Bonjour à tous… Rien n’est joué, rien n’est fait, mais tout est dit et même rabâché, à une semaine du vote de qualification pour l’Elysée dont les Français vont seuls ou à peu près, décider… « Vivement dimanche prochain », diront les plus impatients, ou les plus fatigués ! Encore une minute, Monsieur le bourreau répliqueront les plus exigeants, inquiets de n’avoir pas entendu les candidats, débattre des vrais sujets ! La presse en profite aujourd’hui pour juger de la campagne des uns et des autres, ajuster les derniers boulons, rapporter les dernières méchancetés ou distinguer à la manière de Platon, ce qui est bon pour l’ensemble de la cité, et pas seulement pour une partie de ceux qui la composent. « Je vote, donc je pense »… écrit le philosophe Jean-Paul Jouary, dans un éloquent petit livre paru récemment aux éditions Milan. Et l’auteur de rappeler opportunément que la politique n’est pas seulement lutte de pouvoirs, de partis, de personnalités, mais plutôt, organisation de la cité, telle que nous l’entendons, vous et moi. Ensemble ou séparément, et c’est toute la difficulté. Dans cet exercice, Dieu merci, le peuple est roi ; Personne, ne peut dicter totalement vos pensées ni ce que vous ferez ou ne ferez pas, dimanche prochain dans l’isoloir… En tant qu’individu, soucieux de sa petite personne, mais aussi pourquoi pas, du bien commun, et de l’avenir des autres. Tant pis, à cet égard s’il y a les aveuglements de celui-ci, de la mauvaise foi de celui-là… « L’important, disait Sartre n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous. » Jean-Paul Jouary dans son livre, insiste lui aussi sur la part de liberté, et d’imprévisibilité, d’aléatoire, dans les actes de chacun. Il en va depuis toujours des rapports entre les hommes. Ils ne peuvent être réglés que par eux-mêmes. » Et nous sommes insondables, comme s’en amuse ce matin, le caricaturiste Pessin à la page 2 du Monde daté dimanche-lundi. Il a croqué un quidam au téléphone, qui répond à un enquêteur d’IPSOS ou de l’IFOP… « Est-ce que j’ai cinq minutes, à vous accorder ? » - Je sais pas ! En première page du même quotidien Plantu a voulu raffiner davantage que Pessin… Puisque Brice Hortefeux a proposé d’introduire une dose de proportionnelle pour élire les députés, et donc d’aérer le système, Plantu dessine une Assemblée non pas assemblée nationale mais oxygénée. Sur sa caricature, on découvre un Palais-Bourbon assailli, par des militants lepénistes, brandissant des têtes de Chirac, au bout d’une pique. Et un peu à l’écart un Sarkozy mammamouchi, un Sarkozy-Iznogoud qui réfléchit et déclare… « Bon, des gens qui détestent tellement Chirac ne peuvent pas vraiment être mauvais… » Wolinski dans Le Journal du Dimanche, signe une caricature corolaire de celle de Plantu, on y voit Ségolène Royal face aux journalistes qui lui demandent – Madame Royal que pensez-vous de la proposition d’alliance avec Monsieur Bayrou, proposée par Monsieur Rocard. Et pour que ce soit plus clair, Wolinski a dessiné en arrière-plan Bayrou et Rocard, main dans la main, avec chacun une pancarte… social-démocrate pour Rocard, démocrate-social pour Bayrou… Alors, Madame, qu’en pensez-vous ? Bof, rien… Qui connaît Monsieur Rocard ? Plaisant aussi, le dessin de Faujour ce matin dans le Parisien. Deux types discutent… le premier, vient de lire son canard, qu’un sondage situe Le Pen à 15… Dis-donc, dit-il, à l’autre, tu as vu ça. 15 % des Français veulent qualifier Le Pen, au second tour. Bof, répond le second, il en reste 85 % qui veulent l’envoyer se faire voir ! Je vote… donc je pense. Dans le même quotidien, oui Le Parisien-Dimanche, a placé le leader du Front national, devant un groupe de lecteurs, auxquels, justement Jean-Marie Le Pen, déclare qu’il ne croit pas que Madame Royal sera au second tour. C’est moi, dit-il, moi qui affronterais Nicolas