Bonjour à tous… Pas une larme, la semaine passée, pour le crédit envolé de Bernard Tapie… Et la joie aujourd’hui de voir couronner Prix Nobel de la Paix, le Bangladais Muhammad Yunus, pionnier du micro-crédit ! « Aucune loi, aucune règle n’oblige un banquier à consentir le même crédit à ses clients, rappelle opportunément dans l’Express, Jean Peyrelevade, l’ancien dirigeant du crédit lyonnais. Et il en profite pour expliquer que la banque accusée, ne doit rien à Bernard Tapie, et surtout pas les 135 millions d’euros qu’il réclame. En 90, le Lyonnais lui avait prêté une fortune pour acheter Adidas, et deux ans plus tard, face à Tapie qui ne pouvait pas rembourser, la banque aurait du se payer, en reprenant les actions Adidas. Si elle ne l’a pas fait, c’est parce qu’il fallait selon Peyrelevade, sauver la face de l’ancien ministre. » C’est bien la preuve, qu’un banquier fait ce qu’il veut, selon la situation de chacun ! C’est sa liberté de banquier qu’il exerce. Et le bon sens populaire le sait bien quand il affirme qu’on ne prête qu’aux riches. Or il se trouve, qu’un homme, issu d’une famille aisée a ouvert une brèche dans « l’apartheid bancaire », en inventant pour le Bangladesh, son pays, un système économique basé sur une idée simple : prêter aux pauvres, des petites sommes, des microcrédits qui leur permettront d’échapper aux usuriers qui les étranglent et de peut-être s’en sortir. C’est « ce prêteur d’espoir », cet inventeur de l’aide aux plus démunis, que les Nobel ont récompensé hier, quelques heures avant le 17 octobre, la Journée mondiale de la misère, ils ont récompensé Yunus de leur plus beau prix, le Prix Nobel de la paix décerné, oui, au banquier des pauvres, comme le titre toute la presse aujourd’hui. L’homme nobélisé a 66 ans, il a étudié l’économie aux Etats-Unis, avant de revenir dans son pays, le Pakistan oriental, devenu Bangladesh en 1972, après la sécession de la région. Un Bangladesh, dont la télévision nous parle quand les inondations et la famine y tuent des pauvres diables par centaines de milliers et quelquefois même par millions. Muhammad Yunus, aurait pu continuer d’enseigner l’économie aux Etats-Unis… Il a choisi de revenir dans son pays, parce que dit-il aujourd’hui, et son propos est repris dans Libération : « Toutes les belles théories que j’enseignais, les mérites du crédit, les vertus de l’économie de marché, la force de la libre entreprise ont littéralement volé en éclats devant les squelettes vivants que je voyais au Bangladesh, chez moi. » Et, comme vous le lirez dans Le Figaro, dans le Parisien, dans Libération, et dans tous les quotidiens régionaux ce matin… le système de Muhammad Yunus, a marché ! C’est avec 27 dollars, 27 dollars de capital personnel qu’il a fondé sa première banque, il y a trente ans. 27 dollars, prêtés et partagés entre 42 femmes, pauvres parmi les pauvres, afin qu’elles survivent sur un projet économique de cordonnerie collective. Le simple fait qu’elles soient vivantes, explique le banquier des pauvres, était la preuve de leur formidable capacité de survie. Depuis, le nobélisé d’hier a débloqué près de 6 milliards de dollars de micro-crédits et aidé plus de six millions de personnes ! Mieux, mieux, la Grameen Bank, sa banque, la banque de Muhammad Yunus, peut se flatter de contribuer à 1% du Produit National Brut du Bangladesh où elle travaille pour plus de 50.000 villages ! Sur un concept qui a essaimé dans une centaine de pays, et séduit autant le couple Clinton aux Etats-Unis, que chez nous, Jacques Attali, l’ancien conseiller spécial de François Mitterrand. Jacques Attali, comme les Clinton a été longtemps snobé, quand dans ses chroniques de l’Express, ou devant ses amis, il expliquait que le microcrédit, c’était l’avenir, pour les pays déshérités de l’Est ou du Sud de la planète, on s’en moquera moins désormais, après la nobélisation de Muhammad Yunus, qui fait aujourd’hui dans toute la presse et dans toutes les conversations, sensation. Ce n’est pas l’argent qui sauve, c’est la confiance et la solidarité a plaidé hier à Dacca, au Bangladesh, le nouveau Prix Nobel. Et Le Parisien le souligne ce matin, le nouveau Prix Nobel, on peut considérer en effet, en lisant les journaux que cet un homme auquel Prévert, ne reprocherait pas de faire la charité, la charitabilité, telle qu’on la faisait au XIXème ou au XXème siècle. En effet, les affaires de sa banque sont prospères, puisque les femmes auxquelles il prête, remboursent à 97, 98%. Et c’est la raison pour laquelle, Muhammad Yunus flingue à l’occasion, comme le relève ce matin Libération, notre fameux Etat-Providence. « Le