Bonjour à tous… Plus belle la vie, quand malgré la crise et l’échec socialiste au congrès de Reims, on prend le temps de lire les journaux dominicaux ! Je m’y suis attelé dès potron-minet et ma joie de vivre et de participer à l’actualité est intacte. Il faut dire que les nouvelles formules du JOURNAL DU DIMANCHE et de SUD-OUEST sont particulièrement affriolantes. Même si LE MONDE, NICE MATIN et LE PARISIEN tiennent bon, face aux habits neufs de leurs concurrents. C’est ainsi que vous vous surprendrez peut-être à détailler comme moi, la photo des chefs d’Etat et de gouvernement du G20 reproduite ce matin en première page du PARISIEN. C’est la seconde prise, puisqu’il a fallu refaire la première, vu qu’on avait oublié Madame Kirchner, la jolie présidente de l’Argentine. Au centre du cliché, George Bush, décontracté entre le Japonais et le Brésilien Lula. Derrière lui, l’élégant Zapatero entre Angela Merkel, et un peu plus loin, le chef du gouvernement indien. Le roi d’Arabie est au premier rang, à côté de Nicolas Sarkozy, droit comme un I, et deux fois président, de l’Union Européenne et de notre pays. A l’extrême-droite, encore un Français : Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI. Un tel cliché donne à penser, même si le G20 devra remettre son plan anti-crise sur le métier au mois de mars prochain à Londres, et avec Barack Obama cette fois. En effet, la France qui doute, la France qui se plaint d’être devenue une puissance moyenne, se taille tout de même la part du lion dans la direction des organismes de régulation planétaire. Qui préside aujourd’hui l’Union Européenne ? Nicolas Sarkozy. Qui dirige le Fonds Monétaire International, appelé à jouer un grand rôle désormais ? DSK. Qui préside l’O.M.C ? Un Français, Pascal Lamy. Et qui préside à Francfort, la Banque Centrale Européenne ? Encore un de nos compatriotes, l’ancien gouverneur de la Banque de France : Jean-Claude Trichet. Bref, si nous ne sommes pas les rois du pétrole, nous participons fortement à la direction du monde. D’où cette question de Pierre-Antoine Delhommais : « Trichet-Sarkozy : à qui confier la régulation ? ». Et mon confrère du MONDE d’expliquer avec une pointe d’ironie. (…) « En apparence, tout va bien. Tout va même très bien… Jamais on n’avait vu les gouvernements et les banquiers centraux travailler dans une telle harmonie. Main dans la main. Oubliées les querelles, enterrées les polémiques, finies les petites phrases assassines. (…) Jean-Claude Trichet et Nicolas Sarkozy réussissent à parler plus de trois minutes l’un de l’autre, en privé, sans décocher de flèches empoisonnées. Ils parviennent, ce qui est plus sensationnel encore, à s’écouter et même à tomber d’accord sur les mesures de sauvetage à adopter. Trichet-Sarko, même combat. Mais ces sourires complices… ces accolades publiques… ces assauts d’amabilité ne doivent pas faire illusion. Contraints de s’entendre pour sauver les banques, dirigeants politiques et responsables monétaires se livrent une bataille au couteau pour tenter d’imposer leurs vues en matière de réorganisation du système financier international. Obligés d’écoper ensemble pour empêcher le bateau de couler, ils s’empoignent déjà pour savoir qui prendra la barre dès que la tempête se sera éloignée ». Bataille au couteau aussi, au congrès socialiste de Reims, où longue fut la nuit. SUD-OUEST DIMANCHE résume d’une phrase la situation : « Applaudie et sifflée, Ségolène fait face à ceux qui la contrent ». C’est la raisons sans doute, de la dureté de la photo de la candidate à la direction du PS qui paraît en première page du nouveau SUD-OUEST. Ségolène est plus souriante à la Une du JOURNAL DU DIMANCHE. Lequel JDD anticipe son succès au finish, avec cette question : « Qui peut l’arrêter ? » « Personne », répond Laure Adler qui a connu Ségolène à l’Elysée il y a vingt ans, dans l’entourage du président Mitterrand. « Ségolène, écrit-elle, a envie. C’est une femme de désirs, qui fonce, qui s’accroche, qui a des convictions. On sous-estime