Par Camille Revel.

On dit parfois des politiciens qu'ils "descendent dans l'arène", mais la politique s'invite aussi sur le ring, tout comme la diplomatie.

C'est ce qu'on découvre en lisant le dossier "Catch Mania" de l'Equipe magazine, dossier signé Imanol Corcostegui, dédié à "Wrestlemania", Le rendez-vous des amateurs de catch, à Orlando en Floride. Les combats de catchs, ce sont des combats à grands spectacles, très scénarisés - et toute ressemblance avec des faits réels n'est absolument pas pure coïncidence. Par exemple, en 2003, la France s'oppose à une intervention en Irak, position peu appréciée outre Atlantique. Une équipe de catcheurs se forme, nommée "La Résistance" - en Français dans le texte. Ce sont des Québécois, mais le symbole est là, ils se font "copieusement siffler" à chaque combat. Voici leurs prises favorites -"Bonsoir" - "la Crêpe" - et "Au revoir".

Mais aujourd'hui, le catch s'est dépolitisé conclut l'article ; et le résultat des combats est connu d'avance, ce festival Wrestlemania, pour Doug, aficionado, "C'est comme le dernier épisode d'une série télé, le moment où les intrigues se dénouent". Chez nous, pour le dénouement, il faut encore attendre jusqu'au 7 mai !

Pour ce dernier dimanche avant le premier tour, la campagne fait toujours la une de la presse

Je ne suis pas d'extrême gauche

C'est Jean-Luc Mélenchon qui parle dans les colonnes du Parisien Aujourd'hui en France. Le candidat de la France Insoumise est à la Une, et l'assure :"Je serai au second tour."' Il se dit "très content de ne pas avoir fait alliance avec Benoit Hamon" - "un garçon intéressant et sympathique", "le problème, c'est le PS" . Jean-Luc Mélenchon qui promet de supprimer la loi El Khomri, et " se dit prêt "à discuter avec le diable s'il le faut pour mon pays. (...) Peu [me] chaut qui dirige [les pays]". Lui aussi l'assure : "Je sais que je serai au second tour".

C'est maintenant François Fillon qui parle, dans les colonnes du Journal du Dimanche et promet "de gouverner sans rancœur" - "je serai le président du redressement national, et qui respectera les fonctions de premier ministre" - que le candidat de la droite ne qualifiera donc pas de "collaborateur". "Qui vote Le Pen ?" se demande aussi en Une le Journal du Dimanche qui se fonde pour répondre sur un sondage Ifop-Fiducial, et observe notamment que 60% des électeurs FN votent par rejet des autres partis, 40% par adhésion - en 1997, ils étaient 84% à voter par rejet.

Sur son site Internet, le Monde lui s'interroge sur le "casse-tête du vote utile pour les électeurs de gauche" : avec par exemple ce couple de Montluçon. En 34 ans de mariage, "ils ont toujours voté de la même façon" : "socialiste aux élections nationales, communiste aux locales" - mais cette fois chez eux, "la prise de tête dure depuis janvier" : elle vote "utile", lui vote "choisi".

Mais il suffit d'un rien pour changer d'avis conclut l'article : en 2002, au second tour, un électeur, parti pour "faire barrage à Jean-Marie Le Pen", entend sur le chemin du bureau de vote une chanson du groupe Zebda, "le Bruit et l'odeur" - avec un extrait du discours de Jacques Chirac - et fini par rendre une enveloppe... vide.

Une autre rengaine est à la une ce matin

"La chanson de Craonne", devenue l'hymne des mutins, un chœur l'entonne aujourd'hui devant François Hollande, pour le centenaire de la bataille du Chemin des Dames - une commémoration qui est aussi l’heure de la reconnaissance" titre l'Ardennais. Echec sanglant, marquée aussi par le début des mutineries, cette bataille fit un nombre de morts toujours imprécis selon le Journal du Dimanche "vraisemblablement entre 40 et 50.000 morts la première semaine" d'après l’historien Alain Loez.

La présence du chef de l'Etat pour ce centenaire irrite certains, nous rapporte l'hebdomadaire, comme cet ancien combattants pour qui "On en fait trop pour les fusillés, le président à Craonne, c'est un chiffon rouge !" La chanson de Craonne aussi agace aussi les anciens combattants du comité national d'entente - pour son président, le général Bruno Dary, "les six millions de soldats qui se sont battus dans des conditions très difficiles méritent mieux dans notre souvenir collectif." Les descendants des mutins, eux, témoignent dans "La Croix" : 26 soldats français ont été fusillés en 1917 - parmi eux, Albert Truton.

