quelqu’un est-il POUR quelque-chose ?

Oui ou non : quelqu’un est-il POUR quelque-chose ?

« Quelqu’un est-il pour quelque-chose ? » C’est le titre de la chronique de Bruno Frappat dans LA CROIX ce matin. A la suite de la manifestation parisienne qui s’est tenue mardi dernier contre la loi Travail, il a ramassé une pancarte abandonnée sur un trottoir. Petite pancarte qui, selon lui, résume bien la France d’aujourd’hui. Recto-verso, le même mot, inscrit en lettres capitales : trois lettres, le mot ‘NON’. Sans plus de précisions. Mais, demande-t-il : « Est-ce bien nécessaire de dire à quoi l’on dit ‘non’ quand on envie de dire ‘non’ à tout, très simplement ? »

On dit ‘non’ à la loi El Khomri, non au gouvernement qui refuse d’écouter le peuple, non aux patrons, non au temps gris qui plombe l’atmosphère. On dit ‘non’ aux mensonges du libéralisme, ‘non’ à l’argent, à la misère, ‘non’ à l’article 49-3, déni de la démocratie… On dit donc ‘non’ sans cesse, mais comment choisir le ‘oui’ quand tout nous à refuser la société qu’on nous propose ? Pas une réforme qui vaille et pas un seul homme politique qui soit en mesure d’entraîner notre adhésion. Pas un jour sans mots, sans angoisses, sans mauvaises nouvelles. Orlando, Magnanville, Lybie, Kaboul, Alep, Marseille… Mais, s’interroge Frappat, « Si nous organisions collectivement le camp du ‘oui’ à quelque-chose ? » Un cortège des gens heureux. Si l’on rassemblait toutes ces forces, quelle joie se serait pour le pays ? Et puis à la fin d’une manif, on pourrait alors ramasser une pancarte avec de gros ‘oui’ écrits des deux côtés…

Le jour où l’on célèbre l’anniversaire du discours de l’homme qui a dit ‘non’, Bruno Frappat rêve donc d’un grand mouvement qui dirait ‘oui’. Un vœu pieux, de toute évidence. Mais « oui ou non », c’est bien la question qui agite la presse en ce matin. On peut même dire que « That is the question ».

Yes or no à l’Europe : c’est la question à laquelle devront répondre les Anglais la semaine prochaine. Le referendum aura lieu jeudi, mais la campagne, ces jours-ci, a été bouleversée par l’assassinat de la députée pro-européenne Jo Cox, ainsi que le titre LE MONDE. Le Royaume-Uni est plongé dans un état de choc et même si le mobile du tueur n’est pas encore déterminé, on sait qu’il était un sympathisant des mouvements d’extrême-droite. Raison pour laquelle L’INDEPENDANT estime qu’il s’agit là d’un « assassinat politique ». Un assassinat qui pourrait rebattre les cartes, alors que les sondages continuent de donner une nette avance pour les partisans du Brexit… Ce matin, le quotidien britannique THE TIMES se déclare favorable à un maintien du Royaume-Uni dans l’Union. Dans un éditorial intitulé « Refonder l’Europe », le journal explique que « la meilleure issue de ce référendum serait une nouvelle alliance entre les nations souveraines de l’Union, alliance basée sur le libre-échange et les réformes, et guidée par la Grande-Bretagne »…

De son côté, LIBERATION dresse l’inventaire de ce que coûterait une sortie de l’Union du Royaume-Unis. Au niveau politique : un changement de Premier ministre et des tensions avec l’Ecosse, qui pourrait être tentée de réclamer de nouveau son indépendance. Au niveau économique : une crise à la City, qui pourrait décider de délocaliser ses banques. Sans doute, à la clé, de nombreuses suppressions d’emploi, une hausse du chômage… Et puis, une vraie perte, en termes de budget, pour le fonctionnement de l’Europe… On comprend que LIBE est clairement en faveur du ‘non’ – du ‘non’ au Brexit – ou pour le dire positivement, en faveur du ‘oui’ au maintien des Anglais dans le giron européen.

Oui ou non, la rencontre entre Philippe Martinez et Myriam El Khomri a-t-elle servi à quelque-chose ? C’est l’une des autres questions posées par la presse ce matin. Et si, selon LE PARISIEN, cette rencontre était surtout destinée aux caméras, les éditorialistes y voient tout de même une petite avancée.

Denis Daumin dans LA NOUVELLE REPUBLIQUE : pour lui, la rencontre d’hier montre qu’entre la CGT et le gouvernement, « la rupture n'est pas définitivement consommée et que nous en sommes plutôt au divorce par consentement mutuel ».

Jean-Marcel Bouguereau, LA REPUBLIQUE DES PYRENNEES : « Derrière les postures, les coups de menton des uns et des autres, on travaille à l'élaboration de pistes de compromis. Objectif : permettre aux belligérants de signer un cessez-le-feu, sans qu'aucun d'entre eux ne donne le sentiment d'avoir mordu la poussière. »

Sébastien Lacroix dans L’UNION : à ses yeux, hier a été un grand jour, puisque, officiellement, le dialogue social a repris. « Philippe Martinez s'est rendu chez Myriam El Khomri. Le premier a énuméré ses propositions à la seconde, qui a dit qu'elle les étudierait. Un tel dialogue de sourds est le signe que d'intenses discussions, que nous n'entendons pas, ont lieu en sourdine. C'est ce qu'on appelle le dialogue social à la française. » Bref : un dialogue de sourds, mais un dialogue tout de même…

Dialogue social « à la française »… et politique « à la française »… La mode est aux primaires, à droite comme à gauche. Une primaire « loyale et représentative » : c’est ce que va proposer Jean-Christophe Cambadélis aujourd’hui au conseil national du PS. Il l’explique dans les colonnes de LIBERATION et il souhaite que François Hollande participe lui aussi. Mais c’est le scepticisme qui domine dans les journaux… Le chef de l’Etat va-t-il se soumettre à ce mode de désignation ? Tout le monde répond ‘non’.

