Bonjour à tous. Elle aime Brassens, les Rolling Stones, Barbara, Miossec et Mozart. Qui est-ce ? Ne cherchez pas. C’est la Ministre de la culture, Christine Albanel, qui répond au questionnaire du JOURNAL DU DIMANCHE, à une semaine de l’édition 2008 de la Fête de la Musique. « Il n’y avait pas de musiciens dans ma famille, dit-elle, mais on appréciait l’Opéra. A douze ans j’ai découvert les classiques de la chanson française : Brel, Brassens, Reggiani et Jean Ferrat, chantant Aragon que j’écoutais en boucle. J’ai plein de vinyles dans ma cave. Joan Baez, « Here is to you », le 33 tours qu’on a tous acheté. Nougaro, Dutronc. Et Christine Albanel de citer «Il est cinq heures, Paris s’éveille » et « L’Hôtesse de l’air ». Une chanson que Christine Albanel trouve très amusante et chante volontiers en voiture, quand son fils n’y est pas. Lui préfère NTM et sans doute Camille. Camille qui fut si impressionnante au Printemps de Bourges, avec cette façon de chanter, sans instruments, uniquement avec son corps et le corps des spectateurs présents. Suit naturellement cette question de Danielle Attali qui a, avec Eric Mandel, du JOURNAL DU DIMANCHE, interviewé Christine Albanel. « Avez-vous écouté le dernier album de Carla Bruni ». Réponse de la Ministre de la Culture : « Pas encore. La presse dit qu’il est très bon, avec des textes très travaillés. Mais imaginez que je dise la même chose. Me croirait-on sincère ? En tout cas j’avais beaucoup aimé son premier album : « Il y a quelqu’un qui m’a dit ». Dans VSD, Carla Bruni donne elle aussi les figures tutélaires de la chanson qui l’ont inspirée. Ca va de Miles Davis à Bob Dylan en passant par le guitariste des Stones et la merveilleuse Billie Holiday. Et Madame Sarkozy d’en profiter pour prévenir que la critique de son album qui sortira le 21 juillet risque fort d’être brouillée par le fait qu’elle est devenue la femme du Président de la République. Mais je ne suis pas dupe, conclut-elle, avant de préciser qu’elle reversera ses royalties car une partie de sa vie est prise en charge, c’est elle qui le dit, par la République. Que l’artiste en question fasse attention tout de même au « qu’en dira-t-on ». Voyez à cet égard la page 3 du journal LE MONDE daté dimanche-lundi, avec ce titre : « Chantez et déchantez avec Sarkozy ». Ma consoeur, Véronique Mortaigne y révèle que Faudel, Doc Gynéco et Enrico Macias ont perdu une partie de leur public après s’être engagés pendant la campagne électorale, aux côtés du futur Président de la République. Pas facile de remonter la pente, assure ma consoeur du MONDE, qui évoque une scène assez pénible en Suisse l’été dernier, quand les spectateurs helvètes avaient scandé « Sarko facho, Gynéco collabo », sous prétexte que Bruno Beausir, alias Doc Gynéco, avait rallié politiquement l’UMP. Idem, selon Véronique Mortaigne, pour Enrico Macias qui avait entonné en mai 2007, Place de la Concorde : « Ah ! qu’elles sont jolies les filles de Sarkozy ». Le soutien au Chef de l’Etat, conclut ma consoeur du MONDE, ne lui a pas profité, puisque depuis, l’image d’Enrico Macias, auteur « d’enfants de tous pays », s’est effondrée. Quid, dans ces conditions, se demande encore le MONDE de l’album à venir de Carla Bruni. Son CD intitulé « Comme si de rien n’était ». Entreprise risquée sur lequel veillerait le conseiller Pierre Charon, mais dont chaque mot, chaque couplet sera soumis à interprétation ! De quoi, prévoit LE MONDE, distendre le sens et le plaisir aussi de l’écoute. Quinze pages plus loin, dans la même édition du MONDE datée dimanche-lundi je lis sous les titres « Nicolas Sarkozy au cœur des médias », un article de Daniel Psenny qui s’interroge : « Oui ou non, le Chef de l’Etat est-il le