Bonjour à tous… Article 1 : « Les hommes politiques sont éliminés. » Article 2 : « Tout va continuer en France, comme par le passé. » C’est un pédiatre parisien, le docteur Julien Cohen Solal qui commentait ainsi, hier soir, devant mon kiosque à journaux, la situation créée par le phénomène Ségolène Royal. Et c’est un psy, spécialiste de la famille, M. Serge Hefez qui analyse ce matin dans Le Parisien la première intervention publique, de Madame Royal, à l’annonce de sa victoire. « Elle était transfigurée, écrit-il. Pendant une minute elle fut en lévitation, sur un coussin d’air. Visage lumineux, sourire radieux, comme traversée par la grâce. Elle a surgi devant nous, tout en blanc… On aurait dit une apparition, venue du ciel comme l’immaculée conception ! » Et le psychanalyste d’expliquer : « On était dans l’ordre du mystique, de la mission. Comme si, à cette seconde précise, Ségolène Royal avait pris conscience de son destin : devenir peut-être, la première femme à accéder en France, à la Présidence de la République. » D’ailleurs, souligne encore le docteur Hefez… Elle a commencé par parler du bonheur qu’elle ressentait. Cela signifie qu’elle met au premier plan, ses émotions. Avant l’analyse, ou les remerciements. Elle parle d’elle. Un homme politique, se serait contenté de dire sobrement – je vous remercie – Ségolène Royal au contraire, ressent, et se positionne, ainsi dans le champ féminin, où l’on part de ce qui est senti intuitivement, avant d’échafauder un raisonnement. Et voici, la conclusion du psy, interrogé par Marc Payet mon confrère du Parisien ce matin. Elle était heureuse physiquement, comme pour mieux nous dire, que le bonheur est dans le corps, et pas dans la tête. C’est ensuite, après ce préambule charnel d’amour avec les Français, qu’elle a repris ses esprits pour dire : on va tous gravir la montagne ensemble ! Après le pédiatre, après le psy, je vous propose dans la page Débats du Figaro d’aujourd’hui, l’analyse de la philosophe Elisabeth Sledziewsky, maitre de conférences de Sciences politiques, à l’université Robert Schumann, de Strasbourg. C’est donc elle, mais pourquoi ? s’interroge l’universitaire... Elémentaire, mon cher Watson ! - C’est elle, parce que les vieux militants socialistes n’ont pas pu, cette fois, confier leur projet au secrétaire général du Parti. - C’est elle pour les nouveaux adhérents, parce qu’ils étaient venus là, justement pour elle. Et, c’est elle, parce que c’est la déesse, même, même pour ses deux compétiteurs, qui nous ont fait penser à Nadir et Zurga, dans les pêcheurs de perles… Et oui, les perles de Ségolène Royal, dont ils se gaussaient, à propos de la mise au pas des profs, des camps de jeunesse, ou du nucléaire iranien. Et Madame Slediewski, de se gausser à son tour, page 20 du Figaro ce matin. Oui, c’est elle… insiste l’universitaire mais pas pour son discours politique, trop lisse, trop plat. Pas pour un projet : des gadgets, pour brouiller les cartes et faire jaser les médias. En réalité, conclut la philosophe… les socialistes viennent d’élire une icône. L’icône Ségolène. Une femme, parce qu’il fallait que ce soit une femme, qui va combattre sur le terrain des images et des rêves, avec ses propres armes, faites d’effusions faciles et de fantasmes. Tout cela, selon Madame Slediewski, ne devrait pas trop émouvoir, son futur adversaire, Nicolas Sarkozy, qui aurait redouté davantage un Parti socialiste, en ligne de bataille classique derrière l’un de ses poids lourds. Tandis que là, assure l’universitaire de Strasbourg, c’est le socialisme endolori d’une France vieillie, hypocondriaque qui se choisit une icône, surveillante-chef dont la devise sera : « Allo. Maman bobo. » Les éditorialistes politiques en jugent évidemment tout autrement. Nicolas Beytout, par exemple, s’il veut bien parler de magie, lui aussi, prévient la droite dans son éditorial du Figaro, ce