Bonjour à tous, « Vos types ne s’intéressent qu’à ce qui choque, et à ce qui est moche… » disait Charles de Gaulle à Alain Peyrefitte, son ministre de l’Information. Le trait vaut toujours sans doute, pour certains professionnels de la profession, mais pas tous, comme le prouve à l’envie le Kiosque ce samedi. Dans le supplément du « Monde », vous lirez, j’en suis sûr, en priorité, la belle aventure de ce couple modeste qui décrocha au printemps 2008, le Gros lot de l’euromillions : 60 millions d’euros. Ces heureux millionnaires sont restés silencieux toute une année, avant de se confier anonymement au journaliste Frédéric Potet. Ils lui disent tout. Leur surprise à l’annonce de leur coup de chance, puis leurs angoisses, leurs interrogations. Que faire de 60 millions ? Comment les dépenser sans se faire repérer ? Que faut-il acheter ? Où faut-il les placer ? Comment éviter les importuns, les tapeurs, les voleurs ? Bref, comment s’épargner le stress, si bien décrit par La Fontaine dans « Le savetier et le Financier ». Les heureux millionnaires en question ont quarante ans, des enfants. Ils habitent dans une petite ville de l’Est… Ils craignent qu’on kidnappe leurs gosses. Que le chèque énorme de La Française des Jeux soit difficile à encaisser, à déposer dans une banque. Ils le coupent en trois. La banque habituelle de Monsieur est dépassée, techniquement et psychologiquement… Il doit en trouver une autre, dans sa petite ville. Un premier chèque de 19 millions d’euros est finalement déposé sur un compte spécial, dans la seconde agence plus entreprenante que la première, mais l’employée chargée de l’opération ne peut entrer un montant à huit chiffres, car il manque deux cases à son logiciel ! La suite, vous la lirez vous-même dans « Le Monde » daté d’aujourd’hui, et la conclusion aussi, car le couple, en un an, s’est habitué doucement à la fortune… En distribuant quelques millions aux proches… En s’achetant sur un coup de cœur, une maison d’un million et demi en Provence et en apprenant raisonnablement à dépenser chaque mois, leurs 150.000 euros d’intérêts. L’ex-employé de bureau, s’amuse le journaliste du Monde, Frédéric Potet, s’est fondu dans sa peau de nouveau riche avec une tranquillité déconcertante. « Plus rien ne l’affecte, ni ne l’angoisse ». Comme disait Sacha Guitry et comme pourrait dire, pour sa défense, le patron de la Société Générale, Daniel Bouton : « Etre riche, ce n’est pas avoir de l’argent, c’est en dépenser ». De toute façon, réplique « L’Humanité », en citant Cocteau : « La vérité est trop nue, elle n’excite pas les hommes ». Et le quotidien communiste d’ouvrir le dossier de la crise financière, affirmant que ce sont les ménages qui vont payer la note, par le biais de la fiscalité locale. Dans la presse économique, le débat se poursuit, sur les perspectives de reprise. Est-ce que ce sera en 2010, en 2011 ? « Marianne » choisit d’enquêter, sur vingt ans de « bobards économiques » de bout du tunnel, de relance qui tarde à s’élancer. Ils ont eu tout faux, s’écrit, preuves à l’appui, l’hebdomadaire, avant de soupirer… Et ça continue. Le journal « La Tribune » préfère souligner le propos de François Fillon en déplacement hier dans la Marne. Selon le premier ministre : « La reprise va être assez molle en 2010, et la dégradation de l’emploi, hélas, ne s’arrêtera pas ». L’OFCE prévoit la disparition de 950.000 postes sur deux ans, ajoute, pessimiste, ma consoeur des « Echos », Agnès Laurent. Jacques Julliard dans « Le Nouvel Observateur » voit sonner dans ce contexte gris foncé de l’économie, l’heure des syndicats. Devant la carence des politiques, écrit-il, tout occupés par l’élection présidentielle de 2012, voire de 2017, il appartient aux centrales ouvrières de mener le combat. Les ambitions des uns et des autres, expliquent, selon Julliard, le scepticisme de l’opinion. Et aussi, si l’on peut dire, la paix royale dont jouit Sarkozy dans le champ politique. Extrait de l’analyse du chroniqueur du Nouvel Observateur : « Pour montrer leur détermination, les socialistes en sont réduits à faire à Nicolas Sarkozy de petites niches comme celle de la semaine dernière à propos de la loi Hadopi sur le téléchargement. Cela nous fait une belle jambe. Il en va de même de la pétition contre le bouclier fiscal. Le PS aurait été bien inspiré d’y inclure les faveurs inouïes faites à Bernard Tapie, qui vont à elles seules coûter presque aussi cher au contribuable (de l’ordre de 400 millions d’euros). Devinette : pourquoi le PS n’a-t-il rien dit du cas Tapie ? De sorte que la seule opposition à laquelle se heurte Nicolas Sarkozy se trouve dans le domaine social. Les ouvriers – tiens donc, on les avait oubliés, ceux-là ! – les ouvriers donnent de la voix et du geste ; contre le pouvoir politique et plus encore contre le pouvoir économique. Les séquestrations dont commencent à être victimes patrons et personnels d’encadrement donnent la mesure de l’impuissance des politiques et du discrédit dans lequel ils sont tombés. Pas fou, Olivier Besancenot joue aujourd’hui au leader syndical plutôt qu’au dirigeant politique. Ce qui, pour un lénino-trotskiste, est un comble. En somme, conclut Jacques Julliard, pour reprendre un mot célèbre, le peuple est contre mais il est bien le seul. Cette situation rappelle celle que l’on a bien connue à la fin du règne du général de Gaulle : un tête-à-tête entre le chef de l’exécutif et les syndicats. Les chefs de l’opposition ne se nommaient pas, alors, Mitterrand et Marchais mais Séguy et Descamps. Aujourd’hui, pour porter leur mécontentement, ce n’est pas à Aubry ou à Buffet que les salariés font confiance, mais à Thibault, Chérèque et Mailly ». Politique néanmoins, avec le sondage « Opinion-Way » réalisé par « Le Figaro » et « LCI », sur les élections européennes de juin prochain. Confirmation… Pour l’instant, ce scrutin ne mobilise qu’un Français sur 2. Mais si l’on votait dimanche, ces 49 % là, se prononceraient pour les listes UMP… à 28 %, les socialistes arriveraient seconds à 23 %. Troisième : le MODEM, 12. Europe-écologie à 10, Besancenot à 7, Front National à 6. Judith Waintraub commente : « La majorité bénéficie de la dispersion du vote protestataire ». Mais ce n’est pas l’Europe que regarde ce week-end la presse quotidienne, c’est le Continent américain. Nord et Sud… avec Barack Obama qui renoue avec l’autre Amérique… Cette arrière-cour rebelle à l’hégémonie des Etats-Unis, comme la décrit Patrick Bele dans « Le Figaro » d’aujourd’hui. Ils sont 34 chefs d’Etats, réunis à Trinidad, dont Hugo Chavez, le Vénézuélien, qui a serré la main à Obama, à la surprise des témoins présents, mais qui entend bien mettre son veto à la résolution finale. Mais Alexandre Adler dans « Le Figaro », Jean-Claude Kiefer dans « Les Dernières Nouvelles d’Alsace», Jacques Beal dans « Le Courrier Picard » se passionnent davantage, pour la détente dans les Caraïbes, entre les Etats-Unis et le régime castriste de La Havane. Pour « Le Courrier Picard », les signes du dialogue renoué entre Washington et La Havane, sont forts… (La France aussi…). Pour Jean-Claude Kiefer, le tabou de l’embargo n’est pas encore levé… D’ailleurs, écrit-il, c’est ubuesque. « Le président Barack Obama veut y mettre fin, autant au nom du réalisme que pour redorer le blason des Etats-Unis auprès des Sud-Américains tentés par l’aventure « révolutionnaire ». D’ailleurs, pourquoi « punir » Cuba quand en même temps Washington caresse la Chine et son régime peu recommandable mais si riche en bons du Trésor américains ? Malheureusement, Cuba est un tabou idéologique plus facile à transgresser en paroles qu’en actes, et, là encore des deux côtés. La fratrie Castro a besoin de l’ « ennemi » américain pour se maintenir et la partie la plus conservatrice de la société américaine ne peut concevoir des relations normales avec des « communistes » établis dans le pré carré des Etats-Unis. Un demi-siècle d’embargo semble être devenu dogme ».

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