Bonjour à tous. Cet après-midi, à Charm-el-Cheikh dans le Sinaï, Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak vont tenter de pérenniser le cessez-le-feu unilatéral, annoncé cette nuit par Israël. Le Président français et le Président égyptien co-présideront ce sommet arabo-égyptien, où seront présents, comme le souligne le JOURNAL DU DIMANCHE : le secrétaire général des Nations Unies, le Roi Abdallah de Jordanie, Angela Merkel, Messieurs Zapatero, Berlusconi, Gordon Brown. On le sait, les dirigeants de tous ces pays ont proposé de contribuer aux garanties exigées par Israël, soucieux d’empêcher le réarmement du Hamas, par de nouveaux tunnels, ou par les anciens qui n’ont été ni découverts, ni bombardés. Dans cette perspective, précise le JOURNAL DU DIMANCHE, des bateaux de l’escadre « Atalante » qui croisent au large de la Somalie, pourraient être mis à disposition et surveiller les flottilles qui alimentent Gaza en missiles ! Des systèmes de détection européens pourraient également être fournis aux Israéliens afin de surveiller les tunnels qui percent les 12 kms de frontière entre Gaza et l’Egypte. Paris considère en effet que la décision unilatérale de cessez-le-feu du gouvernement israélien, n’est qu’une étape. Et sur ce point, Nicolas Sarkozy est d’accord avec Hosni Moubarak. Il faut le plus tôt possible parvenir au retrait des troupes de Tsahal et à la réouverture des points de passage avec Gaza. Ce que Nicolas Sarkozy ira plaider cette nuit à Jérusalem devant les dirigeants israéliens. En attendant, comme l’atteste la manchette du JOURNAL DU DIMANCHE, la paix est en suspens. Sans un retrait israélien, le Hamas déclare poursuivre la résistance et la confrontation. Et comme le remarque LE MONDE daté dimanche-lundi, Tzipi Livni, la ministre des affaires étrangères « entend garder le doigt sur la gâchette ». Attitude identique du Premier ministre Ehud Olmert dont LE MONDE reprend les propos : « Nous stopperons la terreur, et nous empêcherons le Hamas de se réarmer, sans aucun compromis. Il n’y a aucune pression dans le temps et aucune pression internationale qui puissent nous empêcher d’atteindre ces objectifs. Je ne suis pas pressé ! Les photos que publient la presse française et internationale aujourd’hui, à l’image des manifestations d’hier en province et à Paris, témoignent de beaucoup plus d’impatience. Voyez à cet égard, la photo cadrée large d’une rue détruite à Rafah, que publie pleine page, le JOURNAL DU DIMANCHE. On y voit un homme marchant seul au milieu de ruines qui renvoient au souvenir que l’on a, de Dunkerque, de Dresde, rasées lors de la dernière guerre, et aussi, de Grozny après les pilonnages russes en Tchétchénie. Toutes les photos de Gaza prises ces derniers jours et présentes ce dimanche, dans la presse nationale et régionale, répètent, ce que Barbara chantait à sa manière, il y a quinze ans. « Pour qui, comment quand et pourquoi ? Contre qui ? Comment ? Contre quoi ? C’en est assez de vos violences… D’où venez-vous ? Où allez-vous ? Qui êtes-vous ? Je vous prie de faire silence. S’il faut absolument qu’on soit Contre quelqu’un ou quelque chose, Je suis pour le soleil couchant Je suis pour les forêts profondes, Car un enfant qui pleure, Qu’il soit de n’importe où, Est un enfant qui pleure, Car un enfant qui meurt Au bout de vos fusils Est un enfant qui meurt. Que c’est abominable d’avoir à choisir Entre deux innocences ! Que c’est abominable d’avoir pour ennemis Les rires de l’enfance ! Pour qui, comment, quand et combien ? Contre qui ? Comment et combien ? A en perde le goût de vivre, Le goût de l’eau, le goût du pain Et celui du Perlimpinpin. » Et la grande dame en noir de plaider pour les fleurs sauvages, pour que l’aube ait enfin sa chance. Et pour que les enfants puissent vivre avec