Bonjour à tous… Dimanche 18 novembre, ou 18 brumaire ? C’est selon, même si nul ne prévoit pour les jours qui viennent un coup d’Etat à la mode d’autrefois. La preuve en est donnée par les médias qui s’étonnent d’un bras de fer interminable entre le pouvoir et les syndicats des transports, mais ne le dramatisent pas. Et pourtant, comme l’indique en manchette LA VOIX DU NORD, la grève des cheminots, qui va entrer dans sa deuxième semaine fait des « dégâts ». Attitude identique à Montpellier où le journal LE MIDI LIBRE soupire que la « galère » est loin d’être terminée pour les clients du chemin de fer. « Au cinquième jour du conflit, souligne le quotidien montpelliérain, six syndicats de cheminots sur huit, poursuivent la grève, en attendant les assemblées générales de cet après-midi. » « Mais c’est étrange, relèvent mes confrères du MIDI LIBRE, vendredi dernier, le pourcentage des grévistes était tombé à 32%, et le mouvement semblait s’essoufler. Aujourd’hui, tout se passe comme si les syndicats radicaux des cheminots attendaient mardi, la grève des fonctionnaires, pour reprendre un nouvel élan. » «C’est étrange », renchérit Jacques Espérandieu dans le JOURNAL DU DIMANCHE, avant de revenir sur ce qu’il appelle une folle semaine, et la réunion à l’Elysée d’hier soir. « C’est, écrit l’éditorialiste du JDD, l’histoire bizarre d’une grève que pas grand monde ne voulait, et dont personne ne sait plus au juste comment en sortir. Bernard Thibault de la CGT en tout premier. » « Celui-ci, poursuit Jacques Esperandieu, voulait en finir, en évitant les risques d’isolement. Claude Guéant à l’Elysée voulait en finir aussi. » Mais la base (comme on dit) n’a pas suivi et a montré sa détermination à poursuivre le mouvement. Malgré Thibault et la CGT. Malgré Chérèque et la CFDT. « Et pourtant, assure mon confrère du JDD, Nicolas Sarkozy, dans un premier temps, avait choisi lui aussi d’imposer un cadre, en prônant une sorte d’ouverture, à sa majorité pressée d’en découdre. » D’où le thème rassembleur du président de la République : « Personne ne doit perdre la face ». « Hélas, conclut Esperandieu, malgré la colère des usagers, la grève se prolonge, et rien n’est plus risqué qu’un conflit qui dure, dans un pays qui se crispe. » En page intérieure, la rédaction du JDD prévoit une intervention de Nicolas Sarkozy, probablement ce lundi, avant l’arrivée du président vénézuélien Chavez, à Paris. « Lundi, écrivent Virginie Le Guay et Florence Muracciole, nous serons dans le temps de la politique… et le temps de l’idéologie ». « On verra bien alors, lâchait hier un proche du chef de l’Etat, cité par mes deux consoeurs, où sont les extrémistes. » Deux sondages là-dessus, puisque dans les deux camps, pouvoir-syndicats, on veut prendre à témoin l’opinion, une opinion que n’expriment pas forcément les médias. Sondage du PARISIEN-DIMANCHE, réalisé les 14 et 15 novembre derniers. A qui faites-vous ou ne faites-vous pas confiance pour réduire le nombre de grèves en France et faciliter le dialogue social ? Confiance en Nicolas Sarkozy ? Oui, 51%.... Non, 43%. Confiance aux syndicats ? Oui, 46%... Non, 50%. Commentaire de Renaud Dely, dans ce titre pour le moins réservé que je cite : « Les Français font encore confiance à Sarkozy ». Et conclusion de l’article de mon confrère du PARISIEN, que je cite aussi : « A mesure que le conflit dure, le climat d’ouverture, vanté par le président se dissipe, et le clivage droite-gauche reprend de la vigueur. » Sondage parallèle de l’IFOP pour le JOURNAL DU DIMANCHE… plus politique celui-là, puisque la question porte sur la satisfaction des personnes interrogées… « Etes-vous satisfait ou mécontent du président, et du chef du gouvernement ? » Satisfaits de Nicolas Sarkozy… 55% (en baisse de 4 points sur le baromètre d’octobre). Mécontents… 44% en baisse de 5 points). Quant à François Fillon, il enregistre lui aussi une satisfaction à 52 points… et un mécontentement à 44. Commentaire de Jean-Luc Parodi… « Les deux hommes disposent encore d’une popularité positive… mais il y a des fissures, gare aux failles… peut-être à venir. » En attendant, ajoute-t-il, l’état de grâce, c’est fini ! Restent les optimistes… Voyez dans LE PARISIEN, le plan-choc de Michèle ALLIOT-MARIE, pour taper fort sur les trafiquants des points de permis de conduire… (3 ans de prison). Et dans le même journal, à propos du mécontentement étudiant, Valérie Pécresse, qui, si elle déplore le blocage de certaines facs, déclare : « Je ne suis pas inquiète ». Une partie de la presse dominicale semble partager l’avis du ministre de l’Education nationale. En se réjouissant de la neige, présente dans les Vosges et les Alpes, de Noël qui vient, et des Bleus qualifiés pour l’Euro, sans jouer… Voyez à cet égard, la DEPECHE DU MIDI. Le DAUPHINE DIMANCHE, enchanté par les multiplications des épiceries fines, et exotiques à Grenoble. LE PROGRES DIMANCHE est plus enthousiaste encore, quand il s’écrie en manchette : « Noël, c’est l’heure des emplettes » OUEST France s’émerveille aussi de l’Euro 2008 où, grâce à l’Italie, triomphant de l’Ecosse, les Bleus se voient qualifiés. Le record du 200 mètres, battu par Laure Manaudou, séduit aussi l’édition dominicale du grand quotidien breton… En première page, on voit en effet Laure embrasser son fiancé… 18 novembre n’est pas 18 brumaire !… C’est vrai… la grève coince… mais on n’est pas au Bengladesh, et LE PARISIEN DIMANCHE espère que Chavez, qui s’active pour Ingrid Betancourt, apportera de bonnes nouvelles, mardi à Paris. Novembre… Il y a dix ans mourrait Barbara… Ne ratez pas le hors-série, que publie TELERAMA.

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