Par Camille Revel.

Le Jour du Soleil est à l'honneur dans vos journaux ce matin

C'est un jour de fête nationale en Corée du Nord : le 105e anniversaire de son fondateur, Kim Il Sung. Pour fêter cela avec une démonstration de force, des unités militaires se regroupent à Pyongyang ; alors qu'un porte avion américain fait route vers la péninsule coréenne ; et que Donald Trump promet sur Twitter de "s'occuper de la Corée du Nord ».

"Poker Menteur entre Kim Jong Un et Trump" titre ce matin le Figaro : après "des années d'enlisement diplomatique, les mises s'alourdissent et le risque de faire sauter la banque grandit" écrit Sébastien Falletti. De quoi inquiéter la Chine, qui prévient : "la partie qui déclenchera le conflit portera une responsabilité historique." La priorité de Pékin, décrit le chercheur Antoine Bondaz sur le site internet de l'Express, "c'est de garantir la stabilité dans sa périphérie à travers sa position de "pas de guerre, pas de chaos". "

Et "Donald Trump, lui, veut-il vraiment la guerre ?" se demande le Point : "On croyait le président américain isolationniste, le voici interventionniste", avec ce duel avec Pyongyang, après la frappe en Syrie, mais aussi le largage au-dessus de l'Afghanistan, avec pour cible un fief du groupe Etat Islamique de "la mère de toutes les bombes" - une bombe non nucléaire à la puissance inégalée dans l'arsenal américain. "'L'Afghanistan bombardé façon Trump" écrit Joris Bolomey dans Libération . Certes le Pentagone avait donné son feu vert depuis quelques temps, mais, peut-on lire dans Libération "il y a une volonté globale de la part de Donald Trump de montrer ses muscles" - et cette bombe conclut l'article, entretient l'image "d'un président plus impulsif que stratège".

Si Donald Trump est adepte de déclarations fracassantes, voici maintenant un homme qui gouverne par le silence : Lionel Messi, le footballeur argentin, héros du Barça : "A Barcelone, Dieu se dit Messi" écrit François Musseau dans le Point. Attention, décryptage : "Pendant les dix premières minutes du match, il marche en mastiquant un chewing gum", analyse David, un supporter. Désinvolture ? Pas du tout ! "C'est du faux dilettantisme, il cherche les points faibles de l'équipe adverse." "Lorsqu'il baisse la tête et se tait, c'est qu'il est très en colère" peut-on lire aussi - charge aux dirigeants du club de décrypter le message de ce grand taiseux, protégé même lorsqu'il est condamné pour fraude fiscale.

Pas de football, mais du footing au programme de François Fillon et Emmanuel Macron

Les candidats dévoilent leurs recettes miracles pour tenir le coup. A huit jours du premier tour, le sprint final est lancé, et Paris Match et le Figaro se demandent comment ils font pour tenir.

François Fillon pratique aussi le vélo explique-t-il au Figaro : "ça permet de faire un peu baisser son agressivité" - d'ailleurs à bien comparer avec les 10 autres, il trouve qu'il est le plus en forme. Nicolas Dupont-Aignan, lui, nage, Marine Le Pen s'offre quelques pauses jardinages, arrête les sucreries et la cigarette. Viennent ensuite les adeptes de la sieste, comme Jean Lassalle, ou Jean-Luc Mélenchon ; des micro-siestes pour Benoit Hamon, qui s'offre petit verre de blanc avant chaque meeting. Conclusion de l’article du Figaro : de toute façon, la fatigue est plus facile à supporter quand les sondages sont bons.

Pour cette dernière ligne droite les programmes sont bien sûr au cœur de la presse

Ceux de trois candidats dans l'Obs : Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, et Benoit Hamon. L'hebdomadaire passe au crible leurs programmes : emploi, politique diplomatique, école...

Il n'y en a plus qu'un en une de Libération : Benoit Hamon. "La grande explication" titre le quotidien. Le candidat socialiste y exclut tout retrait au profit de Jean-Luc Mélenchon :" la politique, ce n'est pas de l'arithmétique". "Un candidat très honorable" écrit dans son édito Laurent Joffrin - "Mais comme le disait François Mitterrand, quand on fait de la politique, il n'est pas interdit d'être habile."

