Bonjour à tous… Ce qui doit arriver, arrive. Hier, en demi-finale du Paris-Bercy, Gaël Monfils a battu Roger Federer. « Pour un beau coup, c’est un beau coup », commente l’EQUIPE aujourd’hui… Ce qui doit arriver, arrive aussi, en Birmanie ! Hier, la junte militaire au pouvoir depuis trop longtemps a enfin libéré la dissidente Aung San Suu Kyi. La presse applaudit mais se demande ce que sera désormais la liberté du Prix Nobel de la Paix qui a passé 21 ans de sa vie en prison, ou en résidence surveillée. Ce qui doit arriver, arrive de la même manière à Paris ! Hier, à 19h37, un communiqué de l’Elysée est tombé : « François Fillon a présenté au président de la République la démission du gouvernement ». Le président l’a acceptée et a ainsi mis fin aux fonctions de François Fillon, conformément à l’article 8 de la Constitution. Emballé, c’est pesé, et la presse de s’étonner du sprint présidentiel, après huit mois de surplace. Et autant de semaines « d’attendez-vous à savoir qu’il y a du remaniement dans l’air ». Et oui, chers confrères, nous avons tous tartiné cet été, à la manière de la regrettée Geneviève Tabouis qui officia un demi-siècle sur les ondes de Radio-Luxembourg. A 88 ans encore elle donnait à RTL « les dernières nouvelles de demain ». Chacune de ses chroniques commençait par cette phrase : « Attendez-vous à savoir », complétée de relances appétissantes, en forme de : « J’ai encore appris », qu’elle relayait par «Vous saurez demain ». Dimanche 14 novembre 2010. Merci Geneviève Tabouis et merci Nicolas Sarkozy, le suspens sur la suite des événements va durer jusqu’à ce soir, voire, demain lundi. A la place de Fillon, qui ? Un journal se mouille et répond franchement en manchette : « Après Fillon, Fillon forcément ». C’est le JOURNAL du DIMANCHE, où Olivier Jay explique que le cœur de Nicolas Sarkozy a balancé tout l’été entre deux hommes : François Fillon et Jean-Louis Borloo. Mais, ajoute-t-il, aujourd’hui le président du G20, primus inter pares européen, qui se veut médiateur entre les Chinois et les Américains, est conduit à composer, s’il veut transformer l’avenir des Français. Et Olivier Jay de montrer sur ce point quelques signes d’impatience, puisqu’il titre son éditorial d’un seul mot : « Vite ». Les autres journaux dominicaux sont moins pressés. Le PARISIEN-Dimanche, titre ainsi sur l’image que vous avez peut-être vue, hier à la télé, de la poignée de main et du double sourire Sarkozy-Fillon, attardés sur le perron de l’Elysée. Image légendée en quelques mots forts : « 19h37 : coup de théâtre, le gouvernement démissionne ». Le journal La PROVENCE utilise une terminologie voisine avec cette manchette : « Acte I, l’effet de surprise ». « La démission Fillon, c’est la première étape », écrit prudemment le DAUPHINE Dimanche. Les DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE, le POPULAIRE du CENTRE et SUD-OUEST de Bordeaux sont encore plus prudents. « Matignon attend… son nouveau locataire ! » écrit ainsi le dernier journal cité. Même prudence de lynx au POPULAIRE où je lis : « Un remaniement entre aujourd’hui dans sa phase active ». Un poil plus prospectifs, la DEPECHE du MIDI et NORD-ECLAIR-dimanche qui titrent ensemble : « Ce soir, un nouveau gouvernement ! ». Mais la palme de la réserve revient au journal l’ALSACE de Mulhouse et aux DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE qui se contentent d’un fait : « Hier, le gouvernement Fillon a démissionné ». Plus audacieuse, la MONTAGNE de Clermont-Ferrand qui titre : « Une nouvelle équipe Fillon, dès aujourd’hui ». Ce que d’autres journaux dominicaux écrivent aussi, avec un point d’interrogation. C’est le cas d’OUEST-FRANCE, qui a eu la bonne idée de dessiner en première page autour de François Fillon, les visages d’Alain Jupé, de Valérie Pécresse, de Brice Hortefeux, de Rama Yade, de Luc Chatel, de Bernard Kouchner, j’en passe… Visages d’entrants et de sortants, que vous pouvez souligner ou barrer en famille, et vous verrez. Si vous avez tout bon ou tout faux, quand sur le perron de l’Elysée, une voix dira, selon la tradition, Ministre d’Etat, Monsieur ou Madame… etc…etc… On a vu ça si souvent, chaque fois que sous la Vème République, un homme ou une femme pénétrait « l’Enfer de Matignon ». Un journal, le MONDE, daté dimanche-lundi a peut-être eu tort aujourd’hui, de monter –comme on dit – en première page une interview de Jean-Pierre Raffarin, qui fut Premier ministre lui aussi. Mais qui a donné hier, une interview peut-être caduque et tout au moins démentie par l’accélération de Nicolas Sarkozy, hier. Interview que le MONDE a titré : « Jean-Pierre Raffarin, plaidoyer pour une rupture sociale ». Interview dans laquelle le sénateur est assez libre pour demander que soit nommé à Matignon… Jean-Louis Borloo, ou un plus jeune. Car, dit-il : « Je crains le conservatisme le statu-quo. Il faut avoir de l’imagination, sortir du train-train ». On ne peut mieux dire. C’est Borloo qu’il nous faut ou Baroin, ou Pécresse. Mais encore une fois, pour le JOURNAL du DIMANCHE, ce sera Fillon… Forcément Fillon.

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