Sarkozy. Curieusement d’ailleurs, ses interlocuteurs-lecteurs du Parisien, font comme les journalistes de la télévision. Ils n’utilisent pas leur droit de suite, et ne disent pas à Monsieur Le Pen… Par conséquent, vous ferez élire Sarkozy avec 85% des voix… comme en 2002, avec Chirac ! Mais peu importe… mieux vaut retenir me semble-t-il, dans la longue interview de Jean-Marie Le Pen, quelques phrases à ajouter au florilège. Chirac, c’est un doberman, dit-il. Moi je suis un chat. Je n’ai pas de rapport avec Sarkozy, mais je n’ai aucun contentieux avec lui. Mais, il n’a pas mon passé, moi je suis Morbihannais depuis le XVIIème siècle. Là encore, les interlocuteurs de Jean-Marie Le Pen oublient de souligner à la façon de Beaumarchais… qu’il s’est seulement donné la peine dans cette affaire de naître un jour à la Trinité-sur-Mer… ! Florilège encore, mais je m’arrêterai-là… Quant un lecteur du Parisien, dit au leader du F.N, pourquoi êtes-vous si répressif ? Vous ne croyez pas à la prévention ? « Le rôle de l’Etat, répond Jean-Marie Le Pen, c’est de protéger les innocents. Entre le vieillard et le loubard je choisis le vieillard ! » Mais moi, je n’emploie pas comme Nicolas Sarkozy, le mot karcher ! » Encore que, on a tort de le diaboliser là-dessus. Et voici le pire en 3 phrases. - « Les étrangers sans papiers sont qu’on le veuille ou non des délinquants » On aura envie de dire, même ceux qui ont 2, 3, 4 ,5 et 6 ans. - L’euro ? C’est une monnaie d’occupation… Et enfin : « Je regrette que Chirac ais reconnu la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs… » Je répète : je regrette que Chirac ait reconnu la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs. » Alors, je ne sais pas si Monsieur Le Pen, prendra connaissance aujourd’hui de l’IFOP, publié dans Le Journal du Dimanche, à propos justement du Président de la République qui s’en va. A la question, êtes-vous satisfait ou mécontent de Jacques Chirac, comme Président de la République… 47% des personnes interrogées, se déclarent satisfaites du successeur à l’Elysée de François Mitterrand. Commentaire de Jean-Luc Parodi… Chirac rate de peu… les 50%... Entendez, la satisfaction d’un Français sur deux. Je vote… donc je pense. Je pense au presque passé, au présent, et à l’avenir, aussi. Dans le Journal du Dimanche, un sondage IFOP de fin de campagne… avec encore une fois l’étalonnage des douze personnalités qui vont concourir dans l’isoloir dimanche prochain. . Arlette… 2. Olivier… 4. Marie-George 3. José 2. Dominique Voynet 1. Frédéric Nihous 2… Gérard Schivardi 0,5. Philippe de Villiers 2. Jean-Marie Le Pen 13. François Bayrou 18. Ségolène Royal 24. Nicolas Sarkozy 28 et demi. C’est bizarre les demis… Titre du Journal du Dimanche : la fin de campagne donne confiance à Ségolène… Non, non semble répliquer Le Parisien ce matin, c’est l’écart Bayrou – Royal qui se réduit. A lire encore dans le JDD Bernard Kouchner qui vous l’avez dit rejoint Michel Rocard et propose une alliance au centre avec François Bayrou… qui dit : assez de l’esprit sectaire, il est temps de parler clairement… et puis peut-être ce joli extrait de la chronique d’humeur de Bruno Frappat dans La Croix, à propos du temps. Ca s’appelle Printemps… c’est trois lignes… Filons à la campagne, écrit Frappat, loin des gènes et loin des Hommes. Las ! Que la campagne est belle, trop belle. Comment se fait-il qu’on éprouve ces jours-ci un peu d’inquiétude à la voir magnifique, chaude, ouverte pleine de verdeur et de tendresses déjà estivales ? Que lui arrive-t-il ? On ne sait pas si la nature possède le gène de la conscience ou celui de l’anticipation, mais il semble bien à quelques signes épars le long des chemins, qu’elle éprouve elle-même, malgré son apparente joie d’efflorescence, une sourde inquiétude sur son avenir.

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