La Croix met à l'honneur les six candidats les moins avantagés par les sondages : les 1.800 euros de salaire minium de Nathalie Arthaud, le Frexit éclair de François Asselineau, la finance en ligne de mire de Jacques Cheminade, l'Europe des Nations et des projets de Nicolas Dupont-Aignan", Philippe Poutou qui veut interdire les licenciements, et Jean Lassalle, « le territoire au cœur ». Pas de jaloux dans les pages du Monde, qui passe au crible les 11 programmes ; et rapporte quelques inquiétudes de fin de campagne dans le camp d'Emmanuel Macron - alors que les écarts se resserrent dans les sondages : chacun y va de son idée stratégique : "taper plus fort sur François Fillon", "cesser de draguer seulement la droite", - ou tout simplement "ne rien changer et arrêter de se faire peur."

Huit jours donc encore pour une campagne qui "déçoit la majorité des Français" assure le Figaro, qui se fonde sur un sondage : "elle laisse de côté les enjeux fondamentaux"

Affaire ou programme, la campagne s'invitera sans doute dans les repas de famille, en ce week-end de Pâques : "Présidentielles, dispute en familles", c'est la Une du Parisien Aujourd'hui en France, qui recueille quelques témoignages. Dans la famille d'Elie, médecin parisien, le repas de famille a déjà mal tourné

Lui vote Emmanuel Macron, son frère, Jean-Luc Mélenchon. Bilan : - "il m'a traité de taré en disant qu'[Emmanuel Macron] est de droite et le symbole du grand capital" - même pas le temps de finir l'entrée, des asperges, pour information.

Qu'on se rassure, le journal nous donne les bons conseils d'un psychologue pour éviter que le repas se termine en combat de catch - voilà ce que nous recommande Jean-Michel Huet : "fixer des règles dès le début, dès que ça monte dans les tours, on stoppe tout". Et surtout, relativiser :"se fâcher a mort pour des candidats éliminés dès le 23, ça ne vaut pas le coup", "mieux vaut attendre les résultats du premier tour" pour se jeter les asperges au visage.

Un autre scrutin, celui-ci en Turquie : le référendum sur le renforcement des pouvoirs du président Erdogan

La diaspora turque a déjà voté - en Turquie, le vote est prévu demain. "Dernier vote avant l'autocratie" prévient Libération - qui raconte une campagne à deux vitesses, avec sur les trois premières semaines de mars, 470 heures de directs qui auraient été consacrées au parti au pouvoir, l'AKP, sur les 17 chaines de télévision privées turques - contre 45 heures pour le parti républicains du peuple, CHP, deuxième force politique - et zéro minutes pour le HDP. Pour Laurent Bodin, dans L'Alsace," L'une des clés du scrutin de dimanche réside dans le choix que fera la nomenklatura turque, souvent favorable au parti AKP."

A retrouver aussi ce matin dans l'Obs, un beau portfolio : "Le médecin sifflera trois fois". Un reportage en Sibérie signé Emile Ducke. La Sibérie sillonnée par 5 trains qui parcourent les régions les plus reculées pour offrir aux habitants un accès aux soins : des hôpitaux sur rail, en quelque sorte.

Passons pour finir une porte : celle du bureau 315, le bureau du patron de la Crim', la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres. Ses occupants déménagent bientôt dans des locaux tout neuf ; et dans le Magazine du Monde M, Philippe Broussard nous retrace l'histoire de ce bureau mythique, où se sont succédé des criminels, mais aussi des invités, comme l'interprète de Columbo, Peter Falk, ou le chanteur Serge Gainsbourg. Dans cet article on découvre aussi le "coup de la moquette" - à savoir, raconte un ancien du service, emmener les "clients" récalcitrants" dans ce bureau, le seul à avoir de la moquette, Là, dans les années 1970, raconte l’article, "le commissaire Roger Poiblanc faisait assoir les dits clients, tournait autour d'eux longuement avant de lancer "Vraiment, je ne comprends pas comment vous en êtes arrivé là"." Et le suspect commençait alors, parfois, à craquer. Fini le "coup de la moquette", le déménagement commence lundi. Gageons que la nouvelle adresse sera facile à retenir : 36, rue du Bastion.

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