Bonjour à tous. C’est à Rachida Dati que l’on doit ce rappel d’un excellent conseil de Saint-Augustin : « Les temps sont mauvais, soyons bons ! ». Facile à dire… Le revue de presse d’Inter a bien failli être pire que tout aujourd’hui, car hier j’étais à Marseille avec les galériens de la SNCF, prisonnier d’un TGV, modifié TPV (Entendez, train petite vitesse – toute petite vitesse). Au moins étais-je sur le terrain ! Comme Didier Lombard, le PDG accouru à Lannion jeudi au centre de Recherche, endeuillé par le 25ème suicidé de France Télécom. Comme Nicolas Sarkozy, présent le même jour à Gandrange en Lorraine, et sur tous les médias, qui reprenaient son interview au Figaro, affichant sa volonté de lutter contre les forces de la réaction et de l’immobilisme. Et comme Martine Aubry qui va tenter aujourd’hui à la Bellevilloise, dans le 20ème arrondissement de Paris, de relancer l’union de la gauche. « Les temps sont mauvais, soyons bons ! » Très très bonnes, les Nouvelles Brèves de Comptoir de Jean-Marie Gourio qui vont sortir dans dix jours chez Robert Laffont. Gourio est un garçon qui note soigneusement ce qu’il entend dans les bistrots, où la langue de bois est interdite et où se dit drôlement, poétiquement quelquefois, la vraie vie des gens. Petit florilège en avant-première, à destination des people, prisonniers de leurs fonctions. Cette brève, pour les journalistes inquiets de la chute des ventes de la presse imprimée. « Moi, je lis le journal au café. A la maison, je m’en fous de ce qui se passe ». Celle-ci de la même eau… « La télé, je la regarde sans faire attention, comme un aquarium. Vous me mettez Mireille Dumas dans l’eau avec des algues… c’est pareil ». Quelques brèves en accord, qui valent les petites infos des journaux. Celle-ci qui touche à l’économie… « Quand on achète tous un truc… Ca fait monter le prix. Faudrait rien acheter du tout, pour que tout ne soit pas cher ». Sur le nucléaire : « Il faudrait que dans les centrales, les fuites radioactives sentent l’œuf pourri. On s’en rendrait compte tout de suite ». Et celle-là, quasi philosophique : « On pensait que l’an 2000, ça serait toujours loin devant et finalement, c’est déjà loin derrière ». Sur la démographie, Jean-Marie Gourio nous propose celle-ci : « Je ne sais pas comment ils font pour compter les Chinois, ils bougent tout le temps ». Il y en a 2000 comme ça, que vous retrouverez aux Editions Robert Laffont, dans dix jours… Et mises en scène par Jean-Michel Ribes au théâtre du Rond-Point, au début de l’année prochaine. Je vous en livre encore deux petites pour la route. « Si t’as l’Alzheimer, un cancer, pas de famille et une retraite minable… c’est bien d’avoir l’Alzheimer ». « Sarkozy ? Le matin il est à Marseille, le midi à Lille, l’après-midi à Biarritz, le soir il est à Paris. La France, c’est grand comme une boîte de chaussures ». « Les temps sont mauvais, soyons bons ! ». Bonne, la communication des agriculteurs pour dire qu’avec une baisse de revenus de 20 % en 2008 et mille euros mensuels, pour 14 heures de travail, on ne peut pas vivre ni espérer. Leurs manifestations puissantes d’hier, font ce matin les premières pages de tous les quotidiens. Du TELEGRAMME de Brest au REPUBLICAIN LORRAIN, de la PROVENCE à la VOIX du NORD et de PRESSE-OCEAN au POPULAIRE du CENTRE, on souligne une déferlante paysanne, une colère qui déborde, une force tranquille pour exprimer sa détresse et réclamer aux pouvoirs publics un plan d’urgence. Deux photos paradoxales mériteraient cependant d’être montrées à la Télé. Celle du journal la MONTAGNE, où l’on voit, rangés comme à la bataille, 450 tracteurs neufs, illustrant une agriculture française, puissamment mécanisée et sans doute endettée. Contraste, avec la photo de la NOUVELLE REPUBLIQUE, montrant des jeunes agriculteurs de l’Indre et du Loir-et-Cher, faisant la chaîne en slip et justifiant la manchette du journal : « Ils affichaient leur dénuement à Orléans ». OUEST-FRANCE accorde moins de place aux 50.000 agriculteurs bretons, manifestant dans la rue, pour privilégier la journée mondiale du refus de la misère. Misère dont François-Régis Hutin nous dit qu’elle est intolérable, avant de citer Aimé Césaire qui proposait, il n’y a pas si longtemps, de libérer l’homme nègre en libérant aussi son libérateur… Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, conclut ce matin François-Régis Hutin, les droits de l’homme sont violés. Eradiquer la misère est donc un devoir. Pour le quotidien l’HUMANITE, c’est le capitalisme qui affame le monde… Et la faim des pays pauvres serait sans fin, à cause du libre-échange. Le PARISIEN préfère participer à la journée du refus de la misère, en saluant l’élection à Bruxelles d’une Miss SDF. Election controversé, même si Thérèse, 58 ans, sans-abri, déclare à l’envoyé spécial du PARISIEN : « Jusqu’à maintenant, personne de s’est intéressé à moi. J’ai été privée d’affection, je n’existais pas ». J’ai gagné. J’ai une maison et un an de loyer gratuit, je vais m’occuper de ceux qui sont encore dehors… » Radio-Luxembourg faisait ce genre de concours autrefois… L’émission s’appelait « Reine d’un jour ». « Les temps sont mauvais, soyons bons ». Didier Lombard, PDG de France Télécom, tente de l’être, dans une interview au FIGARO et propose à ses 102.000 salariés dont les 14.000 qui vont devoir quitter la boîte d’ici 3 ans. «Sortons de la crise tous ensemble ». Et à la question de Marie-Cécile Renault : « Avez-vous pensé à démissionner », il répond : «J’aurais pu être tenté de le faire vu la dureté des temps… Mais ce n’est pas quand le bateau est dans la tempête que le capitaine quitte le navire… Je dois l’amener à bon port, à un état d’entreprise humaine et prospère ». Je ne suis pas sûr, qu’un tel propos passe comme ça, dans les bistrots, où l’on dit la vie sans parabole marine… Et où l’on parle encore beaucoup aujourd’hui du Roi-Président et de son fils… Prince Jean, comme l’appelle la presse anglaise. Le Prince Jean en question fait la une du POINT et de MARIANNE et donne à Jacques Julliard du NOUVEL OBSERVATEUR, l’occasion d’un pamphlet intitulé « La République du bon plaisir ». Bruno Frappat dans sa chronique dans la CROIX titre : « Alors tu sera président mon fils » Inspiré sans doute, par ce poème bien connu de Rudyard Kipling : « Si tu sais méditer, observer et connaître Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur ; Si tu peux être dur dans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront, Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire… Tu seras un homme, mon fils ».

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.