matin. « Attention, attention, si la machine à perdre, s’emballe, dérape, Ségolène sera difficile à battre. » Attention, s’inquiète également, Pierre Laurent, dans son éditorial de l’Humanité, attention, il y a une situation nouvelle à gauche. Le score de 60% de Ségolène Royal, est sans appel, elle a tenu son pari. Et cela pose question, évidemment sur ses orientations. Et Pierre Laurent de conclure, pour ne pas désespérer Billancourt, et la gauche de la gauche… Si Ségolène Royal, a gagné la bataille, chez les militants socialistes… elle n’a pas gagné encore, chez les électeurs. Ca qui nous rappelle un certain Charles de Gaulle. En attendant, en attendant, souligne néanmoins, Roland Cayrol, dans Le Parisien, la démocratie d’opinion fait la loi. Et nous les sondeurs, avons été surpris, par les 60% de Ségolène Royal, même si toutes les enquêtes d’opinion, indiquaient depuis des semaines que la seule personne en mesure de battre Nicolas Sarkozy était la députée des Deux-Sèvres. Et Roland Cayrol de conclure : les socialistes ont eu un réflexe de vote utile. Ils ne veulent plus disperser leurs voix et se retrouver, dans la situation d’avril 2002 où ils avaient du voter pour Jacques Chirac. La leçon qui va rester de tout ça, selon Roland Cayrol, c’est que les appareils, s’ils ne sont pas assez légitimes, sont dépassés par la base. Mutation, et enterrement des éléphants… renchérit Dominique Vales, dans La Montagne, de Clermont-Ferrand. Tout bouge à gauche, et tout va bouger aussi à l’extrême-gauche et à droite, pronostiquent un grand nombre d’éditorialistes régionaux. « Le parti socialiste a un nouveau visage, titre en manchette Ouest-France, et c’est une femme de cinquante ans, renchérit dans Libération Gérard Dupuy qui pronostique, lui, la disparition prochaine, de ceux qu’il appelle les inusables de la politique. Reste selon l’éditorialiste de Libération, six mois à Ségolène Royal, pour prolonger son coup de balai, et tester en grand… ce qu’elle a réussi au Parti socialiste, avant de rejoindre, Angela Merkel, et peut-être, peut-être un jour Hillary Clinton aux Etats-Unis. « C’est une nouvelle vague qui déferle »… constate à Lille le journal La Voix du Nord, tandis que Georges Latil, indique dans La Provence à Marseille, que le plus dur commence pour Ségolène, Ségolène qui a rafraichi la gauche, en jouant les indigènes provinciales, voire les Bécassine, mais gare, conclut mon confrère, le courant d’air, pourrait aller aussi, rafraîchir, et transformer bientôt, très bientôt l’UMP. La presse étrangère, Financial Times, en tête, souligne lui aussi, l’événement, historique, d’une femme, en position d’accéder en France, à la magistrature suprême. Le Soir de Bruxelles, le Devoir de Montréal et Le Temps de Genève, s’enthousiasment aussi, et parlent d’une ère nouvelle, même si écrit Le Temps, Ségolène fait désormais l’objet d’un culte à la Jeanne d’Arc. Une Jeanne d’Arc assez prudente, pour s’éloigner un temps des micros et caméras… Invitée hier soir, du journal de 20 heures de TF1, Madame Royal, a annulé in extrémis sa participation au rendez-vous de Claire Chazal. Elle a bien fait parce vous que les caméras de télé, les projecteurs ça vous rend incandécents un temps puis ça vous brûle ; Une surprise… et deux dossiers pour finir… Je lis dans Le Monde, que des assesseurs, ont osé, ont osé, dans le XVIII arrondissement, demandé à Jospin de présenter sa carte d’identité…Il est gentil, je crois qu’il l’a montré… Et je découvre dans Le Parisien, le dessin de Ranson… Il est génial. On voit Bernadette Chirac qui parle à son président de mari : « Je pourrais me présenter finalement »… Et Jacques Chirac lui dit : Bernadette ! Bernadette… Faut pas que tout ça vous monte à la tête ! Dans Charly Hebdo… On voit un Ségolène Royal à qui on a tiré les traits… et si Mitterrand revenait, sous une autre forme évidemment…

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