Bonjour à tous, en ce samedi de vives controverses où l’on débat une fois de plus des lumières de la raison face aux mystères de la foi ! - Oui ou non, mardi dernier à Ratisbonne, le pape Benoît XVI a-t-il critiqué l’Islam et justifié du même coup, la colère qui saisit aujourd’hui les foules musulmanes du Caire à Islamabad ? Mais non, répondait hier à cette question le père Christophe Roucou, responsable catholique des relations avec l’Islam, interrogé par le journal « La Croix ». « Benoît XVI n’a fait que lancer un appel stimulant à la réflexion théologique. Son propos était avant tout une interrogation sur la foi et la raison et non pas sur l’Islam. » Soit, a répliqué le recteur Dalil Boubakeur, Président du Conseil français du Culte musulman, mais nombre de représentants de l’Islam, jugent malheureux, les propos du pape, lesquels méritent pour le moins une clarification. » La presse ce matin, semble vouloir adopter la même attitude, alors que le Vatican reste, lui, silencieux. Mais pourvu, pourvu, que les réflexions publiques de Benoît XVI ne soient pas utilisées par les fondamentalistes islamistes a déclaré avant-hier à Rome, un responsable musulman cité aujourd’hui dans la presse italienne, et repris ici par l’agence, France Presse, à Paris. Et ce responsable de la communauté pakistanaise en Italie, de reprocher au pape d’avoir oublié que « le berceau de la Science a été l’Islam, et que les philosophes grecs ont été traduits par des musulmans, avant d’entrer dans notre histoire européenne. » Aujourd’hui, a-t-il conclu, l’Islam traverse, c’est vrai, une crise profonde et toute attaque occidentale risque de l’aggraver. Nous payons encore le prix des Versets sataniques de Salman Ruschdie et des caricatures de Mahomet, publiées dans un journal Danois, c’est pourquoi je demande au pape de retirer ses paroles, même si, celles-ci se référaient à l’histoire ! Nous y voilà, avec dans un grand nombre de quotidiens ce matin, la reprise des phrases qui fâchent, dans tous vos journaux, propos d’un pape qui selon le sociologue Frédéric Lenoir, aurait commis une gaffe monumentale ! Frédéric Lenoir, dirige « Le Monde des religions », une publication dont le numéro de septembre est opportunément consacré au Coran, et il n’y va pas par quatre chemins, quand il dit ce matin dans les colonnes au Parisien : « Que voulez-vous, Benoît XVI a une obsession : rappeler aux Européens, leurs racines chrétiennes. Il n’a de cesse de démontrer les liens entre le christianisme et la raison, pour prouver sa compatibilité, avec une modernité pacifique. C’était ça, son sujet de mardi dernier à Ratisbonne face à des théologiens. Et c’est pour cela qu’il a fourni un contre-exemple, l’Islam, en puisant ses références chez un auteur byzantin du XIVème siècle. Le problème, conclut le Directeur du « Monde des religions », c’est qu’en rappelant ces souvenirs de la guerre sainte des Chrétiens contre les Ottomans, Benoît XVI a choisi les phrases les plus critiques, celles qui font de l’Islam une religion guerrière ! » Et voilà qui nous ramène au cœur du procès fait à Benoît XVI, par les musulmans en colère, et une partie de la presse française. Procès byzantin diront les uns, querelle d’allemands diront plus cruellement les autres. Encore peut-on, avec Le Figaro, le Parisien, Libération, Le Monde, relire très précisément ce samedi ce qu’a dit mardi Benoît XVI, à propos de ce Manuel II Paléologue, empereur de Byzance, dont j’ignorais pour ma part, jusqu’à l’existence ! Mais il n’est jamais trop tard pour s’informer… c’est donc en 1391, ce qui ne nous rajeunit pas beaucoup, que la septième controverse, opposa l’empereur chrétien de Constantinople à un érudit persan… « Montre-moi donc, lui dit Manuel II Paléologue, ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait. » Et commentaire de Benoît XVI repris aujourd’hui par Le Figaro : « L’empereur explique là-dessus pourquoi il est absurde de diffuser la foi par la violence, contraire à la nature de Dieu. (…) La phrase décisive dans cette argumentation contre la conversion