Bonjour à tous… Ciel interdit, routes encombrées, trains bondés, viennent gâcher ce qui devait être un beau week-end printanier ! La presse compatit aux tourments des vacanciers dérangés dans leurs projets de mobilité, avec des titres réservés d’ordinaire aux conflits sociaux de grande ampleur. La NOUVELLE REPUBLIQUE fait sa manchette sur « ce samedi noir, de chassé-croisé difficile ». PRESSE-OCEAN et OUEST-FRANCE évoquent de la même façon « un week-end galère ». Jusqu’au muguet du 1er mai qui se ferait désirer, selon le journal de Nantes. « Week-end terrible, de ciel noir sur les transports » renchérit à Marseille, le journal La PROVENCE. « Et voici la grande pagaille », titrent ensemble, le PARISIEN AUJOURD’HUI et PARIS-NORMANDIE. « Avions, trains, autos… le grand bazar », s’afflige la DEPECHE de Toulouse, tandis que les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, le journal l’ALSACE de Mulhouse et le BIEN PUBLIC de Dijon, mettent l’accent sur l’Europe, privée d’avions. Dans le Nord/Pas-de-Calais, on régionalise davantage la galère, en titrant sur les 8.000 Nordistes, candidats au départ, coincés, et sur les 15.000 qui sont à l’étranger sans pouvoir revenir. Nordistes bloqués… quelles solutions trouver demande ainsi en manchette le journal NORD-ECLAIR. François Fillon doit tenter ce matin avec les ministres concernés, de trouver la parade à l’Hôtel Matignon, mais ni FRANCE SOIR, ni le JOURNAL du DIMANCHE n’espèrent qu’un miracle sortira de cette réunion. Pour FRANCE-SOIR, la grande pagaille va durer plusieurs jours. Et pour le JOURNAL du DIMANCHE, le ciel européen risque fort d’être durablement perturbé. Ce qui ne semble pas trop émouvoir LIBERATION, passionné aujourd’hui par l’attaque du philosophe Michel Onfray contre Sigmund Freud, le père de la psychanalyse. « Onfray tue le père Freud », s’émeut LIBERATION avant de donner la parole à Elisabeth Roudinesco, l’historienne freudienne, qui rappelle que Sigmund en a vu d’autres. Onfray, dit-elle, veut nuire et réhabiliter un discours d’extrême droite. Quatre pleines pages sur le sujet et un éditorial de Laurent Joffrin, de quoi tuer intelligemment le temps dans les embouteillages ce matin ou en attendant son train pour les paysages azuréens. On peut aussi, si l’on n’a pas choisi de passer le week-end à paris (April in Paris) (I never knew the charm of spring) profiter du dossier très documenté du FIGARO sur l’Europe dans l’incertitude face à l’éruption du volcan islandais. Quatre pages très complètes, très bien faites, pour ne pas mourir idiot et attendre un nuage comme les Français de la Révolution ont attendu des brigands qui ne sont jamais venus. Vous lirez aussi dans le Figaro : 1. Que les Islandais, habitués au phénomène, sont sereins. Secundo : que la Suède, la Norvège et l’Islande ont rouvert leur espace aérien, hier, sans exclure cependant de nouvelles mesures. Tertio : Que le nuage de glace et de cilice progresse vers l’Europe centrale… Ce qui n’empêche pas les experts et les politiques d’être (le FIGARO dixit) dans l’incertitude. J’avoue aussi que la page 3 du FIGARO mérite votre attention, si vous êtes familier des voyages en avion. Fabrice Amedeo y répond en effet à la question « que doit faire un équipage pris dans un nuage de cendres volcaniques ». Et mon confrère d’illustrer son propos de l’histoire édifiante de ce pilote héroïque de British Airways qui s’est retrouvé, au début des années 80, dans un ciel de cendres, après l’éruption d’un volcan indonésien. L’homme s’appelle Eric Moody, il a raconté jeudi à Sky News, ce que furent les quinze minutes qui précédèrent son atterrissage d’urgence. « C’était effrayant », dit-il, « tous les moteurs de mon quadro réacteur se sont arrêtés. Impossible de savoir ce qui se passait. Je me souviens du message que j’ai adressé à mes passagers : « Mesdames et messieurs, c’est votre capitaine qui vous parle. Nous avons un petit problème. Les quatre moteurs de l’avion se sont arrêtés. Nous faisons tout notre possible pour en reprendre le contrôle. J’espère que vous n’êtes pas trop inquiets ». Et voici la suite racontée page 3 du FIGARO : « L’avion a vite perdu énormément d’altitude et s’est trouvé contraint de tenter un atterrissage d’urgence près de Djakarta. Un pari fou du fait des nombreuses montagnes présentes dans cette région de l’Indonésie. Eric Moody parvient malgré tout à éviter les obstacles et à poser son appareil en aveugle du fait des cendres qui avaient complètement dépoli le pare-brise de l’appareil. Le commandant de bord et son équipage apprendront quelques heures plus tard que cet accident était lié à un nuage de cendres volcaniques. Aucune mesure n’avait été prise pour informer les avions croisant au-dessus de la zone de l’éruption ou amenés à traverser son nuage de cendres. Eric Moody est aujourd’hui l’un des rares témoins d’un phénomène qui peut être fatal aux aéronefs mais qui a toujours su être évité ». Peut-on éviter les propos anti-maghrébin, antisémite, anti-féministe, homophobe. LIBERATION et le FIGARO racontent par le menu ce que fut hier, le réquisitoire prononcé contre le Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Le Parquet n’a requis aucune peine contre lui, jugeant ses propos de nature privée, mais a considéré que le délit d’injure raciale était constitué. L’avocat du MRAP et des associations antiracistes plaignantes, affirmant que les bonnes blagues, sur le petit arabe de service, ça tue. La philosophe Chantal Delsol fait un pas de plus dans le FIGARO en évoquant certains rires diffusés par certains médias, sans que cela écoeure qui que ce soit ! Et elle interroge, sur, je cite, le seul pouvoir sans contre-pouvoir et selon elle l’absence de déontologie qui permet à la classe médiatique de rire de tour, avec n’importe qui. Il faut bien comprendre ce qu’un journaliste tient entre ses mains : l’honneur et la réputation de ses concitoyens. De par ses fonctions, il ne peut ni les juger, ni les contraindre par corps, ni leur imposer des lois. Mais il peut salir leur image publique, et même les tuer symboliquement. Pouvoir immense, si l’on songe que pour tout un chacun, l’honneur – ou l’image de sa propre dignité – représente probablement le bien le plus précieux, parfois plus encore que la vie même… Pour finir Pierre Desproges disait ceci : « J’adhérerai à SOS-Racisme quand ils mettront un S à Racisme. Il y a des racistes noirs, arabes, juifs, chinois, et même des ocre-crème et des anthracite-argenté. Mais à SOS-Machin, ils ne fustigent que le Berrichon de base ou le Parisien-baguette. C’est sectaire. Mais attention, faut pas me prendre pour un suppôt de Le Pen sous prétexte que je suis contre tous les racismes. Je serais plutôt dégagé qu’engagé, en tant qu’artiste. Mes combats humanistes, je les mène dans le privé. J’ai pas de message, pas de credo, pas d’espoir, pas de colère. Je suis très content de tout ce qui se passe dans le monde. Je n’ai personne à convaincre. Je n’aime pas la chaleur humaine. Et puis j’ai sommeil ».

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