Y croire encore… ou pas.

C'est une petite chapelle dans un village des Landes, Larrivière-Saint-Savin. Une chapelle perchée sur une butte, et dominant la paisible vallée de l'Adour. Inaugurée à la toute fin des années soixante, elle fut érigée à l'initiative de l'abbé Michel Devert, qui repose d'ailleurs aujourd'hui dans le cimetière situé juste à côté. Cette chapelle, c'est Notre-Dame-du-Rugby . J'avoue que jusqu'à ce matin, je n'avais jamais eu vent de son existence, et c'est Arnaud Bevilacqua qui revient sur sa construction dans les colonnes de LA CROIX : une chapelle dédiée « à tous les rugbymen de la terre, vivants ou morts, connus ou pas connus » .

L'abbé Devert était un passionné de ballon ovale, et les murs de la chapelle sont en partie recouverts par des maillots, offerts en gratitude à la Vierge Marie. Du reste, ses vitraux rendent aussi hommage aux sportifs. L'un s'appelle « La vierge au joueur blessé ». Un deuxième a pour nom « La Vierge à la mêlée » . Et à l'occasion du match qui verra s'affronter ce soir les Bleus et les All Blacks, en quart de finale de la coupe du Monde, mon confrère nous explique que « le rugby n'a pas toujours été en odeur de sainteté » . Pendant des années, en effet, le monde catholique, effrayé notamment par la violence du jeu, lui a préféré le basket ou le football.

Mais désormais, la méfiance semble avoir disparu, ainsi qu'en témoigne le père Raphaël Comiotto, du diocèse de Grenoble, surnommé par certains « l'aumônier du rugby » . Il voit même de fortes convergences entre l'Evangile et les valeurs de l'ovalie : « Ce sport , dit-il, promeut la solidarité, la complémentarité, et la diversité. Il suppose également une dépendance à l'autre, car on ne peut rien faire seul et c'est une belle parabole de la vie. » Alors je ne sais pas si Dieu sera ce soir du côté des rugbymen français, ou bien du côté des néo-zélandais, mais d'après la presse, ce matin, c'est à lui qu'il faut s'adresser si l'on veut que le XV tricolore ait une chance de s'imposer.

Pour preuve, ce titre à la Une du PARISIEN : « Priez pour eux » . Eh oui, rien que ça, « Priez pour eux » . Sous-entendu : les chances de victoires sont très faibles... L'EQUIPE estime même qu'elles sont nulles : « La France n'a aucune chance de surprendre une nouvelle fois les maîtres du monde All Blacks en phase finale d'un Mondial... Elle n'a aucune chance et c'est là, finalement, la seule raison d'espérer. » Parce que, donc, c'est dans l'adversité que les Bleus, parfois, se réveillent. Et parce que trop de confiance, du côté des All Blacks, pourrait les conduire à la faute. Comme ce 6 octobre 2007, quand les Bleus s'imposèrent sur la pelouse de Cardiff. « Remember… » titre ainsi LA DEPECHE DU MIDI . « Même pas peur » , se rassure pour sa part VAR MATIN, tandis que LA CHARENTE LIBRE , nettement moins optimiste, évoque précisément des Français qui ont peur, « peur du noir » … Le dossier de L'EQUIPE MAGAZINE va plutôt dans ce sens. L'hebdo a recueilli les confidences de huit anciens équipiers néo-zélandais, et ils racontent ce que c'était pour eux d'être un All Black : un « esprit de sacrifice » , un « devoir d'exemplarité » , une « forme de religion » , en somme… Mais oui, nous y revenons.

Dès lors, que peut-on faire face à ces garçons-là ? Prier, donc, comme nous y invite LE PARISIEN , mais aussi espérer, à l'image de Jean-Marie Montali dans son édito. Espérer, oui, « car le rugby n'est pas une science exacte et qu'en sport, la fatalité n'existe pas. Bref : tout est possible » , écrit-il. Dans le journal, Jean-Pierre Rives, ex-capitaine du XV de France, y croit même dur comme fer. « Même si les Blacks nous impressionnent, je suis certain qu'on va gagner. » Puis il ajoute : « Affronter les Blacks, c'est vraiment le rêve de tout joueur de rugby. C'est comme jouer les Brésiliens au football, ou partir en week-end avec Marilyn Monroe. »

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Le seul problème, c'est que Marilyn n'est plus de ce monde depuis longtemps. Mais bon, du coup, là où elle est, peut-être qu'elle aussi pourra faire quelque-chose. Prions donc Marilyn Monroe.