tendresse, et donner avec ivresse. Vingt deux jours. Mille deux cents trois victimes, souvent civiles. Des enfants morts et des familles en larmes. Des écoles, des hôpitaux et des locaux de l’ONU bombardés, déplore aussi Jean-Louis Antoine, dans l’EST REPUBLICAIN de Nancy. L’espoir est mince d’une fin de crise, soupire l’éditorialiste qui voudrait croire à la bonne volonté du Hamas et d’Israël. Mais il y a, selon lui, trop peu de convergences entre l’Etat juif et l’organisation terroriste. Et il a aussi aujourd’hui un grand absent, les Etats-Unis et leur nouveau Président Barack Obama. Tout le monde l’attend, confirme à Lille, la VOIX DU NORD. On l’attend sur la crise, sur le Proche-Orient, sur la Sécurité sociale. La nôtre transposée enfin, sur le sol américain. Le POINT, nourrit lui aussi cette attente du successeur de George Bush, par toute la planète, en reprenant les promesses de son programme, tirées du livre-événement que publie Odile Jacob : « Obama par Obama ». Le POINT reprend une phrase du livre, à propos de la clé du succès promis à l’Amérique du XXIème siècle. « Il faut donner à chaque enfant une instruction de niveau mondial en recrutant une armée de nouveaux professeurs dotés de meilleurs salaires et de plus de soutien ; en prescrivant des critères plus exigeants et le sens des responsabilités dans les salles de classe ; en disant la vérité : que la meilleure éducation commence par des parents qui éteignent la télé, retirent les jeux vidéo et s’impliquent dans la vie de leurs enfants. » Eteindre la télé, oublier les jeux vidéo, quelle bonne idée, pour lire dans le JOURNAL DU DIMANCHE, les carnets de Bernard Henry-Lévy, de retour de Gaza et d’Israël. Et puis ces confidences de Gérard Depardieu : « J’ai envie de quitter la France ». Extrait du reportage du premier, avant le florilège des déceptions du second, dans le JOURNAL DU DIMANCHE. « Le peu, très peu, que je vois (buildings plongés dans l’obscurité mais debout, vergers à l’abandon, la rue Khalil Al-Wazeer avec ses commerces fermés) indique la ville sonnée, transformée en souricière, terrorisée. Mais certainement pas rasée au sens où purent l’être Grozny ou certains quartiers de Sarajevo. Peut-être serai-je démenti quand la presse entrera dans Gaza, mais pour le moment, c’est encore, un fait." Ehud Olmert à Jérusalem. Il revient sur le double jeu d’un Moubarak que la communauté internationale devra bien finir par forcer à fermer sa frontière aux contrebandiers bédouins. Mais voici qu’il change de ton. Et, d’une voix plus sourde, il entreprend de me raconter la dernière visite d’Abou Mazen, il y a trois semaines, dans ce bureau, à la place même où je me trouve. « Je lui ai fait une offre : 94,5 % de la Cisjordanie. Plus 4,5 % sous forme d’échange de territoires. Plus un tunnel, sous son contrôle, reliant la Cisjordanie à Gaza et équivalant au 1 % manquant. Et, quand à Jérusalem, une solution logique et simple : les quartiers arabes pour lui ; les quartiers juifs pour nous ; et les lieux saints sous administration conjointe saoudienne, jordanienne, israélienne, palestinienne, américaine. Abou Mazen m’a demandé de lui laisser la carte sur laquelle j’avais dessiné mon schéma. Je ne l’ai pas fait car je le connais et sais comment il aurait, la prochaine fois, pris mon papier comme point de départ d’une contre-négociation. Mais bon. L’offre est là. J’attends. » Trop beau pour être vrai. Ils sont là, bien sûr, les interlocuteurs d’Israël. Ils sont là, les partenaires de la paix future. Une paix en dépit de tout. Une paix par-delà les dévastations et les larmes. Une paix de raison, sans effusion ni enthousiasme. Mais peut-être, pour cela, plus que jamais à portée de main. Deux peuples, deux Etats. Une paix sèche.

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