Imaginons : nous sommes en 2040.

Chronique signée Robert Solé dans l’hebdomadaire LE UN. Nous sommes en 2040, et quel est donc le principal souci des autorités ?

C’est la dépendance au smartphone. Toutes les enquêtes l’ont confirmé : l’utilisation compulsive de cet appareil porte atteinte à la santé des individus. C’est même devenu l’une des premières causes de mortalité prématurées. Une taxe anti-dépendance a été mise en place. Taxe augmentée à trois reprises. Mais sans réussir à faire baisser les ventes. Pas plus de succès pour le patch anti-smartphone proposé dans les pharmacies. Quant au ‘smartophage’, machine de substitution disposant d’un clavier mais ne permettant pas d’appeler, il ne fut adopté que par une minorité de consommateurs. Nous sommes en 2040, et les campagnes de sensibilisation n’ont eu aucun effet. « Puisqu’il est établi que le smartphone tue, je l’interdirai », avait promis un candidat à l’élection présidentielle de 2037. Mais ce propos extrémiste avait beaucoup choqué, y compris dans son propre camp. Il s’agit donc d’une chronique d’anticipation, dans un numéro entièrement consacré à cette addiction qui touche de plus en plus de monde : « Jamais sans mon smartphone » - c’est le titre à la Une.

Témoignage d’une enseignante d’un collège d’Aubervilliers : elle décrit des élèves totalement accros.

« Lorsqu’il arrive que je confisque un portable, l’enfant martyr est prêt à tous les compromis »

« Punitions, heures de colles, ce que vous voulez madame, mais pas mon téléphone, parce que sans, je vais faire comment ? » Sous-entendu : comment se réveiller sans son alarme préprogrammée, comment s’habiller sans avoir préalablement consulté une appli météo, comment marcher jusqu’au collège sans sa playlist musicale dans les oreilles, comment apprécier les moments entre copains sans les prendre en photo ? « Madame, je vous jure, mon portable, c’est ma vie ! »

Lire aussi l’analyse du philosophe Pierre Zaoui

En philosophie, écrit-il, « l’aliénation se définit par le fait d’être en vérité possédé par l’objet que l’on croit posséder ». Or, poursuit-il, « Il est assez facile de remarquer si l’on devient dépendant de son téléphone : quand on commence à le manipuler sans savoir d’avance à quelle fin spécifique l’utiliser, ou bien quand on commence à le consulter en plein repas de famille, alors même que quelqu’un est en train de nous parler… » Et l’on oublie souvent qu’il existe une petite touche sur laquelle il est facile d’appuyer : la touche où il est écrit ‘off’.

L’an dernier, en France, 20 millions de smartphones ont été vendus, et chacun consulte le sien en moyenne 200 fois par jours.

« On peut déclarer sa flamme par SMS, rompre par SMS, ou licencier un salarié, et peut-être, bientôt voter » Jean Viard, sociologue

Il voit dans le smartphone l’objet culte de notre époque. Un objet qui, du reste, est également une arme. « Un instrument au service des actions terroristes, et un outil nouveau pour faire la guerre quand, à Alep ou Mossoul, les soldats communiquent avec les survivants cachés dans les ruines. Et puis, à l’arrivée de chaque groupe de prisonniers, on vérifie les derniers appels pour savoir de quel camp ils sont. Il ne faut jamais oublier, conclue-t-il, que le smartphone a une mémoire infaillible. » Passionnant dossier, et c’est donc à lire dans LE UN.

Nous évoquions, Mossoul, nous évoquions Alep : il en est également question dans la presse quotidienne.

Mossoul, c’est à la Une du FIGARO : « Donald Trump peut-il sortir l'Amérique du piège irakien ? » Cinq ans après le départ d'Irak des forces américaines, les Etats-Unis sont toujours engagés dans la bataille de Mossoul, et, selon le journal, le dossier irakien, qui a déjà empoisonné deux présidences américaines, risque encore d'encombrer longtemps le Bureau ovale de Donald Trump. Et puis, il y a, depuis huit jours, les nouveaux soupçons qui pèsent sur son élection. « USA / RUSSIE : une cyber-guerre froide » : l'expression est à lire dans LA DEPECHE DU DIMANCHE. D'après Washington, Moscou a mené des cyberattaques afin de favoriser la victoire de Donald Trump. Pour la Russie, il s’agit là d’accusations « indécentes », mais hier soir, Barack Obama a promis des représailles – « Les USA voient rouge », commente L'INDEPENDANT, tandis que OUEST FRANCE évoque une « une fâcherie entre Obama et Poutine ".

Alep, c’est à lire dans le MONDE, avec la photo d'un vieil homme qui pleure à la Une du journal.

Il sort la tête de la fenêtre d'un bus, et tend la main vers un plus jeune. Grande photo sous ce titre : « Adieu Alep », tout simplement… Et le quotidien de décrire l'évacuation des 50.000 habitants de la partie est de la ville syrienne. Une évacuation qui a commencé jeudi. Mais dès hier, elle a été suspendue par le régime, et le piège s'est une nouvelle fois refermé, note LIBERATION, qui tente, ce matin, de démêler le vrai du faux dans tout ce que l'on peut dire et entendre sur la guerre… Démêler entre infos et intox, pointer les manipulations – et en premier lieu celles de Bachar Al-Assad et de la Russie…

Les rebelles d’Alep sont-ils des terroristes ?

