Bonjour à tous. « Encore des mots… Toujours des mots… des mots magiques… des mots tactiques… qui sonnent faux ! Caramels, bonbons et chocolats, tu peux bien les offrir à une autre… »… etc On a tous chanté ça et répété, paroles, paroles, avec Delon et Dalida, pour mieux mettre en doute la sincérité des politiques ou les faux serments des amants. Il n’y a pas d’amour, mais des preuves d’amour, disait Cocteau… et qu’il s’agisse du rugby ou de Nicolas Sarkozy, les journaux dominicaux demandent tous la même chose : des preuves, des actes, et pas seulement des paroles que l’on sème au vent. LE JOURNAL DU DIMANCHE ouvre le ban, avec en première page, une photo du président de la République, en mouvement, dossiers sous le bras, ainsi légendée… « Nicolas Sarkozy prononcera mardi et mercredi, deux discours très attendus… Il s’apprête à annoncer de grands changements, après avoir reçu les syndicats en urgence". C’est fait depuis hier, pour François Chérèque de la CFDT, et Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière. Bernard Thibault, mobilisé à La Courneuve, par la Fête de L’Humanité, sera reçu avant mardi. « J’ai l’impression, a déjà prévenu le leader de la CGT, que le président de la République ne va pas se limiter à la question des retraites. La tonalité de son discours mardi, pourrait bien avoir un impact réel sur le climat social des prochains jours ». Ce propos de Bernard Thibault figure un encadré dans la page politique du JOURNAL DU DIMANCHE, avec en rappel, ce que le numéro un de la CGT avait déclaré sur « France Inter »… Attention, si on nous demande trop, il y aura mobilisation. Il peut même y avoir du sport ! Paroles… paroles… annonce d’automne chaud, ou simple retiens-moi. Florence Muracciole et Benoist Simmat, mes confrères, ne se prononcent pas. Mais ils soulignent l’accélération du rythme qu’impose Nicolas Sarkozy au début d’une semaine marathon, qui le voit croiser le fer avec le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, et avec Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne. On le sait, le président veut de la croissance. 3% en 2008, alors que les experts prévoient un gros point de moins, et que la Banque Centrale Européenne poursuit sa lutte contre l’inflation, et refuse une baisse du loyer de l’argent. Pas d’argent, pas de Suisse… Entendez, par d’argent bon marché, pas d’investissement et pas de croissance. Le débat engagé est là. Nicolas Sarkozy voudrait se servir de la monnaie comme les Américains, pour défendre l’économie française, mais si la banque fédérale joue avec la Maison Blanche, ce n’est pas le cas de la Banque Centrale Européenne. Lisez sur ce point, l’entretien avec Nicolas Sarkozy, que publie LE MONDE, ce week-end. Entretien accordé dans l’avion qui ramenait hier le président français, de retour de Budapest, et dans lequel il critiquait l’inertie de la banque européenne, et la nécessité pour lui d’aller chercher un point de croissance avec les dents. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, interrogé à ce sujet, s’est gardé de chanter « Paroles, paroles » mais n’a pas craint de se gausser de la pugnacité française… en jugeant que les propos de Nicolas Sarkozy, recueillis dans un avion… avaient été – je cite – tenus en l’air. Encore faut-il y regarder de plus près. En page 8 du MONDE, Arnaud Leparmentier, l’intervieweur du président, a détaché quelques phrases prononcées par le chef de l’Etat, de retour de Hongrie. 1 – « Je dis aux Européens, réveillez-vous, réveillez-vous. Trop de grands pays n’ont pas été à la hauteur de leurs responsabilités. Pas d’imagination, pas d’énergie. Il faut remettre l’Europe en mouvement. » Deuxième argument plus général du président qui oublie nos déficits, et le paquet fiscal de ses premiers jours à l’Elysée… « Dans mon métier, dit-il, je ne suis pas dans un rapport de séduction, ni avec les journalistes, ni avec les chefs d’Etat. J’ai passé l’âge, quoi qu’en pense Yasmina Reza ». Une romancière de grand talent qui a écrit un roman. Et là-dessus, Nicolas Sarkozy de conclure sur sa démarche : « Je suis livre. Je n’ai pas le sentiment d’être enfermé. Je n’ai pas peur de me couper. J’essaie de créer un mouvement, à partir des informations qui me remontent ». Dans la même édition du MONDE, décidément très riche…. Un décryptage intitulé « La communication politique expliquée aux Français » Raphaëlle Bacqué a eu la bonne idée d’interviewer Alastair Campbell, l’ancien communicant de Tony Blair. Et il donne ses recettes, appliquées par le Premier ministre britannique, dix ans avant Sarkozy. 1) on martèle le message 2) on parle de problèmes concrets 3) on nourrit quotidiennement la machine médiatique pour qu’elle vous laisse gouverner tranquille. « Ce que nous avions intégré avec Tony Blair, révèle M. Campbell… c’est que notre seul interlocuteur est l’opinion publique… pas les médias, pas le parti ». Seulement voilà, on le sait aussi, dans l’opposition syndicale et politique, c’est pourquoi on s’efforce de vivre le train imposé par Nicolas Sarkozy. Voyez Marie-George Buffet, à la Fête de L’Humanité. Voyez dans LE JOURNAL DU DIMANCHE d’aujourd’hui, le socialiste Pierre Moscovici, qui considère que M. Sarkozy prend ses désirs pour des réalités… et rêve éveillé. Voyez enfin l’association RDT (Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision) qui annonce page 17 du MONDE, qu’elle organisera le 30 novembre prochain, une journée sans Sarkozy à la télévision… afin d’échapper – je cite – à l’omnisarkozysme. Paroles, paroles… Caramels, bonbons et chocolat, par moments, je ne te comprends pas. Jean-Claude Guillebaud s’interroge lui aussi, dans LE NOUVEL OBSERVATEUR, sur le trop-plein de mots des télés et des radios. « A trop discourir, écrit-il, on dévalue la parole aussi sûrement que trop d’éloquence finit par gâter le langage ». Peut-on gouverner sans laconisme, demande mon confrère, qui n’oublie pas cependant, que parler, c’est gouverner… et presque agir, en invitant à l’action. L’action de tous, c’est aussi là-dessus que réfléchit François d’Orcival dans le FIGARO MAGAZINE. A propos du fameux point de croissance… qui nous manque. "Pour avoir son point de croissance supplémentaire, le président de la République voudrait-il voir créer 2.000 PME de plus à 500 salariés. Pourquoi la France ne les a-t-elle pas ? "Le pays a besoin d'une cure de modernité intensive", dit justement le chef de l'Etat. Au coeur de tout : le travail, le Français passe 48% de son temps de vie au travail, l'Anglais 58%, le Danois 60%. Ne parlons pas des Américains ou des Aisatiques. Le diagnostic est connu : les Français ne sont pas incités à travailler, non seulement par la législation, mais surtout parce que l'Etat leur en prend trop ; six mois et demi par an en moyenne (total des prélèvements obligatoires). Paroles... paroles... avant le match de ce soir, France-Namibie, ce sera dit, dit SUD-OUEST, le match du rachat. L'heure de la révolte... s'exclame L'Equipe, en insistant, les Bleus doivent gagner. Et tandis que LE PARISIEN... s'écrie : Laporte en première ligne... avant de consacrer deux pages, au futur secrétaire d'Etat, un homme hors norme qui sent le soufre.

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