Bonjour à tous… Beau temps pour les skieurs… Sale temps pour les journalistes. Selon le sondage Sofres, publié avant-hier par La Croix, un français sur deux considère que dans la réalité, les choses ne se passent pas comme le prétendent les médias. - Pire que cela, 63% des personnes interrogées estiment que les journalistes ne résistent pas aux pressions des partis politiques. Autant que ceux qui considèrent mes chères consœurs, mes chers confrères que nous ne résistons pas non plus, aux pressions de l’argent ! Ces résultats, commente, ce matin Timothée Boutry dans Le Parisien sont à mettre en perspective avec les discours de certains politiques qui profitent des élections, pour relayer ces accusations de collusion. Madame Royal et Monsieur Bayrou, notamment, ne se sont pas privés ces derniers temps de critiquer publiquement les grands médias jugés trop proches du candidat de l’UMP. Je résume. Hier, c’est nous qui suspections, les politiques, les patrons, les syndicalistes de toutes sortes de vices. Aujourd’hui, c’est nous, hommes et femmes du prétendu contre-pouvoir, qui nourrissons toutes les suspicions… Même si, l’enquête de la Sofres pour La Croix, révélait aussi cette semaine que trois français sur quatre reconnaissaient suivre les informations délivrées par les medias, avec intérêt. Vieux débat ! « Vos types disait De Gaulle, à Alain Peyrefitte, son ministre de l’information… vos types ne s’intéressent qu’à ce qui choque ou à ce qui est moche. Ne vous laissez pas impressionner par leur prétendu talent, ce sont des décadents qui présentent toujours le côté catastrophique misérable et lamentable des choses. » Et le Général de Gaulle suggérait de tenir en laisse les petits maîtres de l’audiovisuel… Son audiovisuel, qui dans son esprit devait corriger le tir d’une presse écrite qu’il jugeait globalement dirigée contre lui. Son rival, François Mitterrand, une fois parvenu au pouvoir n’en jugeait pas forcément autrement, même s’il nous disait d’une voix douce : Ne vous réjouissez pas trop, des attaques que nous subissons de la part de l’opinion. Demain, Mesdames et Messieurs, ce sera votre tour. Nous y voilà. Même si les polémiques, qu’évoquent largement la presse quotidienne ce samedi sont de moindre niveau et un peu ridicule aussi. Chacun le sait, dès que commencera la campagne officielle pour l’élection présidentielle, Béatrice Schonberg, épouse à la ville, du ministre Jean-Louis Borloo, cessera de présenter, l’édition du journal de 20 heures, sur France 2. Même motif, même punition, pour Marie Drucker sur France 3, dont le grand tort semble-t-il, est d’être à la ville et à la campagne, la compagne du Ministre de l’Outre-mer, Monsieur François Baroin. Pour Alain Duhamel, ce ne sont pas les liens sentimentaux qui vont le priver de parole sur France 2, mais le fait qu’il ait déclaré, il y a trois mois, devant ses étudiants des Sciences Politiques, qu’il aimait bien François Bayrou, l’européen, et qu’il allait même voter pour lui ! Tudieu… Que n’avait-t-il pas fait là. Une vidéo prouve son propos… repris largement sur Internet, et découvert aussi par les responsables de la chaine publique qui l’emploie, France 2 ! Suspendu Dudu… ! Je dis Dudu, parce que c’est le nom de Duhamel, vieil analyste de la chose politique, et commentateur talentueux, des journaux, des télés, des radios, qui ne se sont jamais privés, vous le savez de l’employer. Alors on l’appelle Dudu entre nous. Arlette Chabot, la directrice de l’information de France 2 ne l’appelle pas forcément comme ça. Elle s’exprime ce matin dans Le Parisien et elle déclare que les journalistes doivent être neutres. Il leur est interdit de révéler, ce que seront leurs votes. Quant à Alain Duhamel, il n’est pas sanctionné dit-elle, il est d’ailleurs d’accord avec la mesure de suspension qui le frappe… et ajoute Madame Chabot : Nous avons appliqué un principe de précaution pour éviter qu’une quelconque suspicion puisse naître dans l’esprit des téléspectateurs, fût-elle illégitime. Nous avons, conclut-elle, en quelque sorte, appliqué pour Alain Duhamel, la jurisprudence Béatrice Schonberg-Marie Drucker. Cela ne remet pas en question l’amitié et l’estime que je peux porter à Alain Duhamel. Dominique Wolton, sociologue bien connu, grand spécialiste des medias et directeur de recherche au CNRS, ne partage pas tout à fait le point de vue de Madame Chabot, c’est le moins qu’on puisse dire. Arrêtons, dit-il ce matin, lui aussi au Parisien, arrêtons cette logique de suspicion, elle est hypocrite et ridicule… Il est stupide, c’est toujours Wolton qui parle, de dire que Madame Schonberg ne peut plus présenter le 20 heures parce