En somme, personne ne croit au projet du premier secrétaire du parti Socialiste, mais le frondeur Gérard Filoche a décidé de le prendre au mot, et il annonce ainsi sa candidature sur le site internet du POINT. De toute façon, dit-il, « Même une chèvre gagnerait contre Hollande ». Autrement dit, pourquoi pas lui !

Deux histoires financières dans les journaux ce matin.

Mauvaise surprise pour la ville de Cognac : une facture de 134.000 euros à cause d’une chaudière mal réglée. L’histoire est à lire dans LA CHARENTE LIBRE. Durant tout le mois d’avril, une des chaudières de la mairie a appelé automatiquement le numéro surtaxé d’un service de maintenance, afin de signaler une panne. La commune a saisi la justice, contestant le montant de la facture. Sachant qu’a priori, cette chaudière de Cognac n’était pas alcoolisée.

Autre affaire de gros sous, mais là, la facture est encore plus salée… Le magazine ACTEURS PUBLICS fait état des difficultés financières de l’ENA, l’Ecole Nationale d’Administration. L’an dernier, le déficit de la prestigieuse institution qui forme les élites françaises s’élevait à plus d’un million 800.000 euros – montant très au-dessus de celui de l’année précédente. Des mesures d’économies seraient à l’étude, notamment la baisse du nombre des élèves. Faute d’argent, moins d’énarques : certains, sans doute, applaudiront.

Au registre social, on notera par ailleurs cette nouvelle grève annoncée chez les pilotes d’Air France. Ainsi que le précise LE FIGARO ECO, ce sera du 24 au 27 juin.

Et puis, de son côté, la presse italienne ironise sur la grève de ses contrôleurs aériens qui a eu lieu hier. Des centaines de vols annulés, et de nombreux retards, mais uniquement l’après-midi, juste pendant le match Italie-Suite de l’Euro… Une grève qui portait sur le régime des retraites, et qui a commencé aux alentours de 13 heures, pour se finir à 17 heures, après le coup de sifflet final du match. Lundi déjà, les bus et les métros de Rome avait tourné au ralenti, là encore en raison d’une grève du personnel… Et là encore, pendant un match de l’Italie – laquelle l’a emporté 2-0 face à la Belgique.

Pour la France, le prochain match, ce sera demain soir face à la Suisse. Et pour l’occasion, Didier Deschamps a prévu de faire au moins quatre changements… Objectif, pour les Bleus : conserver la première place de leur groupe, ainsi que l’explique L’EQUIPE. Quatre joueurs qui étaient remplaçants contre l’Albanie seront donc cette fois titulaires : André-Pierre Gignac, Antoine Griezmann, Yohan Cabaye et Paul Pogba, celui qui assure, la main sur le cœur, que lors du dernier match, après le deuxième but marqué par Dimitri Payet, c’est une sarabande qu’il a dansée sur le terrain, alors que les images montrent une sorte de bras d’honneur en direction de la presse… Depuis trois jours, tous les experts s’interrogent sur l’interprétation de ce geste. Un geste brouillon, estime Camille Belsoeur sur SLATE.FR, qui invite le milieu de terrain tricolore à revoir sa chorégraphie, afin de réaliser des bras d’honneur plus réussi. Lever son avant-bras vers l’épaule, et avec l’autre poing, taper au creux du bras plié. Une tradition française dont on ignore les origines, mais qui fut déjà mise plusieurs fois à l’honneur dans le monde du sport. L’exemple le plus célèbre étant sans doute celui d’un perchiste polonais aux JO de 1980 à Moscou. Médaillé d’or, il avait été copieusement sifflé par le public russe. Et il avait donc répondu par un bras d’honneur.

Les Russes, c’est à Lille qu’ils ont joué mercredi face à la Slovaquie. Puis, le lendemain, à Lens, il y eut Angleterre-Pays de Galles… Mais alors « Quel bilan tirer de cette semaine un peu folle ? » s’interroge LA VOIX DU NORD. Réponse : une région qui se réveille avec la gueule de bois, car les gobelets de bière ont tous été vidés.

Les Russes qui, ce week-end, joueront cette fois à Toulouse, face aux Pays de Galles. « Faut-il avoir peur des hooligans ? » questionne LA DEPECHE DU MIDI. La réponse est dans la question, car le match est classé à risque par la préfecture…

Définition de hooligan : « anglicisme russe. Casseur de foot. Supporter multisport spécialisé dans le jet de bouteille et le lancer de barre de fer. » C’est l’écrivain Camille Laurens qui signe cette explication dans sa réjouissante chronique de LIBERATION ce matin. Chronique intitulée « petit footictionnaire par une nulle »… Série de définitions d’une auteure non spécialiste.

Définition de ballon : Plus lourd qu’une bille, plus léger qu’une boule, mais moins gros qu’un melon. Voir Ibrahimovic…

Définition de lucarne : Fenêtre dont il s’agit de casser le carreau sous les acclamations. Le responsable n’est jamais puni.

Définition de passe : Bonne ou mauvaise… Voir Emmanuel Macron, ou bien François Hollande…

Définition de prolongation : Dernières bières pour la route. Je crois que c’est celle que je préfère… A ce petit footictionnaire, je dis donc un grand ‘oui’ !

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