Bonjour à tous… Eric Besson, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, sera ravi d’apprendre aujourd’hui que la presse est avec lui. Les kiosques sont tricolores, tendus vers un seul but ce soir en Irlande, la victoire dans le match de barrage pour la Coupe du Monde de football. « Un seul but : la victoire », titre en gras PARIS NORMANDIE. Et tandis que FRANCE-SOIR évoque une équipe de France face à son destin, la CHARENTE LIBRE considère que tout un pays retient son souffle et attend tout du Capitaine des Bleus, Thierry Henry. Les Bleus jouent gros à Dublin préviennent les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, et OUEST-FRANCE en écho, s’inquiète des enjeux sportifs, financiers, moraux d’un match de football, pas tout à fait comme les autres. Ce que confirme dans une lettre adressée au NOUVEL OBSERVATEUR, Pascal Boniface, le directeur de l’IRIS, l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques de l’université de Paris, quand il écrit : « Ce serait un coup sévère pour la France que de ne pas participer à la Coupe du Monde de Foot de juin prochain en Afrique-du-Sud. Ce serait beaucoup plus qu’une déception sportive, Ce serait un coup dur, porté à son prestige au moment où la France s’interroge sur son identité et sa place dans le monde ». Et l’universitaire d’expliquer, à la page courrier du NOUVEL OBS que la déception sera d’autant plus grande que la Coupe aura lieu pour la première fois en Afrique, continent où nous n’avons plus l’influence d’antan. Je cite encore Pascal Boniface, auteur avec Hubert Védrine de l’Atlas des crises et des conflits, chez Arnaud Colin. Car il illustre bien ce que OUEST-FRANCE appelle dans un soupir : « Mon Dieu, que d’enjeux ». "Nos principaux partenaires européens (Allemagne, Angleterre, Italie, Espagne, Pays-Bas) seront de la fête. Il est fort probable que la Tunisie et l’Algérie y participent, de même que le Cameroun et la Côte d’Ivoire. Si elle ne se qualifie pas contre l’Irlande, la France aura le moral dans les chaussettes et se sentira déclassée en juin, exclue d’une fête à laquelle tous ses proches sont conviés. Les théoriciens du déclin y verront une confirmation de leur thèse. La place prise dans l’imaginaire collectif mondial par le sport tend à transformer les footballeurs en ambassadeurs qui défendent les couleurs du pays. L’équipe nationale est un peu partout l’un des plus sûrs facteurs de cohésion nationale, transcendant clivages sociaux, politiques, religieux ou ethniques. Curieusement, alors que le football est le phénomène le plus mondialisé – plus qu’internet, la démocratie ou l’économie du marché -, il est également un vecteur de renforcement de l’identité nationale. Et la retransmission télévisée fait d’un pays un stade géant ou chacun a sa place. Un match de l’équipe nationale, c’est un référendum de 90 minutes où le oui est toujours majoritaire". Mais il n’y a pas que le foot dans la vie. Il y a aussi le rugby. Et la DEPECHE du MIDI n’est pas la seule à exulter ce samedi, devant l’exploit réalisé hier à Toulouse, par les joueurs de l’Equipe de France qui ont brisé les champions du monde sud-africains (20 à 13). « Comme des géants » s’écrie en manchette la DEPECHE par le triomphe de nos fortes têtes, ébouriffantes en mêlée fermée. Elles ont su, écrit Pierre-Michel Bonnot, répondre crânement au défi physique sud-africain. Ces accents mâles et un poil chauvin peuvent agacer et alimenter la rubrique « Ca m’énerve » de Didier Pourquery dans le supplément magazine du MONDE. Pourquery qui écrit cette semaine : « Le Mur est tombé, soit, mais l’Europe manque cruellement de ciment ». Pourquery qui revient aussi sur l’amitié visible, en Corrèze l’autre jour, entre le gentil Jacques Chirac et le gentil François Hollande. « Dire, écrit-il, qu’il a fallu une Journée de la Gentillesse (vendredi 13 novembre) pour qu’on redécouvre qu’en ces temps de crise nous avons plus que jamais besoin de bienveillance et d’altruisme. Les Français le savent, eux qui classent Chirac en tête de leurs favoris. Il est malin, bien sûr, doté d’une mémoire sélective… Mais c’est un bon gars, hein ? Accessible, rigolard. Les autres, les Pasqua, Villepin, Aubry, Sarkozy, sont de vrais méchants, des agressifs. Ils n’ont pas compris que nous voulons désormais des politiciens sympas… des Lamour, des Hollande ! ». Gentil hier, Robert Badinter, refusait chez Nicolas Demorand, de se ranger parmi la meute qui accable Charles Pasqua… Vieux sanglier, blessé, courtisé, et traqué pour cela. Moins gentil en revanche, l’ancien Garde des Sceaux vis-à-vis d’Eric Besson et de son idée d’organiser des assemblées débat en préfecture sur le thème de l’identité nationale. Pour le reste, en une phrase, Robert Badinter expliquait que l’identité en question tient en trois points : une culture commune, des valeurs communes, une communauté de destin. L’école de la République nous a donné tout cela. Et le FIGARO remarque ce matin que les politiques, tous les politiques redécouvrent l’école. Et qu’à droite comme à gauche l’éducation redevient un thème de réflexion. Et le FIGARO de classer à cet égard… les Républicains. François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement. Les libéraux-modernistes comme Richard Descoings, Claude Allègre, tous chauds partisans des nouvelles technologies et d’une économie de la connaissance. Et enfin les pédago-libertaires. Dans cette catégorie, Philippe Meirieu et Vincent Peillon. Marginal de cette catégorie, Gabriel Cohn-Bendit. A lire encore sur l’identité nationale dans l’EXPRESS cet encadré soulignant que Martine Aubry ne fuira pas le débat, mais préfère lui en substituer un autre, sur l’identité de la France. Jean-Marie Le Pen, cité dans le FIGARO le dénonce en parlant du disque rayé de Nicolas Sarkozy et Eric Besson. La CROIX, choisit pour sa part de présenter 4 parcours de Maghrébins intégrés et devenus Français de France. Ou plus exactement, Maghrébins de France. Enfin, et cela justifie le sourire d’Eric Besson s’il va au kiosque aujourd’hui, il verra dans VALEURS ACTUELLES. Un, qu’il figure en couverture et deux, l’éditorial de Guillaume Roquette qui écrit : « Par un pied de nez de l’histoire ou l’effet du machiavélisme élyséen, le même Eric Besson se pose aujourd’hui en champion de l’identité nationale, thème de droite s’il en est. Peut-être fallait-il un homme venu de l’autre bord pour lever les inhibitions de la majorité sur un sujet aussi sensible et transgresser le non-dit qui avait cours jusqu’alors ».

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