Bonjour à tous…. A la question « Qui aimes-tu le mieux : ton père ou ta mère ? » certains garnements d’autrefois répondaient : « J’aime mieux le lard ! ». Au kiosque ce week-end, si l’on peut dire, nul ne « tranche » dans ce sens-là, les questions de la semaine, voire du mois… Ségolène ou Martine ? Bertrand ou Benoît ? A Reims, les socialistes balancent encore ou ne savent pas. Et à Washington, pour réformer la finance mondiale, quelle solution ? Celle du libre-marché de George Dobeliou, ou l’établissement de nouvelles règles d’un marché contrôlé façon Nicolas ? Et avec quels alliés, s’il vous plait ? Poutine et Medvedev, les nouveaux amis russes des Français, ou nos vieux amis chinois, nettement plus riches aujourd’hui qu’autrefois ? Comme l’écrit Franz-Olivier Giesbert : « Que sont nos références devenues, dans ce choc des modèles ? C’est à y perdre son latin ». Et l’éditorialiste du POINT de rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, l’anti-américanisme était un métier qui faisait vivre une armée de tocards plus ou moins médiatiques, au cerveau congelé. Avec Obama à la Maison Blanche et Guantanamo fermé, ils vont être obligés de changer de travail. Et c’est ainsi, prévoit Giesbert, qu’une fois George Bush renvoyé à son cher Texas, l’Amérique redeviendra le modèle qu’elle fut jadis. Même chose pour la Chine. Après avoir été sous Mao, un modèle pour les écervelés d’Occident, poursuit Giesbert, elle est devenue anti-modèle et jungle du capitalisme le plus sauvage. Aujourd’hui, avec le plan de relance chinois d’inspiration Rooseveltienne, l’Empire du Milieu opère un virage à 180° sur le plan social et écologique. Et l’éditorialiste du POINT de conclure : même si la Chine et les Etats-Unis convergent dans la prochaine décennie, le monde aura deux modèles de sortie de crise. Pourvu qu’ils n’entrent pas en collision. Pascal Giberné, dans LE PARISIEN, ne voit pas tout à fait les choses de cette façon. A la question « oui ou non les Etats-Unis sont-ils encore la première puissance mondiale », il apporte la réponse du Prix Nobel de l’Economie, Paul Krugman. Lequel confirmait hier lors d’une conférence de presse à New-York, le déclin de l’hégémonie américaine. Et Krugman d’expliquer en effet : « Il y a désormais deux géants économiques sur un pied d’égalité : les Etats-Unis et l’Union Européenne. Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale, est l’égal de Ben Bernanke, le président de la Réserve Fédérale. Quant à nous, Américains, si notre économie ne domine plus, elle restera très importante, même face à la Chine, pendant de nombreuses années. Mais il est vrai, conclut le récent Prix Nobel, cité par LE PARISIEN, que dans 15 ans, il y aura quatre grands empires : les Etats-Unis, la zone euro, la Chine et l’Inde. Le monde sera plus complexe. Mais les années 90 où le gouvernement américain imposait encore sa volonté, figureront comme le passé d’une illusion ». Et LE PARISIEN de titrer son dossier : « Sommet du G20… Pour sortir de la crise : l’Amérique a besoin des autres ». Avec pour l’illustrer d’un trait plaisant et gentil, un dessin de Ranson représentant Nicolas Sarkozy entre Bush et Obama. « Ne vous inquiétez pas, dit le président français à Obama qui s’en vient, et à Bush qui s’en va, ne vous inquiétez pas, jusqu’en janvier, je vais assurer l’intérim du poste de maître du monde ». Curieusement, il faut le souligner, une majorité de quotidiens ce matin attend du G20 qui s’est ouvert hier à Washington, et du président français, beaucoup plus qu’il y a quelque jours où l’on ironisait sur l’impossible refondation du capitalisme. Et où l’on ne croyait pas non plus à la critique du système dollar. C’est ainsi que LIBERATION titre sur la réforme du capitalisme, et commente : « C’est maintenant ou jamais ! ». Dans son éditorial, Didier Pourquery atténue un peu cette version sarkozyste de l’événement, en expliquant qu’on avait peut-être un peu vite parlé de Bretton Woods… mais qu’il n’empêche : il s’agit bien d’une réunion historique, même si les enjeux ou le cadre sont différents du Bretton Woods modèle 1944. Et mon confrère de considérer, que l’on assiste avec ce G20, à un tournant majeur de la gestion de la