système de protection sociale dit-il, a fini par enfermer les gens dans un zoo humain, votre système d’assistance a fini par institutionnaliser un système de charité. Si vous enfermez des oiseaux dans une cage, vous prenez un risque. Le jour où vous décidez d’ouvrir les portes de cette prison, il n’est pas certain que les oiseaux s’envolent. » Voilà ce que disait Yunus à Libération, en l’an 2000 quand on l’interviewait. Je note que Stéphane Paoli l’a reçu ici même à France Inter. Alors, quand il tenait des propos comme ceux-ci, on lui rétorquait qu’il tenait un discours libéral. Voilà ce que Yunus disait : « Il ne s’agit pas de savoir si je suis de gauche ou de droite. Mais de trouver des solutions pragmatiques ». Pragmatique, conclut Libération comme Jacques Attali, président de Planet-Finances. Planet-Finances d’ailleurs, Yunus fait partie du Conseil de cette société que préside Jacques Attali et Attali confie : « Yunus bouleverse les frontières traditionnelles en luttant depuis trente ans contre la pauvreté, que l’on considère son attitude comme radicalement de gauche ou de droite n’a pas beaucoup d’importance car faire rentrer les pauvres dans l’économie de marché, si c’est de droite, c’est quand même une manière de les faire participer ». Et au fond, peu importe parce que comme disait Mao… « Qu’un chat soit noir ou blanc, peu importe, s’il attrape des souris, c’est une bonne chose ». La presse ce samedi, donne des exemples de nouvelles vies réussies, grâce au micro-crédit. Dans Le Parisien, par exemple, il y a Monsieur Georges Tapero, explique comment il est sorti du RMI et de la galère avec un prêt de 5000 euros. Et aussi l’aide pendant cinq ans d’une association de bénévoles, l’Adie. L’Adie qui aide les petits à décrocher dans notre pays, de modestes prêts bancaires et les 5000 euros prêtés, ont permis à Monsieur Tapero, cité par Le Parisien, d’ouvrir dans 60 mètres carrés, son mini-magasin de restauration de meubles, et d’apurer ses dettes… Libération de son côté, raconte cinq histoires de microcrédits, toutes parlantes et même édifiantes… Il y a Clotilde, elle est mère de deux enfants, elle est teinturière au Bénin et elle a obtenu un microcrédit de 380 euros. « Avec cet argent, j’ai acheté une nouvelle machine à coudre, mon ambition est de gagner le marché national et même international. » Il y a Ruth, célibataire et mère d’un enfant. Elle vend des fruits et légumes en Argentine, en est à son 11ème prêt qu’elle doit rembourser en seize semaines. Son prêt, c’est 300 euros. Elle a agrandi son petit commerce, loué des machines à coudre à des clients et elle a même embauché une assistante. Et il y a Fatima Ait Hassou, elle est mariée et mère de quatre enfants, spécialisée dans le tissage de sacs, tapis et paniers à Bouarfa au Maroc et elle a obtenu six prêts collectifs de 370 euros. Elle adhère à un groupe de cinq femmes qui s’entraident et qui remboursent ensemble. Elles ont embauché sept personnes, envoyé leurs gosses à l’école et compléter les revenus de leurs maris. Voilà. Il y a Nguyen Thi Lich, elle est célibataire. C’est au Vietnam. Elle vendait de la soupe dans la rue. Eh bien, aujourd’hui, elle a un vélo qu’elle a aménagé en restaurant. Oui, c’est au Vietnam. Ses bénéfices ont été multipliés par deux. Et voici la conclusion de Libération… Je vous la lis : Zidane devrait inaugurer en novembre la première micro-usine de yaourts créée par Danone au Bangladesh, à 150 km au nord de Dacca, en association avec la banque Grameen de Monsieur Yunus et un microcrédit qui va permettre d’acheter une vache et le véhicule de celui qui ira ramasser le lait en question et qui produira des yaourts Danone. Je lis encore dans l’Humanité, cette citation de Bernanos… « L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir on le fait » Et puis, dans le Figaro, Jacques Chirac qui se réjouit que le prix Nobel de la paix ait été attribué au Bangladais Muhammad Yunus. Il y voit, le président de la République, la récompense d’une « œuvre exceptionnelle au service de la solidarité, du développement et de la paix ». C’est bien vrai. En mai 2004, il l’avait décoré de la Légion d’honneur. Et maintenant un petit tour rapide des hebdomadaires. Le Nouvel Observateur : Freud inédit. L’Express : le bonheur par la philosophie. Et on en a besoin quand on voit dans le Figaro Magazine le prix de l’immobilier en banlieue et à Paris. Allez, le mètre carré à Saint-Germain-des-Prés : 9500 euros. A Montparnasse, 6148 euros pour 1 mètre carré. A Sarcelles, c’est un peu moins cher : 1800 euros.

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