Il est parfois des chiffres qui donnent de l'espoir : l'espoir d'une planète meilleure, plus humaine, moins cruelle... Mais il arrive aussi que l'espoir ne tienne pas longtemps... C’est ce qui se produit avec l'estimation dont ce se fait, ce matin, l'écho LE PARISIEN ; estimation donnée par Amnesty International : l'an dernier, dans le monde, les exécutions ont été moins nombreuses que l'année précédente – 607 personnes exécutées, une baisse de 22%... En revanche, le nombre de personnes condamnées à mort est en très nette augmentation : une hausse de 28%. Du coup, pas de raison de réjouir. A ce jour, 22 Etats continuent d'appliquer la peine capitale, au premier rang desquels figure, d'après l'ONG, la République Islamique d'Iran : 289 exécutions recensées en 2014. Suit l'Arabie Saoudite – 90 exécutions, puis l'Irak – une soixantaine, puis les Etats-Unis : 35... Toutefois, ce triste palmarès compte de nombreux absent, comme la Corée du Nord ou bien encore la Chine ; absente du palmarès, tout bonnement parce qu'on ne dispose pas de statistiques officielles. Or, la Chine, d'après, donc, Amnesty , a vraisemblablement tué « plus de condamnés que l'ensemble des pays du globe réunis » ... Plutôt que de titrer « Moins d'exécutions dans le monde » , sans doute le journal aurait-il dû écrire : « Moins d'exécutions dans les pays qui donnent leurs statistiques » ...

En Indonésie , on exécute aussi, et c'est le 28 mai que le Français Serge Atlaoui devrait enfin savoir le sort qui lui sera réservé. Condamné pour trafic de drogue, il devait être exécuté fin avril, en compagnie de huit autres personnes, mais in extremis , un sursis lui a été accordé. Fin avril, il faisait la Une d'une partie de la presse. Aujourd'hui, il attend, et les journaux n'évoquent son calvaire que de quelques lignes... Excepté le quinzomadaire SOCIETY paru cette semaine, lequel propose un long entretien avec l'un des frères du condamné : André Atlaoui, maçon dans le civil qui, pendant des années, a gardé le silence par crainte de froisser les autorités indonésiennes. Mais aujourd'hui, il parle et raconte son frangin : son enfance, leur enfance dans une cité de l'Est, ses succès, ses galères et son extrême gentillesse... « Tout ce que je sais, dit-il, c'est que Serge est innocent. Sa seule erreur, et il s'en est excusé publiquement, c'est d'être venu en Indonésie, d'avoir travaillé au noir, de n'avoir rien déclaré. Mais il n'a jamais reconnu être un baron de la drogue et il ne le reconnaîtra jamais... » Une scène lui revient. Une scène d'adolescence : Serge avait appris qu'André fumait des joints et lui avait alors filé une correction – « Ne touche plus jamais à cette merde ! » André défend Serge, et il se désole du manquer de soutien dans l'épreuve qu'il traverse, lui et sa famille. Parfois, dans la rue, certains lui lancent « On pense à vous ! » , mais ça ne suffit pas. Et puis il y en a qui changent de trottoir ou baissent la tête quand ils le croisent. Il y a un mois, André Atlaoui avait organisé un concert de soutien pour son frère à Metz. Il a réuni quelque 250 personnes. « J'aurais tellement aimé que l'on soit des milliers » , dit-il, ajoutant qu'il a l'impression que « les Français ne se sentent pas concernés » ... Serge Atlaloui a passé dix années dans les geôles de l'Etat indonésien. Il saura dans deux semaines s'il sera exécuté.

Dans la presse, il y a donc des chiffres qui donnent de faux espoirs. Et d'autres qui témoignent de situations désespérées... C'est le cas, ce matin encore, à la Une du FIGARO, qui s'alarme des nouvelles arrivées de migrants sur le sol européen : « Alerte rouge à la frontière franco-italienne » ... « Entre lundi et jeudi, près d'un millier de clandestins ont été interpellés dans la région de Nice. En conséquence, la police renforce le contrôle » , explique le quotidien. On notera l'emploi du terme « clandestin » . On les appelle « migrants » , lorsqu'ils se noient en Méditerranée, mais dès lors qu'ils s'en sortent, ils deviennent des « clandestins » ...

Lire, à ce propos, la passionnante enquête parue dans LE MONDE DIPLOMATIQUE, enquête menée en France et aux Etats-Unis sur la manière dont les médias parlent d'immigration : comment ils en parlent aujourd'hui, comment ils en parlaient il y a quarante ans...,« On a tendance à ne parler des immigrés que sous l'angle du fait divers ou du misérabilisme, à ne les voir que comme des agresseurs ou des victimes » écrivait, dans LE MONDE, le pertinent Robert Solé il y a bientôt trente ans. Force est de constater que la situation n'a pas changé. L'étranger émeut quand il se noie dans un naufrage. Il devient inquiétant quand il perturbe l'ordre public. Et le traitement de l'immigration se focalise, selon les médias ou les pages, soit sur les questions humanitaires, soit sur celles de sécurité...

Questions de sécurité, donc, à la Une du FIGARO, qui rapporte qu'une cinquantaine de passeurs ont été arrêtés. Questions humanitaires, quelques pages plus loin, toujours dans LE FIGARO, qui raconte le grand dénuement des migrants syriens échoués sur l'idyllique île grecque de Kos.

