Bonjour à tous… Small is beautiful, et comme l’on dit ici : tout ce qui est petit est gentil ! - Gentil, le micro-crédit du Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus, aux yeux de Jacques Chirac et de Jacques Attali. - Gentilles aussi, les micro-réunions de quartier proposées hier par Ségolène Royal, aux cadres de son parti, réunis à Paris. - Les Guignols de l’info et les journaux satiriques du mercredi, ne vont pas manquer de se saisir de la dépêche de l’agence AP, publiée aujourd’hui dès potron-minet, et où je lis ceci : « Lors d’un séminaire de travail du Parti socialiste, à la Défense, dans les Hauts-de-Seine, Madame Royal a donné le coup d’envoi de l’organisation des débats participatifs qui serviront à élaborer son projet présidentiel. « Il faut que ce soit ludique, a-t-elle dit, pas trop lourd, pas trop empesé. Il faut que ce soit gai et qu’il y ait de la convivialité. Il faut mettre de la culture, de la poésie et ne pas hésiter pour cela à faire intervenir des intermittents du spectacle… Cherchez des lieux sympathiques, pour que les gens aient du bonheur à se retrouver ensemble. » Et voici la suite de la dépêche, consacrée à la dose de gaieté que la candidate socialiste veut mettre dans la campagne. « Pour attirer, a-t-elle dit, dans nos débats des Français qui ne sont jamais venus à nos réunions : inventez des produits, comme certains ont commencé de le faire. Utilisez des bouteilles avec des étiquettes Ségolène, des petits badges, des petits nœuds dans les cheveux pour les enfants, a-t-elle conseillé en riant, avant d’expliquer : « l’idée, c’est que nos débats puissent se démultiplier, en mille petites micro-réunions de quartiers. Dans les rues, dans les bistrots, dans les appartements. Il faut aller dans des endroits inhabituels, là où se retrouvent les gens. Il peut y avoir des tentes itinérantes, pour aller dans les quartiers populaires. » Enfin, a-t-elle ajouté : « Ecoutez attentivement, les mots que disent les gens, à côté de vous, dans votre famille, chez vos voisins, chez les commerçants, notez-les, parce que là est la vérité de ce que les gens pensent ». Et Madame Royal d’observer que son slogan provisoire : « Pour que ça change fort est la phrase qu’elle entend le plus souvent, partout, dans le train, dans la rue. » Notre campagne doit être sérieuse, joueuse, belle, créative, imaginative et gagnante, a-t-elle conclu, applaudie par les cadres de son parti, debout dans la salle. Et chacun est reparti, avec un petit kit participatif, une petite boîte « tupper ware » contenant un diaporama sur DVD, et un carnet à spirales pour tout noter, des désirs d’avenir des Français. » Fin de citation de la dépêche AP ce matin. Poésie, culture, gaieté, mon cher Pierre Weill, cela devrait vous aller, aussi bien qu’à Jean-Pierre Raffarin, qui répondra tout à l’heure, aux questions de Roland Mihaïl. En revanche, les petits nœuds Ségolène dans les cheveux de nos enfants, même en cette période de fêtes de Noël et du Jour de l’An, ne nous semble pas forcément gratifiant. Encore faut-il noter ce matin d’autres innovations dans la manière de communiquer des candidats à l’Elysée. Le Guardian de Manchester consacre aujourd’hui un article à la dynastie Le Pen : le père, la fille et la jeune fille de couleur placée à côté du leader du Front national, sur ses affiches 2006 et donc 2007. Georges Marc Benamou, revient lui aussi, dans sa chronique de Nice-Matin, sur ce qu’il appelle un Le Pen-new-look, gentil lui aussi, et il écrit : « Voici la jeune fille colorée des affiches du nouveau Le Pen. Les médias appellent ça du marketing… Or, aujourd’hui, comme les médias s’ennuient, et qu’il ne se passe rien… Ils se ruent sur ce Le Pen-là, et s’extasient de la nouveauté, sans recul, sans analyse… et l’info passe en boucle durant 24 heures. » C’était mercredi dernier. Et le chroniqueur de Nice-Matin, d’interroger : « Est-ce cela l’information audiovisuelle en temps de campagne ? Des bandes annonces. Encore et toujours des bandes annonces. Les Guignols de l’Info, sur Canal +, n’ont d’ailleurs pas loupé le nouveau Le Pen, sa marionnette parle verlan et fréquente la « caille-ra » (la racaille), avec son pote Dieudonné… Fin de citation. Georges Marc Benamou, n’est pas plus tendre, il faut le noter, pour ce qu’il appelle le cinéma de MAM. Y va… Y va pas… écrit-il, avant d’affirmer, je le cite encore : Michèle Alliot-Marie frise le ridicule en exigeant de Raffarin d’être la covedette des débats de l’UMP mais en refusant de se déclarer candidate. En vérité, elle fait un tour de piste. Elle flaire, elle renifle, elle scrute le possible fléchissement de Sarkozy pour éventuellement foncer au mois de janvier. La fenêtre de tir sera