Bonjour à tous…. Il neige à la veille de Noël, c’est une bonne nouvelle ! Il fait un froid de canard et il gèle au nord, comme au sud de la Loire, c’est une mauvaise nouvelle. Prévert disait cela mieux que moi, quand il évoquait autrefois «ceux qui jettent le sel sur la neige, moyennant un salaire absolument dérisoire.» Les médias, en ce dimanche de l’avent, tentent de se débrouiller avec ça : la joie et le bonheur de ceux-là, et les malheurs (exprimés ou pas) par ceux qui voudraient manger pour vivre, et se chauffer aussi. D’où le malaise des quotidiens ce matin. Ainsi, tandis que CENTRE PRESSE se réjouit de la neige sur l’Aubrac, et que LA MONTAGNE évoque la joie des skieurs partis à l’assaut du Sancy, SUD-OUEST DIMANCHE, LA MARSEILLAISE, LE DAUPHINE et L’EST REPUBLICAIN établissent un parallèle entre le froid qui s’abat et la colère qui monte autour des sans logis. «Promesses non tenues» soupire LE DAUPHINE DIMANCHE qui oublie la neige sur le massif alpin pour souligner qu’une année après l’opération du Canal Saint-Martin, les Don Quichotte récidivent. SUD-OUEST renchérit, en insistant, photo à l’appui, sur l’association qui n’a pu installer ses campements en bord de Seine, près de Notre-Dame, à Paris, comme elle l’avait fait au Canal Saint-Martin l’an passé. C’est exact, constate LE PARISIEN, cette fois il y a eu bras de fer entre le gouvernement et les défenseurs des sans-abri. Hier à Paris, l’opération des Enfants de Don Quichotte a tourné court. Alors qu’ils tentaient d’installer une centaine de tentes au bord de la Seine, les militants ont été violemment évacués, et l’on peut considérer que l’hébergement des SDF prend une tournure très politique. Et LE PARISIEN de citer Augustin Legrand, le leader des Don Quichotte, selon lequel les promesses d’hébergement qu’on lui avait faites n’ont pas été tenues. Au point que 14.000 places manquent. Réplique de Christine Boutin, ministre du Logement… «Jamais on n’avait, en si peu de temps, créé autant de places. D’ailleurs, sur les 420 mobilisés sur Paris, 150 sont encore libres.» Le cardinal archevêque de Paris, Monseigneur Vingt-Trois, le successeur de Jean-Marie Lustiger, réagit lui aussi dans les colonnes du PARISIEN ce matin. En rappelant tout d’abord que le Secours Catholique héberge environ 1500 personnes en France, mais qu’il est hors de question de faire dormir les sans-abri dans les églises, car elles ne sont pas équipées pour cela. Plus généralement le prélat, suivant en cela son prédécesseur, renvoie la balle vers d’autres quand il déclare – je le cite – «Je ne pense pas que les sans-abri ont moins froid sous une tente». Et il ajoute, à propos des Don Quichotte et de leur mode d’action : «Ce n’est pas une solution durable contre la précarité. Chacun sait en effet, que le problème des SDF dépasse celui de l’absence d’un toit pour dormir.» Pierre Levené, le secrétaire général du Secours Catholique, n’est pas tout à fait sur la même ligne que le cardinal, quand il dit au JOURNAL DU DIMANCHE qu’il faut avoir de saines colères. «Nous savons bien que la solution ne consiste pas à mettre des gens sous la tente, mais il faut que les habitants de ce pays se réveillent.» Et le responsable du Secours Catholique poursuit : «Nous savons bien qu’il n’est pas facile de régler le problème de la pauvreté, mais il faudrait faire enfin des choix budgétaires claires dans ce pays. Les personnes qui s’adressent à nous n’ont pas 700 euros par mois pour vivre. La pauvreté dans la rue est la plus visible, mais je pense à tous les autres, qui vivent dans des logements insalubres et des hôtels sans faire de bruit, mais en souffrant.» Et quand Alexandre Duyck qui l’interroge pour le JOURNAL DU DIMANCHE, demande à Pierre Levené, s’il approuve oui ou non, le principe des campements de ses amis Don Quichotte, le responsable chrétien répond : «Il est dommage d’en arriver là, mais si nous ne faisons pas dans le médiatique, si nous nous contentons de réclamer poliment les choses, nous ne sommes pas entendus. Nous sommes donc obligés de nous fâcher. Et il y a de saines colères qu’il faut avoir.» Je distinguais en commençant les bonnes et les mauvaises nouvelles… Je ne sais pas trop dans quelle catégorie situer l’interview du ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement quand il explique à Dominique de Montvalon qu’on n’a guère plus expulsé d’immigrés cette année que l’année dernière. 