Et puis, dans LIBERATION, c'est l'extrême dénuement des nouveaux boat-people en Asie du Sud-Est. Refoulés pas tous, des bateaux de réfugiés, pour beaucoup des Rohingyas de Birmanie, dérivent aujourd'hui sans nourriture ni assistance. Ils sont des dizaines sur les bateaux, parfois des centaines, ils seraient même au total 8.000, et certains sont en mer depuis plus de deux mois... Le reportage est signé Arnaud Vaulerin, qui parle des « damnés de la mer » ... Premières victimes, donc : les Rohingyas, minorité persécutés depuis toujours en Birmanie et qu'aucun pays de la région ne veut aujourd'hui accueillir... Ils fuient non seulement les persécutions, mais aussi la misère et le trafic d'êtres humains...

Retour sur terre avec cet autre reportage, tout aussi glaçant : celui de d'Adéa Guillot dans LE MONDE. « En Macédoine, les réfugiés victimes du crime organisé » ... La reporter a suivi le parcours de réfugiés qui tentent de traverser la frontière entre la Grèce et la Macédoine. Ils sont victimes des passeurs, attaqués, dépouillés par des bandes, séquestrés, rançonnés. Ils sont à la merci de groupes criminels qui se disputent le contrôle du trafic de réfugiés. Et la situation ne cesse de s'aggraver, car désormais, la mafia albanophone installée en Macédoine se bat pour s'emparer du territoire. Elle est considérée comme la mafia la plus dure monde.

Dans la presse, on parle également de politiqu e. Les journaux reviennent notamment sur la discussion que Nicolas Sarkozy a menée hier sur le réseau Twitter avec des internautes. « Sarkozy tweete de tout et de rien » , titre LIBERATION, expliquant qu'il n'a pas répondu aux questions les plus gênantes et qu'il y a eu une foultitude de questions moqueuses – auxquelles l'ancien président n'a pas répondu non plus. Qu'importe, d'après ses conseillers, il a, en quelque sorte, fait le buzz et c'est ça l'essentiel.

Mais faire le buzz suffit-il vraiment ? Dans LE FIGARO, Jean-Pierre Raffarin explique qu'à ses yeux, la primaire à l'UMP « n'est pas encore pliée » ... D'ailleurs, doit-on dire « UMP » ou parler des « Républicains » . On sait que des voix se sont élevées, à gauche notamment – une plainte a même été déposée pour s'opposer à ce que l'UMP devienne « Les Républicains » ... Autre opposition, et c'est à lire ce matin dans LA DEPECHE DU MIDI : une famille du Sud-Ouest qui s'est associée à la plainte. Ils s'appellent monsieur et madame Républicain et refusent que leur patronyme nom devienne le nom d'un parti.

Dans LE MONDE, c'est le PS qui fait la Une. A l'approche du congrès du mois prochain, rencontre avec les militants du Parti Socialiste. Et ils sont de moins en moins nombreux, défections en séries... Certains ont bruyamment claqué la porte, d'autres sont partis plus discrètement... Et tous racontent leur déception... Commentaire de l'un d'entre eux : « A part les familles et les proches des élus, il ne reste plus grand monde » ...

Enfin, sur le site ATLANTICO, quel est article le plus lu de ces dernières 24 heures ? Réponse : l'article consacré la petite culotte de Sophie Marceau... Il y a dix ans, l'actrice, on s'en souvient, avait déjà fait sensation sur le tapis rouge du festival de Cannes : une bretelle de sa robe s'était détachée – oups, on avait alors pu admirer l'un de ses seins ; en l'occurrence, son sein gauche... Nouvelle sensation ce jeudi, au moment de la montée des marches : cette fois, c'est sa robe portefeuille en satin de soie blanche qui s'est largement ouverte – et oups, on a vu sa culotte... Une culotte couleur chair. « Coup de vent ou coup monté ? » , s'interroge le site, sans apporter la réponse, mais en nous offrant la photo... « L'a-t-elle fait exprès ? » : c'est, d'après LIBE, la question qui, hier, terrassait les festivaliers...

Sophie Marceau , dont on retrouve d'ailleurs une longue interview dans les pages de SOCIETY, qu'on évoquait déjà au début de cette revue de presse... Elle raconte notamment pourquoi elle a accepté d'être membre du jury du festival : pour le plaisir de voir des films... Elle parle aussi des acteurs avec lesquels elle a tournés. Gérard Depardieu ? « C'est un prédateur : il faut qu'il bouffe tout, et tout le monde. » Tom Cruise ? « Si vous le mettez sur un bateau et que vous tirez un feu d'artifice, il montera sur le mât pour qu'on le regarde lui, et pas le feu d'artifice. » C'est ce qui s'appelle avoir le sens de la formule... Un franc-parler qui lui a cependant joué des tours. Elle se souvient d'un tête-à-tête avec François Mitterrand, juste après l'inauguration de la pyramide du Louvre : « Je lui avais dit que je l'a trouvais très laide... Il m'avait répondu : on ne vous demande pas de penser, et surtout pas de dire ce que vous pensez... » On dira que Mitterrand avait, lui également, le sens de la formule... Allez, dernière question piochée dans l'interview : « Saviez-vous que Jean-François Copé se vante d'avoir failli être choisi pour jouer avec vous dans "La Boum", lorsqu'il était au lycée ? » Surprise de l'actrice : « J'ai failli jouer avec Copé ? » Puis réplique cinglante : « Peut-être que ça si Copé avait fini au cinéma, ça aurait rendu service à la politique... » Comme le chantait si bien Souchon, que ferait-on sans Sophie Marceau ?

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