louise et Juliette » par Catherine Servan Schreiber. L’histoire de deux sœurs… Histoire vraie… l’une résiste, l’autre collabore. J’ai acheté aussi au Cherche Midi le livre de Véronique Dabadie : « Conversations avec Jean-Loup ». Et puis… oui… chez Plon… le livre d’Alain Juppé : « je ne mangerai plus de cerises en hiver ». Le Maire de Bordeaux est interviewé par l’EXPRESS, par le POINT… par tout le monde, et c’est justifié ! Il se justifie, et règle mezzo-voce, quelques petits comptes politiques… Normal. Il dit aussi qu’on lui a beaucoup reproché sa formule : « Je suis droit dans mes bottes » Il la maintient, à juste raison. Il vaut mieux être droit dans ses bottes, que mou du genou. Notre Président, Jean-Paul Cluzel, est droit dans les siennes lui aussi. Interview au FIGARO. Portrait dans le NOUVEL OBSERVATEUR, il défend son bilan, avant de céder éventuellement son fauteuil, à l’un des nombreux candidats successeurs que Nicolas Sarkozy doit nommer au printemps… Sujet voisin… abordé par MARIANNE, dans un grand dossier consacré aux professionnels de la provocation, avec en couverture, la photo de Stéphane Guillon jouant du violon de la main droite, et dressant le doit majeur de la main gauche. « Certains provocateurs de la politique et des médias interpellent », commente MARIANNE, «d’autres insupportent, il y en a même qui sont indéfendables ». « Ne riez pas », écrit Claude Imbert, dans sa chronique éditoriale du POINT. « Le rire mérite un peu de sérieux. Celui de sa signification sociale. Parce qu’il ouvre une voie naturelle aux consensus sociaux, il devient un marqueur privilégié de l’air du temps ». Or, poursuit Imbert, ces dernières années le rire a changé. « Le rire convivial, cordial, chaleureux, le rire d’accueil s’est refroidi. Parmi toutes sortes de rires, le rire d’exclusion, de dénonciation pend le dessus. On ne rit pas moins, mais on ricane plus. Voyez, ces jours-ci, l‘affaire Guillon. Cet amuseur matinal de France Inter jette à grandes brassées Strauss-Kahn, Sarkozy et une flopée de ministres dans son baquet d’acide. Ils gémissent, mais l’Audimat auréole Guillon. La dérision souveraine emplit de son fiel la satire politique. Ce n’est pas nouveau. Mais de nos jours la médiatisation amplifie son empire. Le rire a ses bas-fonds : la dérision y règne ». Rien à ajouter. Sinon peut-être ce rappel de Pierre Desproges : « On peut rire de tout… mais pas avec n’importe qui ». Une lecture encore, à vous proposer pour conclure ! Dans le MONDE, cette idée de Pierre Méhaignerie – à cacher – à tous ceux d’entre vous qui gagnent plus de mille euros par jour (300.000 à 400.000 par an). Monsieur Méhaignerie propose d’oublier pour ceux-là le bouclier fiscal et de les taxer davantage.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.