21.000 sous Sarkozy, 21.500 sous Chirac. Monsieur Hortefeux est à cet égard, très soucieux de l’impact des mots. Il propose de dire, non pas «expulsion de l’étranger en situation irrégulière» mais «éloignement». On voit bien l’immigré clandestin revenant dans son pays dire : «Non, non, je n’ai pas été expulsé, j’ai été éloigné», à l’image de l’employé viré qui dit «j’ai été remercié»… ou licencié GL… comme s’en amusait Pierre Dac… avant d’expliquer à son compère Francis Blanche, licencié GL… ce n’est pas un diplôme… j’ai été licencié des Galeries Lafayette. A part ça, pour Brice Hortefeux, l’immigration zéro n’est «ni possible, ni souhaitable, en revanche on peut s’accorder avec le Gabon, le Congo, le Bénin et bien d’autres, pour limiter des deux côtés, l’immigration clandestine.» Dominique de Montvalon a évidemment interrogé Brice Hortefeux, sur la visite de Kadhafi, qui par parenthèse, explique en partie le recul de la popularité de Nicolas Sarkozy et de François Fillon dans les sondages Ifop-JDD. Comprenez-vous, demande mon confrère du PARISIEN au ministre, l’hostilité de nombre de Français devant l’ampleur donnée à la visite du leader libyen en France. Réponse du ministre de l’Immigration : «Il ne s’agissait pas d’une visite d’Etat, mais d’une simple visite officielle d’un chef d’Etat avec lequel la France est en relations. Cette précision protocolaire n’est pas seulement symbolique ; elle est significative. Sur le fond, depuis 2001, que s’est-il passé ? 1-Le colonel Kadhafi a publiquement renoncé au terrorisme en indemnisant les victimes de l’attentat de Lockerbie. 2-Il a mis fin à son programme nucléaire militaire et chimique. 3-Il a permis la libération des infirmières bulgares. Je pose donc une question simple : fallait-il ignorer ces évolutions au risque de les remettre en cause, ou les encourager ? La réponse est évidente.» Bonne nouvelle… Mauvaise nouvelle ? Le JOURNAL DU DIMANCHE mêle les deux. En manchette, ce titre, pour vous angoisser et gâcher peut-être Noël qui vient. «Pourquoi 2008 fait peur»… avec en page intérieure, le sombre pronostic de Jacques Attali selon lequel, on risque une crise de type 1929. Juste en dessous, un correctif… «Mais du pétrole moins cher viendra peut-être la bonne surprise !» Et encore en dessous… une photo… de Laure Manaudou… victorieuse et alanguie, presque embrassée par son nouveau fiancé Benjamin Stasiulis… et cette légende : «Laure, la victoire et l’amour !» Ce qui m’amène à la lecture du MERCURE GALANT, un journal disparu depuis trois siècles, dans lequel un chroniqueur nommé Rios écrivait «Il n’y a plus de Pyrénées.» On a attribué cette phrase à Louis XIV. Eh bien si ! Il y a des Pyrénées. La preuve, Kadhafi fait moins de bruit à Séville aujourd’hui, et dans la presse espagnole, qu’il n’en fit la semaine dernière à Paris, comme si les Espagnols étaient totalement indifférents. On verra demain. J’en profite aussi pour corriger LE PARISIEN qui dit qu’il a planté sa tente à Séville. Eh bien non, il est dans un hôtel de luxe 5 étoiles, et c’est à Madrid qu’il mettra sa tente. Voilà, il y a donc des Pyrénées, parce qui se passe à Paris ne se passe pas en Espagne. Et j’en profite aussi pour signaler que les Espagnols aussi, ont de sacrés contrats avec l’affreux dictateur. Je termine avec un petit florilège : Dans le FIGARO MAGAZINE, j’ai lu Claude Guéant : «Les chantiers pour 2008 sont innombrables.» LE POINT avec «La femme qui dit non» Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme. MARIANNE : «Tout ce qu’on ose dire de Kadhafi à l’étranger». On n’en dit pas du bien, mais c’est normal, ce sont des étrangers. TEMOIGNAGE CHRETIEN. En photo Jean-François Kahn. Jean-François Kahn qui raconte le jour où Sarkozy l’a traité de petit con.

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