Bonjour à tous… « Si l’on n’apprend pas aux enfants que le racisme est monstrueux, on finira un jour par en être tous victimes ». Voilà ce que répond Emmanuelle Mignon, la Directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, au JOURNAL DU DIMANCHE, qui l’interroge sur la meilleure façon d’enseigner la Shoah à l’école. Et la conseillère du Chef de l’Etat de préciser : « Les discriminations dont souffrent les Français issus de l’immigration ont la même origine que les crimes dont les juifs ont été victimes : la bête immonde du racisme ». Triste illustration de ce constat dans le journal l’EQUIPE, qui consacre une pleine page ce matin au footballeur marocain de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou, traité de « sale singe et de sale nègre » par des supporters messins, aussi fanatiques que crétins… « Ce ne sont pas des mots à entendre », a rapporté le footballeur aux officiels qui lui ont mis un carton jaune pour être sorti du match, en allant à la tribune d’où on l’insultait. « Je sais, a-t-il dit, (bon prince), que ce sont des choses qui ne se font pas. Je m’en excuse auprès du public messin, mais croyez-moi, c’est difficile devant de telles invectives de conserver son sang-froid ». Curieuse réponse en revanche de Monsieur Ancel, le directeur de la sécurité du F.C. Metz : « Nous sommes responsables du comportement des gens, a-t-il dit, mais pas de leurs propos. On ne peut pas bâillonner tous les spectateurs ». L’ennui, réagit mon confrère de l’EQUIPE, Lionel Dangoumau, c’est que ce nouvel incident intervient quelques mois après l’interruption du match Metz-Strasbourg pour le même type de provocations. C’est dire si Emmanuelle Mignon, interviewée par le JOURNAL DU DIMANCHE, avant de connaître les incidents du match Valenciennes-Metz d’hier soir, n’a pas tort d’indiquer – je la cite –« "l’antiracisme est un enjeu de civilisation. Si la Shoah est le crime raciste absolu, il est logique de l’enseigner pour en faire l’instrument d’une lutte sans merci contre le racisme sous toutes ses formes. Et pas seulement contre l’antisémitisme ». Suit un remords ou un adoucissement de la première proposition formulée lors du dîner du CRIF, par Nicolas Sarkozy. « Ce n’est pas à un enfant seul, que l’on demandera de porter la mort, de l’un des 11.400 petits juifs, déportés et assassinés pendant la dernière guerre, mais à une classe entière ». Simone Veil a eu raison, conclut Emmanuelle Mignon d‘avoir fait remarquer que s’identifier à un enfant mort, c’était lourd à porter pour un gamin d’aujourd’hui. C’est pourquoi nous allons travailler avec la communauté éducative et tous ceux qui s’investissent dans la mémoire de ces sujets, pour voir la meilleure manière de procéder. « Si vous prenez le journal d’Anne Franck, c’est un livre qu’on lit à dix ans et qui a marqué, sans les traumatiser des milliers d’enfants ». Je suggérai hier à ce micro, d’en faire autant avec le journal d’Hélène Berr, heureusement retrouvé et publié aux éditions Taillandier avec une préface de Patrick Modiano. Mesure pour mesure, permettez-moi une suggestion supplémentaire. Pourquoi ne pas faire afficher et distribuer dans les écoles et collèges, dans les clubs de football, le poème du pasteur et théologien protestant Martin Niemöller. Combattant antinazi, militant pacifiste allemand, il fut envoyé en camp de concentration dès 1937 et mourut à Dachau en 1942. « Quand ils sont venus chercher les communistes Je n’ai rien dit Je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes Je n’ai rien dit Je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs Je n’ai rien dit Je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques Je n’ai rien dit Je n’étais pas catholique. Quand ils sont venus chercher les francs-maçons Je n’ai rien dit Je n’étais pas franc-maçon. Quand ils sont venus me chercher Il ne restait plus personne pour protester ». « La vérité est en marche, rien ne pourra l’arrêter ». Cette formule de Jaurès est, elle aussi, d’actualité puisque la presse ce week-end, du MONDE au PARISIEN, en passant par le JOURNAL DU DIMANCHE et tous les hebdos, traquent sans merci la vérité, ou les vérités de Nicolas Sarkozy. Le PARISIEN DIMANCHE s’y emploie avec l’aide de l’institut CSA, qui a interrogé les 13 et 14 février derniers 1.004 personnes par téléphone, pour évaluer le Chef de l’Etat… C’est la mode. On note tout le monde. Les enseignants par les élèves, les ministres par les citoyens et Nicolas Sarkozy par un échantillon de Français. Un jour on notera les journalistes et les sondeurs. Faut-il mettre zéro pointé à Airy Routier du NOUVEL OBSERVATEUR, dont Jean Daniel dit, qu’il a fait une erreur, en diffusant un SMS contestable et contesté. Et faut-il noter, les sondeurs qui se mettent le doigt dans l’œil, avant le scrutin et nous font espérer Grouchy quand arrive Blücher. Mais bon, comme dit Woody Allen : « La réponse est oui… mais rappelez-moi la question ». Et bien, la question du PARISIEN c’est : « "comment jugez-vous Nicolas Sarkozy ». Réponse aux qualificatifs proposés à l’évaluation. Est-il dynamique ? oui… oui… 88 % Courageux ? Oui, bien sûr… 78 % Sympathique ? Certes !... 62 % A-t-il le sens de l’Etat ? A l’évidence… 57 % Compétent ?... 54 % Proche des gens ?... 53 % Sait-il où il va ?... 52 % A-t-il un projet pour la France ? 51 %... ça baisse. Fait-il ce qu’il dit ? Pas vraiment !... 49 % Et voici la chute « in cauda venenum, reprise ce matin sur les radios publiques et privées. « Fait-il un bon Président de la République ? « Non…. 52 % Deux commentaires signés sur ce point dans le PARISIEN. Le communiste Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil, député de Seine-Saint-Denis et signataire de l’appel à la vigilance républicaine lancé par Jean-François Kahn de MARIANNE. « Il ne faut pas confondre, dit Jean-Pierre Brard… courage et démagogie. L’action de Nicolas Sarkozy sur le terrain, est perçue pour ce qu’il est : « l’endormissement des Français tandis que l’on continue de remplir la gamelle des privilégiés ». Juste en face de ce propos Roger Karoutchi, le Secrétaire d’état chargé des relations avec le Parlement, s’écrie stop… « Y a-t-il de l’acharnement contre Nicolas Sarkozy ? » Quiconque affirmerait l’inverse serait aveugle et sourd. Il y a une espèce de climat très malsain, antidémocratique et antirépublicain, qui se développe par des attaques personnelles contre le chef de l’Etat et a de très mauvais relents de la presse des années 1930. Je pense bien sûr à l’affaire du SMS et aux attaques démultipliées et démagogiques contre le président de la République, qui sont sans commune mesure avec ce qui est acceptable. Chacun peut affirmer ses convictions, mais la convergence de toutes ces attaques privées n’est pas admissible. L’éthique est en train de voler en éclats ». « Comment sauver le président Sarkozy ?" La croissance et les réformes. Faut-il attendre la première pour engager les secondes ou, au contraire, les accélérer pour faire fleurir l’économie ? C’était la question Chirac, c’est à nouveau la question Sarkozy…

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