Bonjour à tous… Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire, hypocrite-lecteur, mon frère, pour susciter ton intérêt et te conduire au kiosque chaque jour que Dieu fait. Chacun son truc bien sûr, pour attirer le chaland – amateur de presse - et le mettre aussi en appétit. C’est ainsi qu’aujourd’hui, LE FIGARO MAGAZINE vous emmène loin de Paris, en évoquant la revanche de la province, son climat, son terroir, sa qualité de vie. C’est au point que jeunes et familles s’y installent en nombre et que les entreprises la plébiscitent. Proposition identique de la revue VILLAGE qui vous invite à passer vos vacances à vélo, dans le Limousin ou dans le Vaucluse, dans le Nord ou dans les Côtes d’Armor, avant d’affirmer que demain nous serons tous nomades, comme le prévoit depuis longtemps Jacques Attali. L’HUMANITE- DIMANCHE préfère s’adresser à la France qui gronde et se demander avec Patrick le Hyaric, s’il ne conviendrait pas de transformer sans attendre 2012, les colères d’aujourd’hui en projets de changement. Le NOUVEL OBSERVATEUR choisit lui, de s’en tenir au mouvement qui saisit l’Education Nationale et cible Xavier Darcos, le hussard noir de Nicolas Sarkozy, en expliquant que ce sont les réformes de l’école du ministre de l’Education Nationale qui provoquent la mobilisation des lycéens et des enseignants. Au passage, le NOUVEL OBSERVATEUR interroge… "Syndicats d’enseignants, combien de divisions ? ». Avant de citer un collaborateur de Xavier Darcos expliquant que « l’imagination des syndicalistes enseignants est plutôt faible. La preuve ? Ils ne parlent que d’eux ». Les lycéens en revanche seraient plus imaginatifs et plus frais. Selon la journaliste Caroline Brizard, du NOUVEL OBS, certains d’entre eux le prouvent même en inventant le lycée de l’avenir, dans le bureau du Ministre de l’Education Nationale.. (Des noms… des noms !)… Franz-Olivier Giesbert dans son éditorial du POINT, va beaucoup plus loin, quand il écrit, sévère : «Ah, Dieu que la grève est jolie ! Avec ses chants, ses longs loisirs ».. C’est la grève, poursuit-il, et non la guerre qu’aurait dû célébrer Apollinaire, surtout après ce long mois de mai 2008, que le monde entier nous envie. Et Giesbert d’appuyer le trait, en écrivant que nos ponts sont si grands, si larges, qu’ils étonnent la planète et qu’il faut bien une grève, des grèves même, pour nous remettre de nos longs week-ends en famille. Je ne sais si mon confrère du POINT se souvient de la couverture du défunt HARA-KIRI qui montrait dans les années 60, un Allemand prospère insultant en trois mots notre classe ouvrière : "Franzouz , groze feignant ». Toujours est-il qu’il conclut en ces termes, sa philippique du POINT : « Et pourquoi pas, pendant que nous y sommes, une grève générale qui ferait la jointure avec les grandes vacances ? C’est une idée qui mériterait d’être creusée. D’autant que la France doit tout faire pour conserver cet autre record… de fonctionnaires – 1 fonctionnaire pour 12 habitants – le double de la moyenne européenne ! D’autant aussi, poursuit Giesbert, que le travail, c’est pour ceux qui n’ont rien d’autre à faire. Parce qu’ils n’ont ni ponts, ni RTT, ni grève en cours ». Comme en écho… l’HUMANITE répond en exergue ce samedi, avec un slogan de mai 68 : « Les gens qui travaillent s’ennuient quand ils ne travaillent pas. Les gens qui ne travaillent pas ne s’ennuient jamais ». Juste au-dessous, pour attirer le chaland ou la chalande, l’HUMANITE d’aujourd’hui salue le livre-événement de Gisèle Halimi… Un ouvrage consacré à la cause des femmes, qui suggère de prendre le meilleur des lois de chaque pays européen, pour en faire des lois communes à toutes et à tous. Le livre s’appelle « La clause de l’Européenne la plus favorisée ». Dois-je ranger à la même rubrique cet article de Florence Deguen du PARISIEN. Laquelle se demande ce matin, à propos de la lutte contre l’homophobie, s’il ne faudrait pas mettre l’accent, sur les souffrances des lesbiennes. Elles souffrent, autant que les hommes, dit-elle, dans la rue, dans l’entreprise. Et pourtant la plupart d’entre elles choisissent de rester discrètes… L’une d’elles, étudiante de 19 ans, se confie au PARISIEN. « J’ai une copine, dit-elle, oui mais je ne suis sûre de rien. C’est compliqué de revendiquer une relation homosexuelle au grand jour… Même en 2008…. En revanche, tant qu’on la vit dans le secret, ça va »… James Canon, l’écrivain colombien, auteur de « Besame mucho » et de « la ville des veuves intrépides » occupe ce samedi la page week-end de LIBERATION, traite lui aussi de ce type de question, en dénonçant