mondialisation. Mieux, dans la même page de LIBERATION, on peut lire sous la plume de Grégoire Biseau, ce propos : « Pas besoin d’être un grand stratège pour comprendre que l’Union Européenne, et donc la France, a devant elle un boulevard pour tenter d’imposer ses vues, puisque l’Amérique est représentée par un George Bush décrédibilisé ». Analyse voisine du journal LA TRIBUNE qui considère ce samedi que la grande négociation planétaire a commencé. Et ce quotidien économique a la bonne idée d’expliquer que le G20… c’est deux tiers de la population mondiale représentée par ses chefs d’Etat et de gouvernement. C’est 90% du PIB mondial. C’est 80% du commerce international… Avec outre l’Union Européenne, deux géants économiques, les Etats-Unis et la Chine. Et LA TRIBUNE d’assurer que vingt sherpas ont travaillé deux mois durant au téléphone, pour préparer cette réunion improbable. Deux mois de tractations, mais tout a bien fonctionné. LE MONDE de ce samedi peut donc titrer sur l’Europe dans le marasme, et s’interroger sur la fin de la récession. Est-ce que ce sera 2009, 2010… Dans tous les cas, conclut notre confrère… le G20 est un espoir. OUEST France et François Régis Hutin partagent la même espérance d’une planète vivante, bien vivante, avec vingt pays rassemblés contre la crise. Michel Wagner dans l’EST REPUBLICAIN de Nancy est plus pessimiste. Il ne voit pas de remède-miracle contre les coups de folie du capitalisme, sortir de Washington. Pas plus d’ailleurs qu’il ne croit au nuage noir de la récession, « curieusement arrêté » aux frontières françaises. LES ECHOS aussi, tempèrent l’espérance des journaux que je viens de citer, en titrant sur un « sommet crucial » pour l’économie mondiale. Parce que la conjoncture est très difficile dans les pays riches. D’ailleurs, soulignent LES ECHOS, la France échappe, « pour l’instant », à la récession. Restent deux journaux bizarrement accordés… L’HUMANITE et LE FIGARO. Je lis dans le dernier journal cité : « Finance : coup d’envoi de la réforme mondiale. Les plus grands pays du monde sont réunis à Washington pour trouver des remèdes durables à la crise financière ». Et voici le titre de L’HUMANITE : « Les grandes puissances et les pays émergents réunis pour repenser l’architecture financière mondiale ». Avec une question, évidemment : « au profit de qui ? ». Et un éditorial de Patrick Le Hyaric où je lis : « Peuples de tous pays, unissons-nous pour refuser de payer la crise des capitalistes ». Sapristi ! Je m’aperçois que je n’ai rien dit du congrès de Reims... alors que j’étais au congrès d’Epinay en 71, quand avec 15% des mandats seulement, François Mitterrand, avec Pierre Mauroy et Gaston Deferre, a battu au final Savary et Bérégovoy. Je signalerai deux ou trois titres éloquents, et deux analyses à ne pas lire si vous êtes socialistes (ça vous découragerait). Dans LE FIGARO : « Parti Socialiste… le choc Royal-Aubry ». Une femme contre une femme. L’UNION DE REIMS fait mieux : « Royal se dévoile, Delanoë avance masqué » ...Et ne lisez pas le NOUVEL OBS si vous n’aimez pas Ségolène, parce que Jacques Julliard lui écrit une ode en disant que c’est la plus belle, la meilleure, elle est formidable et les autres sont des vieillards. Ce n’est pas gentil pour Benoît Hamon qui est le plus jeune de la troupe. Ne lisez pas non plus CHARLIE HEBDO, j’ose à peine décrire la couverture : on voit une Ségolène, candidate éternelle, mais ils l’ont représentée à 115 ans, en sorcière ! Ne lisez pas non plus dans LE MONDE, l’analyse des intellectuels (ils sont une vingtaine) qui se posent des questions à propos des socialistes : est-ce qu’ils sont en panne d’idée, est-ce qu’ils ont compris le monde, etc… Dieu merci, il y a Eric Fotorino qui est quand même le patron. Lui, c’est net. Il dit aux socialistes : « Changez ». Et Fotorino termine : « Ségolène Royal tente de créer les conditions d’un renouveau… Le chemin est cahoteux, parfois obscur, incertain et risqué. Etre une femme ne facilite pas la tâche. Aux socialistes de décider s’ils veulent de ce renouveau-là, ou de tout autre qui s’imposerait à Reims. Sans quoi ils construiront avec éclat les ruines de leur avenir »

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