Son petit neveu, aujourd'hui âgé de 73 ans, Jean Truton, a signé un appel pour la réhabilitation des fusillés, "sans trop d'espoir". Il voudrait aussi voir le nom de son grand-oncle apparaitre sur le monument aux morts de Nocé, dans l'Orne, où il est né, et argumente : "Ce n'était pas un planqué, il a eu la croix de guerre, il a été blessé à Verdun. Il a fait une bêtise, mais d'autres ont fait pire et n'ont pas été fusillés."

Le président turc Erdogan lui « rêve d'un plébiscite »

C'est le titre du Parisien. "Recep Tayyip Erdojan remportera-t-il son pari ?" s'interroge Courrier International dans son édition numérique. Les Turcs sont appelés à voter par référendum sur le renforcement des pouvoir de leur président. Le quoyidien progouvernemental turc Sabah s'agace "quand François Hollande est élu avec 52% des voix en France, les opposants trouvent cela tout à fait démocratique - mais si le oui passe avec le même score en Turquie, ils diront qu'on a volé des urnes, qu'il a eu des coupures de courants dans les bureaux de vote..."

Pour le Journal du Dimanche, "Erdogan joue son va-tout" - l'hebdomadaire cite un membre du parti pro-kurde, le HDP, qui dénonce une "une course entre un avion et une demi-voiture". L'Express consacre sa une à ce scrutin : "Erdogan menace l'Europe" - pour l'hebdomadaire, Vincent Hugeux y raconte sa rencontre à Trabzon des fervents admirateurs du président, partisans d'un homme qui a gravi tous les échelons. L'un d'entre eux lance "je voterais pour un animal de compagnie, pourvu qu'il soit investi par Erdogan".

Il y a aussi ce septuagénaire qui raconte qu'il "a eu un pépin de santé, les soins ne lui ont pas coûté une livre, alors que du temps de son père, il fallait payer. Erdogan remet la Turquie a sa vraie place, si les Européens préfèrent les terroristes à notre loyauté, tant pis pour eux". Un autre reportage aussi dans Politis - de Jérémie Berlioux, à Istanbul - où l'opposition s'inquiète d'une nouvelle vague de violences : "Erdogan est capable de tout." "Cette peur diffuse, renchérit une autre Stambouliote, c'est sa plus grande victoire"

Ce dimanche 16 avril est aussi le dimanche de Pâques, un dimanche sous haute surveillance et endeuillé pour les coptes

Sous haute surveillance en France, mais aussi à travers le monde, et bien sûr en Egypte. L'hebdomadaire chrétien La Vie publie un reportage auprès des Coptes en colère en Egypte, après le double attentat contre des Eglises dimanche dernier. La colère comme celle d'une fidèle, Mina : "Aujourd'hui, la police et l'armée surveillent de près nos lieux de cultes - où étaient-ils dimanche ?"

Pour le politologue Ziad Aqel, le durcissement sécuritaire n'est pas la seule solution : "[cela] reste secondaire à côté du défi du développement et de l'éducation". Le Parisien lui relate dans ses colonnes un entretien avec l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique le Brun. Il revient sur l'assassinat terroriste du père Hamel, en juillet dernier, à Saint-Etienne du Rouvray : "La douleur reste vive dans la paroisse, mais elle se reconstruit." Interrogé sur l'élection lui assure "être dans une période de réserve" mais dénonce "l'augmentation des normes, sauf sur les fondamentaux" et propose de "revisiter les dix commandement, ce serait intéressant" - et s'agace "Voler ? du moment qu'on est en règle avec le fisc, qu'on n'est pas pris, c'est bon…"

Qui dit Pâques dit aussi chasse aux œufs - et "c'est la meilleure idée du Printemps" nous assure le Huffington Post : c'est du temps de qualité passé en famille ; un peu de sport pour les grands et les petits - alors qu'en France, un enfant sur 2 ne bouge pas assez selon la Fédération Française de cardiologie ; et s'il fait beau, et que la chasse a lieu en extérieur, c'est l'occasion de faire le plein de lumière du soleil - et pour notre corps de produire "plus d'hormone du bonheur", la sérotonine. Et bien sûr c'est l'occasion de déguster le chocolat - nous en achetons 15.000 tonnes chaque années pour Pâques nous rappelle la Dépêche.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.