Bonjour à tous… Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? - New-York, vingt heures hier, deux quotidiens américains : le New-York Times et le New-York Post donnent la même information : Dominique Strauss-Kahn a été arrêté par la police américaine à bord de l’avion d’ « Air France », New-York/Paris. Le vol AF-23 allait décoller de Kennedy Airport quand trois policiers en civil sont montés à bord de l’appareil et ont prié le Directeur Général du Fonds Monétaire International de les suivre. - Voilà les réponses aux questions où, quand, comment ? Reste la plus importante, qui justifie le bruit des radios cette nuit, et le changement de la première page du JOURNAL du DIMANCHE, aujourd’hui : pourquoi ? Dans sa première édition, le JDD titrait sur un sondage, plaçant Dominique Strauss-Kahn en tête de l’élection présidentielle, si celle-ci devait se dérouler dimanche prochain. Dans la seconde, marquée « dernière minute », le JOURNAL du DIMANCHE, casse sa une et titre sur trois colonnes à la une : « DSK, arrêté à New-York ». Suit, comme il se doit dans la correspondance signée Alexandre Duyck, la réponse au pourquoi, cette arrestation du Directeur Général du FMI, à dix minutes de son départ pour Paris ? Une plainte a été déposée, quelques instants plus tôt, auprès de la police New-Yorkaise, par une femme de chambre de l’hôtel Sofitel de Times Square. Information confirmée en fin d’après-midi hier à New-York par Paul Browne, le porte-parole du département de la police, et par John Kelly. Ce dernier est porte-parole des ports de New-York et du New-Jersey : l’autorité qui gère, ports et aéroports New-Yorkais. La suite de l’article du JOURNAL du DIMANCHE reprend les informations rapportées par la presse américaine et la chaîne de télévision CNN. Selon le New-York Times et le New-York Post, Dominique Strauss-Kahn est sorti sans menottes de l’avion d’Air France, avec les trois policiers qui l’ont interpellé. Et ramené au commissariat du centre de Manhattan, pour y être interrogé. Le JOURNAL du DIMANCHE ajoute naturellement à cette relation, le témoignage de la plaignante. C’est une femme de chambre de 32 ans, employée du Sofitel de Manhattan, où se trouvait Dominique Strauss-Kahn avant son départ pour Paris. L’employée a déclaré être entrée vers 13 heures, heure locale, dans la chambre du Directeur du FMI. Et s’il faut en croire la presse américaine, aujourd’hui, c’est là que selon la plaignante, elle aurait été agressée sexuellement. Le JOURNAL du DIMANCHE, toujours, ajoute à la relation de son correspondant aux Etats-Unis, un élément supplémentaire, apporté par Paul Browne, le porte-parole de la police New-Yorkaise. La jeune femme aurait réussi à s’enfuir et couru, à la réception du Sofitel, qui a appelé la police. Dominique Strauss-Kahn aurait quitté précipitamment sa chambre, oubliant son téléphone mobile et quelques effets personnels. Huit lignes encore dans le JOURNAL du DIMANCHE, sur l’information-choc de la nuit. Huit lignes pour rappeler qu’en octobre 2008, à la suite d’une relation intime avec une employée hongroise du FMI, Dominique Strauss-Kahn après enquête avait été blanchi des accusations d’abus de pouvoir. A Paris, jusqu’à présent, personne n’a souhaité commenter l’information qui, si elle était confirmée, conclut le JOURNAL du DIMANCHE, aurait des conséquences politiques considérables. Les dépêches d’agences en disent un peu plus que la presse imprimée, bouclée hier au soir. Et soulignent que lors de la controverse, d’octobre 2008 sur la liaison entre Dominique Strauss-Kahn et l’une de ses subordonnées employée du FMI, si l’enquête avait conclu à l’absence d’abus hiérarchique, le Français avait du présenter des excuses et reconnaître une erreur de jugement. Ce sont ses mots. Dans un livre récemment sorti aux éditions du