Bonjour à tous. Après l’amour, l’humour, et cette question que pose Pierre-Antoine Delhommais, en dernière page du MONDE : « Faut-il parler de la crise et ajouter à la crise, autant qu’à l’hyper pessimisme ambiant ? ». Bonne question à laquelle de grands hommes ont déjà répondu plutôt ironiquement. C’est Churchill qui disait : « Le pire du pire, c’est lorsque le pire commence à empirer ». Henry Kissinger, en jugeait lui aussi, assez gaiement quand il disait : « Il ne peut pas y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein ». Vous trouverez ces rappels destressants dans le FIGARO MAGAZINE, qui a eu la bonne idée cette semaine de tension aux Antilles et dans l’université, d’évoquer avec Nicolas Canteloup l’arme du rire anti crise. « On a de la chance », dit l’humoriste, copain de Drucker, « de pouvoir rire en liberté ». Et le FIGARO d’acquiescer en soulignant que partout, au cinéma, à la radio, à la télé et dans la publicité, on entretient notre cerveau limbique. C’est là, explique le Docteur Rubinstein, que se situe le centre de nos émotions. On rit et on stimule une production d’endomorphines qui agissent contre la douleur, diminuent l’anxiété et régularisent l’humeur. Et le FIGARO MAGAZINE d’ajouter à cette explication scientifique une blague russe et un sketch des inconnus. Définition du fainéant par ces derniers. « Un fainéant, c’est un chômeur qui fait grève ». La blague russe est moins réac et plus machiste : « La situation économique s’est tellement dégradée, qu’à présent les femmes se marient par amour ». J’aime mieux cet aphorisme de Pierre Dac et Alphonse Allais, à propos du rire anti dépressif : « Le rire est à l’homme, ce que la bière est à la pression ». J’y ajouterai ce point de vue de John Kennedy, qui considérait qu’il y avait trois choses vraies dans la vie : « Dieu, la sottise humaine et le rire ». Et il ajoutait : « Puisque Dieu et la bêtise dépassent notre entendement, arrangeons-nous au mieux avec le rire ». C’est si bien vu, que je vous propose de jeter un œil sur le dessin de Plantu, en première page du MONDE, daté dimanche-lundi. On y voit Ségolène Royal et Martine Aubry, attablées à la terrasse d’un café. « Ah ! tu vois » dit un quidam à son compère, « elles se parlent ». « Passe-moi le sel » dit l’une dans une bulle. « Plutôt crever », répond l’autre. Petit détour aussi, si vous le voulez bien, avec Charlie-Hebdo qui a représenté Pierre Péan, le journaliste adversaire de Kouchner, en militant du Ku-Klux-Klan. Sur sa tunique, trois lettres : K.K.K. Explication du caricaturiste Jules. « K pour Kouchner, K pour Kosciusko-Morizet et K pour Karoutchi ». Trois cas d’investigation possible, pour Péan, amateur de scandales. Voyez encore, comment Wolinski illustre l’enquête passionnante du JOURNAL du DIMANCHE sur le comportement des Français face à la crise. Une grande table, et toute une famille face à son ordi. - « S’habiller cool, et démarqué, c’est malin », dit la mère en tapant sur son clavier. - « Rouler mini, automatique, hybride, c’est malin aussi » assure le père. - « Se cultiver malin, c’est enrichissant », déclare la grand-mère. - « Aller au bout du monde pour des clopinettes, c’est chouette », s’écrie le pépé. A l’autre bout de la table, le fils qui regarde un porno à la télé, participe lui aussi à la nouvelle économie en affirmant : « Bander malin, c’est jouissif ». Ouais, complète moins convaincue, sa sœur à ses côtés et face à son clavier ou défilent : « Pizzas et sushis, manger malin, c’est dégueu ! ». Juste au-dessous du dessin de Wolinski, un sondage IFOP, résumant tout cela, à partir d’une enquête, par téléphone, où il apparaît : « Les Français plébiscitent désormais le durable, le pratique, les loisirs ». « L’utile et l’agréable », commente Laurent Valdiguié ! Et Robert Rochefort, directeur du Centre de Recherches pour l’Etude des conditions de vie, renchérit en expliquant que la place de la consommation dans la vie des Français n’est plus ce qu’elle était. Trois raisons à cela. La baisse du pouvoir d’achat qui a suivi l’instauration de l’euro en 2002 et une crise philosophique, marquée de défiance envers la société d’abondance. Pour Robert Rochefort, c’en est fini de l’hyper consommation de gadgets inutiles, de fraises en hiver et de 4X4 pour frimer. On est désormais, pour la qualité, le durable, le pratique, l’éthique. Peut-être parce qu’au terme des trente années où le pouvoir d’achat a plus que doublé, les Français se sont aperçus qu’ils n’étaient pas deux fois plus heureux. Et Rochefort de conclure « in fine » que les Français ne sont ni plus râleurs, ni plus pessimistes que leurs voisins européens. La preuve ? Ils font plus de bébés que les Allemands, les Belges et les Anglais, ce qui tendrait à prouver leur confiance en l’avenir. Réplique du quotidien communiste La MARSEILLAISE, avec ce titre : « On ne laissera pas fracasser l’enseignement supérieur. C’est l’heure de défendre notre droit à l’avenir ». Les DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE, croient cependant que sur la question universitaire, l’heure est peut-être à l’apaisement. Le MONDE qui titre sur la remise en chantier de la réforme souhaitée par Nicolas Sarkozy le croit aussi, et remarque au passage que le gouvernement lâche également du lest sur la formation des professeurs. Ce qui n’empêche pas Axel Kahn, président de Paris V, de considérer que la réforme de la réforme est mal emmanchée. Et le frangin de Jean-François Kahn de préciser : « Si la loi 2007 sur l’autonomie nécessaire des facultés devait être remise en cause, je suis prêt à démissionner ». L’HUMANITE Dimanche rassemble tout cela. « Justice aux ordres, presse sous contrôle, opposition parlementaire musclée, citoyens fichés, syndicalistes criminalisés. Sarkozy et l’UMP s’attaquent à nos libertés ». Là-dessus, j’ai découvert deux choses. Hier, à Val d’Isère, Nicolas Sarkozy avait déclaré en substance : « J’aime les difficultés ». Ce fut le premier mot de Blum en 1936, et le premier aussi de François Mitterrand en 1981. Et puis dans cette interview de Jean-Marie Le Pen au PARISIEN, ceci qui m’a fait rire, autant que le pire du pire de Churchill. Selon Le Pen en effet, Nicolas Sarkozy dérive à gauche, très à gauche. Et la preuve, selon le vieux chef du front national, qui déclare se sentir à 80 ans, le cœur d’un homme de 65 ans. « Les revues de presse à la radio, citent désormais le quotidien communiste, l’HUMANITE » Ben oui, j’avoue, je reconnais, j’ai eu hier soir un SMS du Président de la République : « Mon cher Levaï, demain matin, n’oubliez pas de citer l’HUMANITE. J’y tiens ». Et il m’a même suggéré de citer aussi De Gaulle : « Les Français ne savent pas qu’ils sont forts. Ce sont des déprimés permanents. L’Etat est fait pour stimuler les citoyens et le Président est fait pour stimuler l’Etat. Mais comme vous parlez d’amour aujourd’hui je vous propose de conclure avec ce petit poème, à condition d’écarter les oreilles chastes du transistor. « Tu me dis que tu aimes la pluie, mais quand elle tombe tu fermes la fenêtre. Tu me dis que tu aimes les poissons, mais tu leur coupe la tête. Tu me dis que tu aimes les fleurs, mais tu leur coupe la queue. Alors quand tu me dis que tu m’aimes, j’ai peur ! ».

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