forcée est la suivante : agir de manière déraisonnable est pour les chrétiens, contraire à Dieu. (…) En revanche, pour la doctrine musulmane, (…) la volonté divine n’est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison, avec un grand R. » Et vlan ! D’où les réactions et pas seulement celles des musulmans et des responsables musulmans… Voyez, dans Le Parisien celle de Jean-Baptiste Venditti… qui écrit : « A deux mois de son voyage en Turquie, et alors qu’il n’a pas rencontré de musulmans lors de son déplacement ces jours-ci en Allemagne, dans un contexte international de tensions exacerbées par le terrorisme de matrice religieuse, de tels propos du pape ne peuvent que susciter l’étonnement, au point de se demander si, au risque de défaire des années d’efforts pour le dialogue entre les enfants d’Abraham, son intention n’est pas de faire sortir de l’ombre les ramifications de l’Islam les plus réticentes à condamner fermement la violence. Au risque de braquer les modérés en donnant le sentiment d’alimenter la logique d’un conflit des civilisations. Voyez aussi, l’éditorial du Monde qui juge que Benoît XVI est plus théologien que politique. Bref, qu’il est maladroit, même quand il considère que l’Islam, n’a jamais pu faire sa critique interne, et s’est donc mal préparé à la modernité, au point d’être, sous nos yeux, perméable à la violence fanatique. Ce qui n’empêche pas l’éditorialiste du Monde de comprendre l’attitude de Benoît XVI quand il conclut en ces termes… « Mais Benoît XVI n’entend pas dialoguer à la manière de Jean-Paul II, champion des assemblées de prière comme à Assise, en Italie. Il mesure mieux les impasses : absence d’interlocuteurs représentatifs, dialogue théologique impossible, perpétuation de pratiques qu’aucune réflexion critique ne vient contredire – apostasie et blasphème condamnés à mort, ou interdiction de tout culte minoritaire dans certains pays musulmans, en Arabie saoudite, par exemple. En outre, poursuit Le Monde, le chef de l’Eglise catholique ne peut rester sans réaction devant la situation des chrétiens en terre d’islam : en Turquie, trois prêtres ont été tués depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, tandis qu’au Pakistan ou au Nigeria on brûle des églises. Autant de réalités et de violences que les responsables de l’islam ne peuvent ni ignorer ni occulter. Quant au dialogue entre les religions, ajoute Le Monde, il serait évidemment plus fructueux si les responsables musulmans plus modérés ne laissaient le champ libre aux islamistes fondamentalistes. De ce côté-là, aussi, une clarification est nécessaire. Benoît XVI a lié l’Islam et la violence… quelle erreur à l’heure de la communication planétaire, déplore aussi L’Indépendant de Perpignan. C’est maladroit, renchérit Pierre Taribo dans l’Est Républicain de Nancy. Lequel écrit que : « on prenait Benoît XVI pour un pape ennuyeux, il fait bouillonner la planète aujourd’hui. C’est un pape faillible, préfère titrer le Guardian, au pays des anglicans. Mais s’il fallait une médiation, je vous propose celle-ci, que j’ai trouvée chez l’écrivain israélien Amoz Oz. Un jour à Jérusalem, il y a un quidam attablé, à la terrasse d’un café. Il voit arriver un mystérieux interlocuteur. Alors, il lui offre un verre, et s’aperçoit que le voyageur n’est autre que Dieu, Dieu en personne. D’où sa question, au divin maître… Dites-moi, camarade Dieu, ici à Jérusalem, qui vous célèbre le mieux… des juifs, des chrétiens ou des musulmans… - Oh, vous savez dit Dieu, moi, je ne m’occupe pas des religions. Je me soucie des hommes. Et je m’aperçois que je n’ai rien dit, de la controverse socialiste, ce soir, à Lens entre les grands candidats… éventuels… Monsieur Fabius… Monsieur Hollande, Monsieur Lang, Madame Royal, Monsieur Strauss Kahn… Vous voyez j’ai suivi l’ordre alphabétique, en oubliant… J comme Jospin… J’y pense, et puis j’oublie… c’est d’ailleurs le titre de la magnifique chronique, d’Alain Rémond, dans Marianne… J’y reviendrai demain matin.

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