courte avant la désignation officielle, le 14 janvier précisément. Mais on le voit, conclut le chroniqueur de Nice-Matin, à travers elle, les chiraco-villepinistes n’ont pas renoncé… Jean-Luc Parodi, dans Le Journal du Dimanche le croit lui aussi, quand il écrit que petit à petit, millimètre par millimètre, l’exécutif, remonte la pente. Et la preuve, selon le fondateur de la fondation nationale des Sciences politiques, c’est ce dernier sondage de l’IFOP qui enregistre une petite hausse de popularité à 38% de satisfaits… pour Jacques Chirac, et pour Dominique de Villepin. Dans la foulée, le même Journal du Dimanche relève à sa rubrique civisme que les jeunes électeurs, s’inscrivent en masse, pour pouvoir voter en 2007. Le Journal du Dimanche note enfin, dans ses pages Société, que l’affaire Clearstream n’est pas terminée. La preuve, Nicolas Sarkozy va porter plainte contre l’informaticien Imad Lahoud, avant, avant l’audition de Dominique de Villepin. Méfions-nous… méfions-nous commente là-dessus sagement dans l’hebdomadaire Marianne, Jean-François Kahn… Méfions-nous dit-il des sondages mirobolants, qui promettent à celui-ci, à droite, 34% des suffrages, et à celle-là, à gauche tout autant. Car, ajoute Jean-François Kahn, pendant qu’on s’amuse avec ça, Le Pen ronge et grignote l’espace du consensus démocratique… Gare aux électeurs… A être traités comme des chiens, certains, hélas ne votent plus. Ils mordent ou ils crachent. Et Jean-François Kahn … de faire là-dessus son marketing à lui, à sa façon, en proposant à ses lecteurs, un numéro de Marianne 100 % garanti, sans Ségolène, et sans Sarkozy… Alors explication selon le fondateur de Marianne : La médiacratie aurait choisi : lui comme président et elle comme challenger parce que, hélas, il en faut un, ou une. Je dis lui ou elle, vous avez deviné, parce que justement Jean-François Kahn ne veut pas noter leurs noms. Il en parle quand même. Et il écrit en conclusion de son éditorial fracassant : « Nous à Marianne, nous n’écrivons pas, comme Le Monde, que Sarkoy est responsable, alors il ne met pas Sarkozy, il écrit « il », parce qu’il ne veut pas dire Sarkozy, parce qu’il a décomplexé la droite, de la montée de l’extrême droite, parce que nous pensons que ce n’est pas vrai. Mais nous écrivons en revanche, que son agressivité partisane aggrave et exacerbe toutes les fractures de la société, parce que nous pensons que c’est vrai. Et puis quoi ? conclut Jean-François Kahn, il est le sauveur ? Il faut l’admettre ? Mais pour ça, vous avez le groupe Hachette, le groupe Bolloré, le groupe Bernard Arnault, TF1, Le Figaro, L’Express, Le Point, Le Parisien, la Tribune, Paris Match, le JDD, Alain Duhamel, Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Michel Apathie, Arlette Chabot, Jean-Marc Sylvestre, Valeurs actuelles, 80% des patrons de grands médias, l’essentiel des journaux régionaux, et tout le saint-frusquin. Il en faut un de plus ? Une ultime remarque, toujours de Jean-François Kahn : régulièrement une lectrice ou un lecteur de Marianne nous explique que nous sommes « formidables » mais que, compte tenu de ce que nous avons écrit sur la pêche au thon, la taxe sur le tabac, la situation au Bangladesh, ou les avantages des salariés de la Banque de France, avec quoi ils sont en désaccord complet, ils ne nous liront plus. Il dit : On s’en fout… Soyons clairs : de toute façon, si un lecteur attend de son journal qu’il n’écrive que ce que lui-même pense, qu’il ne le dérange jamais dans ses certitudes, que son propre corporatisme ne soit jamais bousculé, alors certes qu’il ne nous lise plus. La vraie indépendance, la vraie liberté implique aussi le droit, de temps en temps, de vous déplaire. Et j’en aurai fini quand je vous aurais dit que la manchette du Journal du Dimanche est formidable et surprenante : Un monde sans pauvres ? Point d’interrogation. Explications au dessus d’une photo de Jacques Chirac et de Mohamed Yunus et aussi de Jacques Attali. Le banquier des défavorisés, prix Nobel de la paix a été reçu en grandes pompes hier par le président de la République. La France aussi applique ces préceptes et veut les appliquer. Interview du prix Nobel de la paix et rappel des propositions de Jacques Chirac qui les fera au prochain Sommet des 8. Et puis alors, le titre surprenant du Monde aussi, dimanche 17, lundi 18 décembre. Pas à propos des pauvres mais à propos des riches. Je lis : le cas Halliday rouvre le débat sur l’imposition du patrimoine. Et Le Monde de titrer en première page, je n’avais jamais vu ça. Exil fiscal, Chirac critique le départ du chanteur. C’est un grand débat…Travailler au pays et payer aussi au pays.

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