Qui a peur de quoi ?

Qui a peur de quoi ?

« Qui a peur de Virginia Woolf ? » Cette question, c’est le titre d’une pièce d’Edward Albee… Pièce qui avait connu un succès immédiat lors de sa création dans un théâtre de Broadway. Puis nouveau succès quand elle fut par la suite adaptée au cinéma, avec Richard Burton et Elizabeth Taylor. C’était en 1973, et le film valut un Oscar à celle qu’on surnommait « la belle aux yeux violets ».

« Qui a peur de Virginia Woolf ? », c’est l’histoire d’un jeu de massacre, une scène de ménage de légende, plongée dans l’enfer conjugal… Mais c’est également la peinture au vitriol des sacro-saintes valeurs de réussite américaines…

Edward Albee n’était toutefois pas l’homme d’une seule pièce… Par trois fois, pour trois autres textes, il avait reçu le prix Pulitzer… Ce qui justifie les hommages que lui rend aujourd’hui la presse outre-Atlantique… Selon le NEW YORK TIMES, il était le « dramaturge d’une génération désespérée »… Un homme qui avait su cartographier le fossé qui sépare la vérité des illusions de la vie contemporaine. Selon le WASHINGTON POST, il était « l’un des dramaturges les plus novateurs de sa génération »… Et avec ses drames, il savait « gratter le vernis du bonheur américain ».

Edward Albee est mort hier. Il avait 88 ans… Et ses pièces comptent sans doute parmi les plus importantes du patrimoine théâtral des dernières décennies.

Ce matin, le mot ‘patrimoine’ est d’ailleurs vraisemblablement celui qui revient le plus dans la presse… Un mot qui, contrairement aux apparences, « n'est pas formé de la jonction de patrie et de moine », nous explique, dans LE FIGARO, Etienne de Montety. Non : "patrimonium", en latin, désigne "un bien de famille". Cela dit, poursuit-il, « le patrimoine que l’on peut découvrir pendant les deux jours qui lui sont consacrés appartient bien à la patrie, car là, il ne s'agit pas d'un bien de famille, mais d'un bien collectif ».

Tout le week-end, se tiennent donc les 33ème Journées européennes du patrimoine, et le sujet fait la Une d'une partie de la presse régionale. Dossier de quatre pages dans LA CHARENTE LIBRE : « le patrimoine à cœur ouvert ». Quatre pages également dans LA MARSEILLAISE : « lieux historiques ou insolites accessibles à tous ce week-end »… « Un week-end pour se faire plaisir », s'enthousiasme LE TELEGRAMME, tandis que LA DEPÊCHE DU MIDI propose une série de portraits de citoyens qui entretiennent bénévolement les lieux de la région : « patrimoine, un trésor public »…

Mais c'est un trésor qui, parfois, coûte une véritable fortune : « Restaurer un château, ça peut être la ruine », commente MIDI LIBRE, qui s’intéresse à ceux qui consacrent leur vie, et leur portefeuille aux vieilles pierres.

Photo, justement, d’un château en pleine restauration à la Une de LA CROIX : le célèbre château Renaissance d’Azay-le-Rideau, entre Tour et Chinon… On redessine les jardins, on restaure la façade, la charpente et les plaques en plomb polychrome décorées de la crête du toit. Un chantier colossal, qui ne prendra fin que dans six ans…

Le patrimoine est avant toute chose une affaire de « monument », mais bien sûr, ce n’est pas que cela, et dans son numéro d’automne, la revue culturelle MOUVEMENT revient sur une info qui concerne notre patrimoine musical… Une info révélée en juillet par le site LE LANCEUR, qui s’est penché sur les subventions accordées aux jeunes créateurs… En l’occurrence, c’est la Société civile des producteurs phonographiques qui distribue les fonds. Une aide « aux jeunes créateurs », qui est censée aider les jeunes pousses de la chanson… Or, l’an dernier, qui ont été les principaux bénéficiaires de cette aide « aux jeunes créateurs » ? Je vous donne le classement. En tête : Chimène Badi, qui a reçu la coquette somme de 185.000 euros… Deuxième : Charles Aznavour, qui a reçu plus de 166.000 euros pour l’aider à produire son dernier album. Suivent Eddy Mitchell, Johnny Hallyday et Zazie, qui ont, eux également, bénéficié de plus de 100.000 euros en tant, donc, que « jeunes créateurs »… Aznavour, Mitchell, Hallyday… Je ne suis pas sûr que l’on puisse parler de jeunes pousses de la chanson…

Pas toujours simple, donc, de savoir de quelle manière aider ceux qui font la culture… Sachant que pour ceux se lancent en politique, là encore, il est très souvent question d’argent. Et, ce matin LE PARISIEN dresse le portrait de l’homme qui a décidé d’aider Emmanuel Macron.