qu’elle est mariée avec un ministre. Cela signifie qu’on ne fait pas confiance à l’intelligence de cette femme et à sa capacité de distinguer sa vie privée et son métier de journaliste. C’est la même chose pour Marie Drucker qui, parce qu’elle vit elle aussi avec un ministre, a décidé de se mettre en congé de son émission. Cette logique de suspicion envers les journalistes qui sont recrutés sur leurs compétences professionnelles n’est pas une marque de démocratie moderne. Quant à la sanction qui frappe Alain Duhamel, Dominique Wolton déclare qu’il la trouve déplacée et disproportionnée. Les journalistes de presse écrite ont la liberté totale de dire et d’écrire ce qu’ils veulent, mais dans l’audiovisuel on leur demande une neutralité qui n’existe pas. Il y a en effet quelque chose de pudibond à penser qu’un journaliste fait mieux son travail si personne ne connaît ses opinions. Le but du journaliste, ce n’est pas l’objectivité, qui n’a aucun sens, c’est d’être honnête quand il fait son travail. Et Dominique Wolton conclut : C’est pas parce qu’un journaliste exprime son opinion politique ou son choix pour une élection qu’il va influencer les lecteurs ou les auditeurs. Il y a une intelligence critique du public, bien plus grande qu’il y a cinquante ans. Et il remarque que sur toutes les chaines de télévision, on n’hésite pas de demander aux chanteurs, aux sportifs qu’elle est leur opinion. Mais bon, les journalistes c’est comme les anges, ils n’ont pas de sexe. Le Figaro, évoque lui aussi largement cette polémique, en donnant ce matin le sentiment des politiques… François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a dénoncé à propos de la mesure qui frappe Alain Duhamel, une « hypocrisie » et l’application de « règles sommaires ». « Les opinions de ce journaliste dit-il, dans un communiqué sont connues, il les exprime suffisamment et depuis de nombreuses années dans tellement d’éditoriaux, de la presse écrite ». Et il ajoute : « La voix d’Alain Duhamel, qui n’a jamais été particulièrement indulgent à l’égard du Parti socialiste et de sa candidate, nous manquera ». Attitude identique de José Bové, comme disait Jean-Pierre Elkabbach… A la télé, un journaliste signe avec sa gueule… Et à la radio, un journaliste signe avec sa voix ! Je vais donc neutraliser au maximum, la mienne, pour vous donner, les résultats du sondage CSA, que publie Le Parisien. Sondage réalisé après le discours de Villepinte de Madame Royal. Je vais même censurer le titre de ce quotidien, qui publie à côté d’une photo de Ségolène Royal, une affirmation commentaire, légère variante du vocabulaire des skieur et des montagnards, vous savez : « Elle dévisse. » Je censure également la caricature de Ranson, où l’on voit François Hollande, dire à sa compagne… « Je me demande si je ne vais pas voter… « be…rrou ». » Je vous livre en revanche la réplique de Ségolène Royal… François, ta position publique… t’oblige à un devoir de réserve. Alors maintenant je neutralise ma voix pour donner les résultats. Au premier tour, pour lequel des candidats suivants y a-t-il le plus de chances que vous votiez, si on votait demain ? Nicolas Sarkozy, 33 Ségolène Royal, 27 Jean-Marie Le Pen, 14 François Bayrou, 13 Olivier Besancenot, 3 José Bové, 2 Philippe de Villiers, 2. Marie-Georges Buffet : 2… etc, etc. Alors deuxième tour puisque les sondeurs posent cette question dans Libération ce matin, il y a une très belle enquête dans toute l’Europe. Le hasard qui mène l’enquête… à propos des sondages justement. Vous la lirez tout seul. J’ai pas le temps de vous en parler, c’est dommage… Ca nous aurait fait rire un peu… Alors je vous pose cette question que posent tous les sondeurs. Je le dis doucement, Nicolas Sarkozy : 55 Ségolène Royal : 45. Voilà. J’ajoute maintenant un tabou levé aussi par Bruno Frappat dans La Croix… Attention dit-il, à ne pas trop évoquer en privé… la féminitude, et la mectitude…parce que ça se termine toujours par des pugilats. Sitôt après, tout de même il élève le débat, en soulignant, que Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou ont un point commun… Ils sont nés en 51, 53, et 55… Ils sont tous quinquas ! Ils ont donc connu la guerre d’Algérie quand ils étaient bébés. Ils étaient petits enfants quand on leur a dit que Kennedy était mort. Puis après les 30 glorieuses. Ce sont les enfants gâtés des années 50 devenus des adultes soucieux du début du siècle. Ils sont comme beaucoup d’entre nous, passés d’une illusion où les arbres montaient jusqu’au ciel à une désillusion, ou une forme de sagesse, nous avons mangé notre pain blanc.

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