Bonjour à tous… Vous vous souvenez du slogan MLF : « Un homme sur deux est une femme ». Vous n’avez pas oublié non plus la réponse de Pierre Dac à la question… « Qui est l’homme, d’où vient-il et où va-t-il ? »… je suis moi. Je viens de chez moi et j’y retourne… Alexandre Vialatte proposait pour sa part une autre définition tout aussi plaisante : « L’homme est un animal à chapeau mou qui attend l’autobus 27, rue de la Glacière ». Et le même Vialatte, l’écrivain éditorialiste du journal « La Montagne », assurait que la femme se compose essentiellement d’un chignon et d’un sac à main. C’est par le sac à main, disait-il, qu’elle se distingue de l’homme. La femme, continent noir, selon Freud, était perçue plus idéalement par Boris Vian quand il expliquait : « Elle est ce que l’on a trouvé de mieux pour remplacer l’homme quand on a la déveine de ne pas être pédéraste. § On ne dit plus pédéraste, ni inverti aujourd’hui. On ose à peine rappeler le mot charmant de Zazie dans le métro… quand elle lâchait du haut de ses sept ans : « Mon tonton, c’est une tata. » La presse, qui participe comme il se doit ce dimanche à la journée internationale contre l’homophobie, s’en tient aux seuls mots qui vaillent désormais. Un homosexuel, une homosexuelle, sont des hommes et des femmes comme les autres. Quant à l’homosexualité, elle désigne l’amour, l’attirance et éventuellement la pratique de relations physiques entre deux personnes du même sexe. L’homophobie consiste à discriminer, brutaliser, les gens qui ont ce type de comportement. La chanteuse américaine, Anita Bryant, est un bon exemple d’homophobe, qui prétendait amuser la galerie en expliquant : si Dieu avait voulu qu’il y ait des homosexuels, il aurait créé, non pas Adam et Eve, mais Adam et Marcel. Le Monde, daté dimanche-lundi, rappelle sur quatre colonnes à la une que dans 80 pays, les relations sexuelles entre adultes du même sexe, sont toujours interdites. Et la journaliste Anne Chemin de raconter l’histoire d’une jeune irakien, nommé Anwar et réfugié aujourd’hui au Liban. Homosexuel de 21 ans, il a été arrêté en février dernier à Bagdad, par les forces de sécurité et déclare : « J’ai été torturé et plusieurs fois violé. Les cinq homosexuels qui étaient avec moi en cellule ont été exécutés. Quatre jours après leur mort, j’ai été relâché et je me suis enfui. » Anne Chemin cite quelques-uns des 80 pays qui pénalisent la sodomie et les actes sexuels dits contre-nature. L’Algérie, le Ghana, le Kenya, le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde, la Jamaïque, Singapour, etc… Cinq Etats sanctionnent l’homosexualité de la peine de mort. La Mauritanie, le Soudan, l’Arabie Saoudite, l’Iran et le Yemen. Et Le Monde de se prononcer avec Rama Yade, Roselyne Bachelot, Robert Badinter… et tant d’autres, en faveur d’une mobilisation mondiale contre la pénalisation de l’homosexualité. La France et les Pays-Bas ont présenté au mois de décembre dernier à New-York une déclaration relative aux droits de l’homme, à l’orientation sexuelle, et à l’orientation de genre. « Au XXIème siècle, plaidait Rama Yade, comment accepter que des personnes soient emprisonnées, torturées et exécutées, en raison de leur orientation sexuelle. Soutenu à l’origine par 66 pays, ce texte, présenté en marge de l’A.G. des Nations unies, a reçu la signature des Etats-Unis, en mars dernier, après l’élection d’Obama. C’est ce texte-là, que Robert Badinter, qui fut en France l’artisan de la dépénalisation de l’homosexualité en 1981 est venu soutenir au Congrès mondial sur les droits de l’homme. Et Ariane Chemin, ma consoeur du Monde, de citer l’ancien Ministre de la justice. « Victor Hugo disait que la peine de mort était le signe permanent et universel de la barbarie humaine. Je dis qu’il en va de même de la répression de l’homosexualité. Demeurait dans le droit français une anomalie, c’est-à-dire l’absence de reconnaissance des transsexuels. Entendez ceux qui, hommes ou femmes, ont ou veulent changer de genre. Hier, et la presse dominicale, Le parisien en tête, s’en félicitent… Hier, Roselyne Bachelot a pris une décision, jugée historique par les militants en lutte entre l’homophobie. La France ne classera plus la transsexualité comme une maladie mentale. Jusqu’à présent, une personne convaincue de posséder une identité de genre opposée à son sexe de naissance pouvait bénéficier de traitements au titre d’une « affection psychiatrique de longue durée ». Un classement qui était souvent vécu comme stigmatisant. En cette Journée internationale de lutte contre l’homophobie dédiée à la lutte contre la transphobie, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a envoyé un « message fort » aux transsexuels en demandant à la Haute Autorité de santé, de publier un décret excluant la transsexualité des affections psychiatriques – sans cesser de la prendre en charge médicalement - La France est donc le premier pays à « dé-psychiatriser » la transsexualité. Ce qu’ont salué bon nombre d’associations. A la page 17 du Monde, vous lirez, j’imagine, l’appel que signent un certain nombre de personnalités… Respectons l’identité de genre, s’écrient-elles… Refusons la transphobie. Nous en appelons à l’ONU, disent-elles, à l’OMS et aux Etats du monde pour qu’ils refusent la transphobie, et fassent respecter le droit des citoyens qui entendent vivre pleinement comme expression de leur liberté culturelle, l’identité de genre qu’ils revendiquent. Parmi les signataires… Martine Aubry, Françoise Barré, Sinoussi, Pierre Bergé, Marie-George Buffet, Daniel Cohn-Bendit, Bertrand Delanoë, Jacques Delors, Judith Butler, Jean-Pierre Dubois, Cécile Duflot, Eric Fassin, Geneviève Fraisse, Maurice Godelier, Serge Hefez, Jean-Paul Huchon, Jacques Gaillot, Elfriede Jelinek, Jack Lang, Noël Mamère, Luc Montagnier, Michelle Perrot, Elisabeth Roudinesco, Yvette Roudy. A lire, encore, dans le même numéro du Monde… très riche sur les questions sociétales. Cette prise de position de la romancière Nancy Huston, sur les ressorts de l’instinct guerrier. § Et l’Europe me direz-vous ? Et le grand prix de l’Eurovision de la chanson… et le Festival de Cannes. Et la victoire de Bordeaux, en Ligue 1… Et l’Europe ? Le Parisien, sur la foi d’un sondage CSA, mesure le malaise. Néanmoins, dans certains domaines, les Français interrogés positivent : Pour chacun des domaines suivants, la construction européenne a-t-elle des effets positifs ou des effets négatifs pour la France ? - Les infrastructures (routes, autoroutes, TGV…) : 81 % - La préservation de la paix : 78 % - L’éducation : : 57 % - Le développement économique 52 % - La monnaie, l’euro : 48 %

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