grand marionnettiste qui tire les ficelles des journaux, des télés et des radios ? ». Et mon confrère du MONDE de s’appuyer sur Alain Genestar, ancien directeur de Paris-match, qui répond lui positivement à cette question dans un livre intitulé : « Expulsion ». Et Genestar d’expliquer pourquoi il a été viré de Paris-Match. Daniel Psenny ajoute à cela, la nomination de Nicolas Beytout aux Echos. L’embauche de Laurent Solly, l’ancien Chef de Cabinet du Chef de l’Etat, à TF1 et last but not least, l’éviction de PPDA du 20 heures. Eviction derrière laquelle une partie de la rédaction de la première chaîne verrait la main de l’Elysée. Wolinski en juge plus plaisamment dans le JOURNAL DU DIMANCHE, quand il dessine Patrick Poivre d’Arvor face à François Fillon, assis tous les deux dans un salon sous un portrait du Président de la République. Nicolas Sarkozy sur ce portrait a son portable à la main et apparaît courroucé. « Enfin, Monsieur le Premier Ministre, questionne PPDA, j’apprend par la presse, après 20 ans de bons et loyaux services, que je suis viré de TF1. Est-ce que vous trouvez ça normal ? » « Vous savez, cher Patrick Poivre d’Arvor, répond François Fillon, vous savez par les temps qui courent, ce genre de mauvaises manières, ça peut très bien arriver à tout le monde ». Au-dessus du dessin de Wolinski, dans le JOURNAL DU DIMANCHE toujours, c’est Michèle Stouvenot qui raconte la soirée qu’elle a passée jeudi au Bataclan, où la presse fêtait en chansons les 70 ans de Jean-François Kahn. Ils étaient tous là, de Bruno Masure à Mireille Dumas, de Jean-Pierre Elkabbach à François Bayrou et Poivre d’Arvor, pour lequel, Michèle Stouvenot verse une larme et écrit ceci. « Nous l’avons tant aimé PPDA, avec son œil mouillé, sa paupière tombante et sa voix grave. Tous les soirs, tel Julio Iglesias, il nous chantait «Vous les femmes ». Les femmes justement, le FIGARO Magazine les évoque en soulignant qu’avec Laurence Ferrari elles prennent le pouvoir à la télévision. C’est une nouvelle génération, Marie Drucker, Audrey Pulvar. J’en oublie. Nouvelle génération derrière les pionnières, Christine Ockrent et Anne Sinclair, qu’on accusaient déjà d’interroger souvent, souvent, souvent un autre Président qui s’appelait François Mitterrand. A lire encore sur ce sujet, décidément très riche mais tous les médias y reviennent, dans LE POINT cet interview de Robert Rochefort, le directeur général du CREDOC. Question à Monsieur Rochefort : « Les Français peuvent-ils être choqués à l’idée que le Président de la République se mêle des nominations dans les médias ? ». Réponse de Rochefort : « Non, je ne crois pas. Pour les Français, les politiques et les journalistes sont du même monde. Et puis on n’est pas aux Etats-Unis. Jamais ici Patrick Poivre d’Arvor n’a eu la réputation d’indépendance par rapport au pouvoir politique qu’avait en Amérique le célèbre Dan Rather. Je vous invite aussi à lire sur le même sujet des médias une interview formidable de Dominique Wolton, un sociologue spécialiste des Médias. Dans TELERAMA, Dominique Wolton dit que la question n’est pas de supprimer la publicité mais peut-être de cesser de sous-financer la télé publique. Et quand il a dit ça, il ajoute à propos de la communication « que son vrai mystère c’est sa réception. On ne sait pas dit Dominique Wolton ce que les gens font des images. Penser qu’on est actif devant un ordinateur et passif devant la télé, c’est une opposition stupide. Trouver moi quelqu’un qui vous dise qu’internet est dangereux. Personne. Trouvez moi quelqu’un qui dise que la télé c’est stupide. 90 %. Tout le monde se sert de la télévision et tout le monde la critique ».

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