son instinct de révolte et la passion qu’elle prend à faire de la politique. Après sa défaite, qu’elle a du mal à réaliser, face à Sarkozy, elle a fait son autocritique et compris qu’elle ne pouvait jouer solo. Et en bonne mitterrandienne, elle sait qu’il y a des moments dans la vie où le pouvoir se conquiert à l’arraché, à condition de savoir fendre l’armure ». A la page voisine, un jeune quadragénaire qui incarne quant à lui, une ligne politique de gauche au Parti Socialiste. Benoît Hamon, surnommé « Obahama » est candidat face à Ségolène et déclare tout de go : « Je vais gagner ! » Encore eut-il fallu cette nuit, ou tout à l’heure, quand les héros fatigués vont se réveiller, que les partisans des contributions Aubry et Delanoë se prononcent en sa faveur et lui permettent d’obtenir une majorité. Selon une dépêche de l’AFP, le maire de Paris aurait proposé la solution Benoît Hamon. Solution repoussée semble-t-il, aux aurores par les amis de François Hollande et Pierre Moscovici. Mais la nuit porte conseil, et comme l’écrit Olivier Picard dans les DNA, « un congrès du PS, c’est une partie de cache-cache étalé sur trois jours ». Et mon confrère philosophe d’expliquer que tout devient clair si l’on veut bien considérer qu’il y a deux lignes politiques. Une alliance avec le centre de François Bayrou, ligne incarnée par Ségolène. Et l’autre, plus traditionnelle, d’un parti fermement ancré à gauche, qu’incarne Martine. « Ces deux femmes, salue l’éditorialiste des DNA, ont confronté hier leur style et leurs choix, avec un courage parallèle et inhabituel. Voilà qui modernise un peu les vieilles habitudes de la maison. Maintenant, si Ségolène et Martine ne s’entendent pas aujourd’hui, il y aura deux roses au PS : une femme et une femme, une majorité et une opposition. Est-ce vraiment un drame ? » Philippe Martinat partage dans LE PARISIEN, l’avis de son confrère alsacien. Il considère que deux femmes hors du commun ont donné à ce congrès de Reims, une ampleur spectaculaire. « Au moins, écrit-il, on ne pourra pas dire qu’il ne s’y est rien passé ». Juste en dessous de ce point de vue, un écho sur les lectures des congressistes. Hier, on a vu Ségolène lire son horoscope, signe Vierge, avec un certain plaisir : « Cœur : vos relations affectives sont fondées sur la confiance et la complicité. Forme : bon moral. Réussite : vous pouvez mettre un nouveau projet en route ». Naturellement, cet horoscope coïncidant du PARISIEN de samedi m’a conduit à rechercher celui d’aujourd’hui, dans le PARISIEN DIMANCHE. Et je lis, à la rubrique Vierge toujours : « Cœur : le début de la matinée risque d’être assez tendu. Réussite : étudiez très attentivement les propositions qui vous seront faites. Forme : faites un détartrage ». Pour ça, elle a un joli sourire, donc elle n’en a pas besoin. Quand je vous disais qu’il y a du plaisir dans l’info des bons journaux. Christian de Villeneuve le dit aussi en présentant la nouvelle maquette du JOURNAL DU DIMANCHE, claire et dense, avec des rubriques formidables, bien écrites et signées aujourd’hui Jean Miot, Frédéric Mitterrand, Roland Jourdain, Danièle Attali, sur L’élégance du hérisson , qui sera bientôt un film. Plus un portrait de Jean-Daniel Levitte par Claude Askolovich. Et Laurence Ferrari, naturelle en diable qui déclare : « J’en ai marre des attaques ». Et Pivot, qui raconte Littré le lexicologue… Avec ce trait…. Littré surpris lors de débats indécents avec une domestique, par son épouse : « -Monsieur, je suis surprise ! - Non Madame, répond le philologue, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris ! » Formidable. Je vous parlais de joie de vivre. Juste un mot. Henri Spade, un très grand nom de la télévision, est décédé à 87 ans. Il avait lancé une émission en 1952 La Joie de Vivre , présentée par Jacqueline Joubert. Emission formidable. Henri Spade était un ancien des Forces françaises libres. De la liberté à la joie de vivre, il n’y a qu’un pas.

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