Bonjour à tous… L’expulsion des Roms, créé l’indignation de la presse française et étrangère. Mais si vous aviez aujourd’hui le Président Sarkozy en face de vous, que lui diriez-vous ? « Je lui dirais, avec tout le respect que je lui dois, que la France est assez grande pour résoudre ce problème, autrement que par l’humiliation de quelques milliers de personnes. Moi, l’ancien réfugié, je me range du côté de ceux qui sont menacés d’expulsion. Car cela n’est pas digne d’une société civilisée, cultivée et morale, telle que la France voudrait être et que j’espère, elle est. Il faut au contraire donner à ces réfugiés tous les moyens d’humaniser leur destin ». C’est le romancier Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix, qui répond de cette façon, à la question de PARIS MATCH. « Si vous aviez aujourd’hui, le Président Sarkozy en face de vous, que lui diriez-vous, de l’expulsion des Roms ». Sur la même question et la polémique entre l’Union européenne et le gouvernement français, le PARISIEN propose ce matin à ses lecteurs, les résultats d’une enquête d’opinion CSA, où il apparaît que 56 % des personnes interrogées donnent raison aux représentants étrangers. Selon vous, ont demandé hier par téléphone les sondeurs, l’Union européenne est-elle ou non dans son rôle en critiquant la politique d’expulsion du gouvernement français ? Oui, elle joue son rôle : 56 %... Non : 44… Les sympathisants de gauche étant trois fois plus nombreux à plébisciter l’attitude critique de l’Union, que les sympathisants de droite… Alexis Brézet proteste dans le FIGARO-MAGAZINE, en dénonçant une coterie d’hypocrites, indignée par une circulaire et un Président de la République qui a choisi de s’attaquer à la présence illégale des Roms, sur notre territoire. Il le fait, écrit Brézet, pour deux raisons. Parce que ces populations miséreuses posent un problème de sécurité, dont seuls, ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une gare, un autobus, une rame de métro, peuvent nier la réalité. Il le fait aussi, parce que l’opinion est sensible à cette question et que l’intérêt politique du gouvernement est de la traiter. Et l’éditorialiste du FIGARO-MAGAZINE de conclure : « C’est vrai, les Roms ont été ciblés. Mais le gouvernement ne s’en est jamais caché ». C’est Nicolas Sarkozy qui déclarait le 30 juillet dernier à Grenoble : « J’ai demandé au ministre de l’Intérieur de mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms. Ce sont des zones de non-droit qu’on ne peut pas tolérer en France ». Le FIGARO-MAGAZINE, le MONDE, LIBERATION, le HERALD TRIBUNE américain, nombreux sont les journaux qui font grand cas, ce matin, de la polémique qui a brouillé hier, le sommet européen de Bruxelles. Les dirigeants européens, remarque le MONDE, ont apporté, à l’exception de Silvio Berlusconi, leur soutien à la commission. Marc Semo dans LIBERATION, note cependant, que si la presse allemande se lâche contre le Président français, Berlin calme le jeu, et évoque un malentendu « au sujet de l’évacuation des camps ». Patrick Saint-Paul, le correspondant du FIGARO à Berlin, oppose lui aussi la chancellerie qui parle de malentendu, à la presse allemande, déchaînée et ulcérée par l’emploi du mot « camp » par le Président français. Ainsi, pour die Welt, le malentendu en question est un véritable scandale. Pire, pour la Frankfurter, selon laquelle à Bruxelles, Sarkozy a perdu le contrôle et doit s’expliquer. Patrick Saint-Paul en profite pour donner les statistiques ethniques qui établissent à 120.000 le nombre des Roms, vivants en Allemagne. Selon lui, ils sont bien intégrés. L’Allemagne n’aurait expulsé que 541 Kosovars vers Pristina en 2009, dont 76 Roms. Sur le malentendu Merkel-Sarkozy, mon confrère du FIGARO donne lui aussi plutôt raison à la chancelière quand il écrit : « Au-delà de son amitié pour Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande ne pouvait pas laisser passer les mots que lui a attribué le président français, insupportables au regard de l’Histoire allemande. Les Allemands sont allergiques au moindre soupçon de xénophobie. Le régime nazi avait fait porter un triangle noir aux Roms avant de les déporter dans les camps d’extermination». Le Herald Tribune américain, sous la plume de Stephen Cassel, évoque lui aussi, en première page aujourd’hui le contentieux franco-allemand, avec ce titre : « Nicolas Sarkozy place ses accusateurs de la Commission européenne sur la défensive ». Caroline Fourest dans le MONDE, s’en émeut, en évoquant le gouffre européen qui apparaît sous la question Rom. En effet, à partir de 2011, la libre circulation s’appliquera sans restriction aux citoyens venus de Roumanie et de Bulgarie. Et la France ne pourra pas expulser ces citoyens communautaires au motif de ressources insuffisantes. Et Caroline Fourest de conclure : « Sujet européen par excellence, la question Rom a de quoi réveiller les nationalismes comme aucune autre. Elle peut tuer le rêve européen. Sauf si l’Union européenne s’attache à améliorer de toute urgence la situation des Roms en Bulgarie et en Roumanie. En attendant, la France doit trouver la force de rester elle-même ». Et je n’ai rien dit de nos cinq otages au Mali, auxquels le JOURNAL du DIMANCHE accorde à juste titre sa première page. Rien des journées du patrimoine, qu’imagina Jack Lang, il y a plus d’un quart de siècle. Rien du voyage du Pape en Angleterre. Rien de Kippour, le Grand Pardon juif, auquel la CROIX accorde un dossier, autant qu’au nouveau Saint, John Newman, que Benoit XVI béatifie dimanche. Rien de l’éditorial de Claude Imbert dans le POINT.

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