le poids de l’église dans son pays, la Colombie. Pourquoi, écrit-il, nier le plaisir et affirmer en bonne théologie que la finalité de la sexualité est la procréation. Excusez-moi d’être abrupt, grogne l’écrivain, mais si on n’arrête pas toutes ces bêtises, vous verrez qu’on n’aura bientôt même plus le droit de se masturber. Dans la même chronique de James Canon, un paragraphe intitulé « faire l’amour » mérite d’être cité… « Hier soir, à la télévision, un reporter demandait, lors d’un micro-trottoir, à quelle période de l’Histoire on aurait aimé vivre. Un grand type a répondu « à l’époque romaine », une mince jeune femme lui a dit « à l’époque victorienne » et une nonne, sans surprise, a choisi « l’époque de Jésus Christ ». C’était, poursuit l’écrivain, une émission stupide et une question triviale, mais cela m’a fait penser que j’aurais adoré avoir 20 ans à Paris en Mai 68, quand les étudiants et les travailleurs se sont rebellés et ont montré au monde que la révolution était possible même dans ces conditions du capitalisme bureaucratique moderne. Et l’écrivain colombien de conclure, j’aurais adoré faire partie de ces étudiants de mai qui écrivaient sur les murs « Il est interdit d’interdire » et aussi « Plus nous faisons l’amour, plus nous voulons faire la révolution ». A propos, et puisque nous sommes à la radio, vous savez tous depuis Saint-Bernard de Clairvaux, cela nous renvoie au 12ème siècle, que la bouche qui donne le baiser, c’est le verbe. Et vous savez tout aussi naturellement du Cantique des Cantiques, auquel LA CROIX, le quotidien chrétien, consacre aujourd’hui un magnifique dossier. Pourquoi. Parce que, explique LA CROIX, ce chant d’amour est riche en métaphores audacieuses. Les atouts de la bien-aimée sont comparés à « deux faons jumeaux d’une gazelle » (ses seins), à « une tour d’ivoire », (son cou), à « un troupeau de chèvres ondulant sur les pentes de Galaad » (ses cheveux), à « un monceau de froment environné de lys » (son ventre). Quand au bien-aimé, ses yeux sont décrits comme « des colombes près d’un cours d’eau », sa joue comme « un parterre d’aromates », ses lèvres comme « des lys distillant la myrthe », et ses jambes « des colonnes d’albâtre plantées sur des socles d’or pur ». LA CROIX a dit : « Ce chant met en scène la quête éperdue d’une bien-aimée qui interroge les gardes ou les filles de Jérusalem à propos de son bien-aimé ». « Sa fuite m’a fait rendre l’âme. Je l’ai cherché et ne l’ai pas trouvé, je l’ai appelé, il ne m’a pas répondu ». "Entre rapprochement et éloignement des deux amants, conclut LA CROIX, le poème oscille comme pour signifier que l’amour a besoin d’un tel balancier entre fusion et séparation » Le cantique comme toute la Bible nous apprend tout simplement à aimer. Alors pour attirer le chaland, l’EXPRESS nous dit avec Fillon et Sarkozy en couverture : « Pourquoi ils se détestent ». Alors on lit ça et on se dit, est-ce qu’ils se détestent vraiment. On trouve dans le quotidien économique LES ECHOS un article qui précise que le duo fonctionne et va continuer de fonctionner… Et puis pour attirer le chaland, j’imagine, LE POINT fait une très belle couverture sur Bertrand Delanoë… « Delanoë, mais qu’a-t-il vraiment en tête ? ». Alors on lit naturellement et l’on voit qu’il a en tête peut-être la conquête du premier secrétariat du parti socialiste, voire la conquête de la présidence de la République en 2012… Etc, etc. Puis on voit surtout sur un sondage IPSOS, que Delanoë dévance largement, largement Ségolène Royal, y compris pour la conquête du parti socialiste mais aussi pour la présidence de la République. Par exemple on dit « qui voyez-vous comme Président en 2012 »… Bertrand Delanoë, 57 %... Ségolène Royal, 28 %... Alors Ségolène Royal elle est allée hier à la Bellevilloise, dans le 20ème arrondissement de Paris. C’est là que Ségolène Royal a répondu enfin à la question que lui a posée si souvent Nicolas Demorand sur France Inter et question à laquelle elle disait « le moment venu, le moment venu, le moment venu ».. Et bien le moment venu, c’était hier. Elle a dit « oui, oui, je serais candidate si les militants m’appellent à la direction du parti socialiste et à la succession de François Hollande". On y reviendra demain matin… J’ai en mémoire cette jolie chanson que chantait Marie Bizet autrefois et qui s’appellait « J’y vas-t-y, j’y vas-t-y pas » « Y faut-y, y faut-y pas Y faut-y ? Si j’y vas pas le maître m’verra Et puis chez moi tout le monde saura Mais j’va m’embêter là-bas Si j’y va » Etc… etc… Elle y va…

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