Et à quel saint se vouer au Parti Socialiste ? La question se pose aussi ce matin dans les journaux, qui reviennent sur le référendum organisé par le PS. Référendum sur l'union de la gauche en vue des prochaines élections. Une « union des gauches impossible » , annonce LIBERATION CHAMPAGNE , tandis que LA NOUVELLE REPUBLIQUE évoque un scrutin « sans conviction » . Voir, dans AUJOURD'HUI LE PARISIEN , le reportage d'Eric Hacquemand dans la ville de Vailly-sur-Aisne. Il s'est rendu dans le bureau de vote et à l'issue de cette première journée, l'urne en carton n'avait reçu que 13 bulletins. Le responsable du bureau a rapidement fait ses comptes : « Trois jours à 13 votants, ça nous fait 39 au total. Avec ça , soupire-t-il, les partenaires de gauche vont vachement s'aligner derrière nous. » Puis son téléphone sonne et soudain, il exulte : « C'était les gars de Château-Thierry et ils n'ont que 5 votants ! On les a battus ! » Maigre consolation...

Le PS à la peine. En manque de militants. Lire aussi le reportage de Caroline Fontaine dans PARIS MATCH . En vue de ce référendum, elle a cherché à assister à une réunion de section et, dit-elle, « la route que l'on imaginait parsemée de roses s'est surtout révélée parsemée d'embûches » : des sites internet invalides ou périmés, avec des pages d'accueil qui appellent à la mobilisation des socialistes pour des élections de l'an dernier, ou même d'il y a trois ans, des responsables de section qui ne rappellent pas et, au final, la triste image d'un parti « à l'encéphalogramme plat, pour reprendre les mots d'un influent sénateur »

Et puis, un influent ministre fait également la Une : Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense... Il a confirmé qu'il mènerait la liste socialiste en Bretagne, tout en restant ministre. Et c'est une décision qui suscite la perplexité dans les éditos ce matin. Sévérité, même chez certains...

« Petite décision, mais grande conséquence » , écrit ainsi dans MIDI LIBRE Yann Marec, qui ne cache pas son incompréhension. « Alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, et que la France est engagée militairement sur le terrain, Jean-Yves Le Drian zappe et change de disque dur. La cible n'est plus Raqqa, mais Rennes. Oups ! »

« Et c'est évidemment au lendemain du second tour, que le bât blessera » , note de son côté David Renault d'Alonnes dans LE MONDE : « La Bretagne ou la défense ? Là réside encore la véritable incertitude. » Sachant que « s'il s'asseyait le 13 décembre au soir dans le fauteuil du président de la région, on voit mal comment l'exécutif pourrait, dans le climat actuel, justifier le maintien du ministre à son poste. Fût-il le meilleur d'entre eux » , estime Christophe Lucet dans SUD OUEST . Quant à Dominique Garraud, il relève dans LA CHARENTE LIBRE que « la seule logique de cette double casquette inédite serait de permettre à Le Drian de rester ministre de la Défense en cas de défaite dans son bastion breton » … Mais ce serait alors, écrit-il, « un mépris des usages politiques qui veulent qu'un ministre battu dans les urnes démissionne » . C'est toujours compliqué, la mêlée politique…

Et puis, à propos de la Défense, grand dossier dans LE FIGARO : « Depuis les attentats de janvier, l'armée de terre suscite des vocations » . Hausse des candidatures spontanées, et l'armée ne devrait, dès lors, avoir aucun mal à remplir ses objectifs de recrutement pour 2015. Envie de s'engager, de servir le pays, de le défendre face aux nouvelles menaces. Les candidats sont jeunes pour la plupart, mais ils sont aussi très nombreux à avoir plus de 45 ans – ça, c'est un phénomène nouveau. Du reste, depuis les attentats, les services de renseignement croulent également sous les candidatures.

Un classement nettement moins positif, à lire sur le site SLATE . Classement des pays les plus talentueux et créatifs – résultat d'une étude de chercheurs de Toronto, étude effectuée à partir des données de 139 pays Et quand on regarde la place de la France, ça fait un peu mal… Question « talent », notre pays n’arrive qu’à une piteuse 26ème position, derrière l’Ukraine, la Lettonie, et même derrière Cuba… Et question « créativité », la France arrive 15ème, derrière l’Islande notamment, mais aussi derrière la Nouvelle-Zélande… La Nouvelle-Zélande. Tout nous y ramène, ce matin…

La Nouvelle-Zélande, un pays créatif… Un pays de rugby… Et après le rugby, la douche ! Enfin, normalement… Mais il est, parait-il, possible de s’en passer. Lire, dans LA TRIBUNE : « La fin des douches grâce à un spray » ! C’est l’histoire d’un ingénieur chimiste, David Whitlock, qui ne s’est pas lavé depuis douze ans… Pourtant, il ne sent pas mauvais ! Prière de le croire sur parole… Et ce, grâce à ce spray très spécial qu’il a inventé : un produit qui se compose de bactéries qualifiées de « positives ». Au contact de la peau, elles peuvent décomposer l’ammoniac, le composé chimique responsable de nos odeurs. Du reste, l’un des composants dégagés par ces bactéries dilate les vaisseaux sanguins, ce qui permet de réduire la pression artérielle et de mieux contrôler les érections… Mais bon, j’avoue que je ne sais pas trop si la commercialisation de ce spray est une bonne nouvelle… Franchement, après un match de rugby, je pense qu’il faut continuer à préconiser la douche.

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