Il s’appelle Henri Hermand, il a 92 ans, il a fait fortune dans la grande distribution, il était compagnon de route de Michel Rocard, et c’est ce courant de pensée, celui de la « deuxième gauche non marxiste » qu’il entend faire vivre dans le mouvement « En marche ! » d’Emmanuel Macron… « Celui-ci doit-il se présenter à l’Elysée ? », lui demande le journal. Réponse de l’homme d’affaire : « Tout dépendra du soutien populaire qu’il va recevoir dans les mois qui viennent. » « Et s’il a ce soutien, mais que François Hollande est de nouveau candidat ? » « Il doit y aller tout de même », assure le monsieur, confiant qu’il aide l’ancien ministre à récolter des fonds… « J’ai des relations, dit-il, donc je demande à mes amis qui en ont les moyens d’essayer de le soutenir. » Toutefois, il précise dans le même temps, qu’à ses yeux, l’entourage d’Emmanuel Macron manque aujourd’hui de personnalités politiques… Son comité d’orientation est, pour l’instant, essentiellement constitué de communicants…

Et, de fait, Macron communique, analyse Pauline Theveniaud… On a eu Macron à la ferme, Macron fait de la moto, Macron visite une entreprise, Macron prend un bain de foule, Macron se fait raser… Depuis sa démission, l’ex-ministre de l’Economie se déplace et se montre partout, mais on a toujours pas la moindre idée de ses propositions… « La boîte est très jolie », épingle ainsi un responsable du PS… « Le problème, c’est quand on va l’ouvrir. »

Lui, c’est ce week-end à Sète qu’il va présenter son programme pour la présidentielle. Un projet détaillé de près d’un millier de pages… Photo de Bruno Le Maire à la Une du FIGARO… Candidat à la primaire Les Républicains, il dit déplorer que depuis maintenant deux quinquennats, « on enfume les électeurs de droite comme de gauche »… Il veut donc « en finir avec la politique de l’autruche », et déclare « vouloir écrire une nouvelle page de l’histoire politique de notre pays »…

C’est d’ailleurs également ce dont rêvent les deux autres responsables que LIBERATION met à sa Une… Photo de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen… Et ce titre assez bien trouvé : « Primaire à l'extrême-droite »… L'une camoufle son discours derrière un vernis de respectabilité... L'autre redouble d'agressivité au point de sembler plus à droite que le Front National – ça promet, commente le journal, qui dresse le portrait de celui qui devrait hériter du poste de directeur de campagne de Marine Le Pen : David Rachline, le maire de Fréjus, où ce week-end, la présidente du FN devrait de nouveau confirmer sa stratégie. Elle entend « lisser son image », paraître combattante et avant tout sereine – en somme, arrêter de faire peur… « Qui a peur de Marine Le Pen ? » Encore trop d’électeurs, estiment ses amis…

Le journal révèle par ailleurs un scandale dans une association de malvoyants… Soupçon de malversations… Soupçon de discriminations… L’union nationale des aveugles et déficients visuels est visée par une plainte concernant divers abus financiers… Abus de confiance, abus de biens sociaux, extorsion, travail dissimulé, exercice illégal de la médecine, mise en danger de la vie d’autrui… Eh bien oui, tout cela à la fois… Un grand train de vie pour les dirigeants de l’association, mais des salariés payés au lance-pierre… Sans oublier les vexations, certains malvoyants étant ouvertement qualifiés de bigleux ou de neuneus…

Une histoire de tracteur à lire dans NORD LITTORAL… Il s’agit d’un tracteur des années 80 qui, fin août, a été verbalisé pour stationnement gênant à Marseille. Mais ses propriétaires refusent de payer l’amende, car à ce moment-là, leur tracteur était en réparation 1.000 kilomètres plus au nord, dans un garage du Pas-de-Calais. Il ne s’est même jamais rendu à Marseille.

Enfin, pour finir, une histoire de maternelle à lire dans LA VOIX DU NORD : « A trois ans, Olivia réussit à s’enfuir de l’école pendant la récréation. » Echappant à la vigilance des maîtresses, la petite fille s’est faufilée sous la grille de l’établissement, puis elle a rejoint sa maison, parce qu’elle voulait voir sa maman, laquelle compte aujourd’hui porter plainte pour négligence, contre le personnel enseignant. Quant à la petite Olivia, on se dit que peut-être, elle a peur d’aller à l’école.

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.