Il y a des djihadistes, oui, mais ils sont très minoritaires. Poutine et Al-Assad luttent-ils contre le groupe Etat Islamique ? Non. Pour la simple raison que les combattants que de l’organisation ne sont pas présents à Alep-Est. Y a-t-il eu des scènes de liesse à Alep-Ouest, au moment de la reprise de la ville par le régime ? Les images proviennent de la télé officielle syrienne. Et « comme vous, je n’ai vu ces manifestation qu’à la télévision », raconte un habitant contacté par le biais de l’application WhatsApp installée sur son téléphone. Les smartphones n’ont donc pas que du mauvais : ils permettent également de recueillir de tels témoignages.

Les journaux s’intéressent également à la politique

C’est aujourd’hui que le PS va officialiser les investitures du parti pour les législatives de 2017. Et LE PARISIEN s’interroge : « Y aura-t-il des sanctions pour les députés pro-Macron ? »

Et puis, son côté, le site HUFFINGTON POST revient sur la petite gaffe de l’ancien ministre sur Twitter. Une gaffe pour laquelle Emmanuel Macron s’est attiré un torrent de reproches hier. Avant de s’envoler pour une tournée de cinq jours aux Antilles, le candidat à la présidentielle a accepté de poser pour un selfie – une photo avec un téléphone portable dans l’avion – en compagnie d’un lycéen parti retrouver sa mère installée sur l’île papillon. Puis il postée la photo sur Twitter, accompagnée de ce commentaire : « Avec Matthias, lycéen de Bourg-en-Bresse. Il rejoint sa mère expatriée en Guadeloupe pour Noël. » Un clin d’œil sympathique, s’il n’était pas gravement insultant pour la collectivité ultramarine, laquelle fait partie intégrante du territoire national. La Guadeloupe étant une région française, il ne s’agit donc pas d’une expatriation. Rapidement, le commentaire a été corrigé, mais trop tard : le mal était fait. Et comme le résume le site d’OUTRE-MER PREMIERE, « voilà une visite qui démarre plutôt mal ».

7 Français sur 10 apprécient les fêtes de fin d'année

Sondage à lire dans les colonnes de MIDI LIBRE ce matin. 7 sur 10 qui les apprécient : cela signifie donc que 3 Français sur 10 n'aiment pas le réveillon de Noël, pas plus que celui du jour de l'an. Mais bon, il ne s'agit ici que d'un sondage.

D’ailleurs, à propos des fêtes de fin d'année, LE PARISIEN fait état de la colère des commerçants de la capitale : « Circulation alternée : coup dur pour les achats de Noël ». Seules les plaques impaires peuvent circuler ce samedi à Paris et en proche banlieue. Et dans les magasins, on craint que la mesure ne décourage les clients. « Les commerçants sont pris en otage ! », s’emporte, dans le journal, le président de la Confédération des commerçants de France – auquel il conviendrait sans doute de rappeler ce que c'est vraiment qu'une prise d'otage, mais aussi ce que sont les transports en commun, le bus et le métro, qui d’ailleurs sont gratuits ce samedi.

Enfin, vous verrez de nombreuses photos de jolie jeunes-filles dans la presse ce matin.

C'est ce soir qu'aura lieu l'élection de la nouvelle Miss France, et les journaux soutiennent les candidates de leur région. Myrtille à la Une du COURRIER PICARD, Axelle à la Une du PETIT BLEU D’AGEN, Noémie à la Une de LA PROVENCE ou bien encore Claire dans L’ALSACE… Toutes rêvent de la couronne, et se moquent de la polémique lancée par le mouvement ‘Osez le féminisme’… Dans un communiqué cinglant, celui-ci a protesté contre un événement « ringard, en cela qu’il considère encore les femmes comme des potiches ». Accusé de sexisme, « le concours se fait écharper», relève Quentin Girard dans LIBERATION, avant d’annoncer à laquelle des candidate il donnera sa voix : Miss Champagne-Ardenne. « Pas parce qu’elle est plus belle ou intelligente que les autres, mais pour son patronyme : elle s’appelle Charlotte Patat. Donner comme prénom à sa fille un nom de pomme de terre quand on s’appelle déjà Patat, il fallait oser », écrit-il.

De son côté, LE PARISIEN s’est penché sur l’un des secrets les mieux gardés de cette élection cathodique : combien rapporte le vote des téléspectateurs à la chaîne TF1 et au producteur Endémol ? Selon le quotidien, la somme serait comprise entre 500.000 et 800.000 euros. Sachant que chaque vote est facturé 99 centimes. Vous votez 100 fois : vous serez donc prélevés de 99 euros. Et c’est le même prix, que vous appeliez de votre fixe ou de votre téléphone portable…

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