Moment et intitulé : « Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn », Michel Taubmann en dit un peu plus. Il rappelle que l’enquête en question, qui mettait en jeu la crédibilité du Directeur général du Fonds Monétaire International, dans une période sensible pour l’économie mondiale, se voulait irréprochable. C’est pourquoi, elle fut confiée dans un premier temps à un Egyptien et un Russe, dont le pays s’était opposé à la nomination de Dominique Strauss-Kahn au FMI. Les conclusions révélèrent qu’il s’agissait d’une relation entre adultes consentants. Mais cela, écrit Michel Taubmann ne parvint pas à satisfaire le Russe, qui réclama et obtint la transmission du dossier, à un organisme indépendant. Lequel, concluera dans le même sens. Pas d’abus de pouvoir. Tout alors, fut épluché, conclut Michel Taubmann, dans son livre : « Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn ». Tout, les disques durs des ordinateurs, la correspondance… Car, à tout instant « octobre 2008 », s’il y avait eu la moindre incohérence, la carrière de Dominique Strauss-Kahn n’aurait plus tenu qu’à un fil. Touché, coulé. On voit mal comment il aurait pu survivre politiquement après une telle humiliation. A l’époque, en France, tout le personnel politique à droite, à gauche, entonna le chant de la solidarité, sauf une : Ségolène Royal qui déclara sur Canal Plus : « Il faut attendre l’issue de l’enquête. J’espère que Dominique Strauss-Kahn sera blanchi dans cette histoire, parce que sinon, pour la réputation du sérieux et de la compétence de la France, ce serait très embêtant ! ». Ce qui valait hier, vaut aussi, pour aujourd’hui… « Il faut attendre, l’issue de l’enquête… et l’information sur inculpation ou non, du Directeur Général du FMI ». On en est là, ce dimanche 15 mai 2011, à moins d’un an de l’élection présidentielle, où l’on annonçait sans l’annoncer, tout en l’annonçant, la candidature de Dominique Strauss-Kahn aux primaires du PS et à l’Elysée. On en est là, avec la mèche d’une bombe prête à exploser, ou faire long feu… allez savoir ! On en est là, alors que cette affaire New-Yorkaise aux allures de Bis Repetita intervient derrière des informations à foison sur le train de vie du Directeur Général du FMI. Les magazines de la semaine, les quotidiens aux pages pas encore jaunies diffusent encore la photo prise à Paris, montrant Dominique Strauss-Kahn et son épouse prêts à s’installer dans une voiture de luxe, appartenant à l’un de ses conseillers. On en est là, alors que Dominique Strauss-Kahn assigne en justice le journal FRANCE-SOIR, suite à la publication par ce quotidien d’informations fausses relatives à sa garde-robe, élément de son train de vie. En page 2 du MONDE, daté dimanche-lundi, une note sous une photo de Dominique Strauss-Kahn, reprend cette précision de ses avocats : "Monsieur Dominique Strauss-Kahn est dans l’incapacité de répondre lui-même aux attaques dont il est l’objet. Il est tenu en effet par son obligation de réserve". C’était hier, l’encre a séché depuis. Dernière nouvelle de la nuit… alors qu’on ne sait toujours pas si Dominique Strauss-Kahn sera inculpé… On apprend grâce à l’agence Reuters, qui tient l’information de l’un des avocats du Directeur Général, Monsieur Benjamin Brafman que Dominique Strauss-Kahn plaidera non-coupable. Puisque j’évoquai le MONDE… lisez sa page 3 à propos de notre ministre de l’Economie… Christine Lagarde… dont on dit… qu’elle pourrait devenir un boulet politique pour l’UMP. Avec cette phrase de la ministre : « Je n’ai pas du tout envie d’arrêter ». Et permettez-moi de conclure avec ce mot du dessinateur El Roto de El Païs qui évoquait l’âge d’or de la communication et de l’info… c’est qu’il n’y a pas moyen de savoir ce qui se passe.

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