Samuel, vous nous avez promis de nous parler d’amour aujourd’hui…

Oui, et je tiendrai promesse…

Mais je vous parlerai aussi d’Afrique, d’une Afrique idéale, d’une Afrique rêvée.

Et de ce réquisitoire anti-Hollande que Jean-Luc Mélenchon vient de signer dans le Journal du dimanche .

Mais d’abord, à propos de politique justement, saviez-vous que notre perception de la météo dépend de nos convictions ?

Alors qu’une vague de chaleur continue de dérouler sur la France – un air torride que le journal Sud-Ouest compare au souffle d’un sèche-cheveu réglé sur le cran 3 : c’est très précis – c’est l’Est Républicain qui l’explique à ses lecteurs ce matin : nos opinions politiques influent sur nos sensations atmosphériques ! Ainsi, si vous êtes conservateur, vous avez plutôt tendance à estimer que les températures baissent ou restent stationnaires. Alors que si votre cœur penche à gauche, vous estimez au contraire qu’elles ne cessent d’augmenter ! Ce sont des universitaires américains qui viennent de faire cette découverte, l’expliquant par la sensibilité, plus au moins prononcée, à la question du réchauffement climatique. Ca amuse beaucoup L’Est Républicain , qui décrète : « Finie l’opposition droite-gauche, place à la rivalité chaud-froid ! ».

Et entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon, en ce moment ça souffle le chaud ou le froid ?

Définitivement le froid ! Nous vous en parlions tout à l’heure dans le journal de 8H, de cette interview dans le JDD où le président du Front de Gauche tire à boulets rouges – aussi rouges que le drapeau de son parti - sur le président et son gouvernement.

Pas vraiment un cadeau pour le chef de l’Etat, mais en revanche un beau cadeau que s’est offert Mélenchon : ça ne s’invente pas, c’est aujourd’hui son anniversaire !

Tout est résumé dans cette phrase : « 100 jours pour presque rien ». Pour Jean-Luc Mélenchon, pris en photo dans une posture de défi, les mains sur les hanches façon duel de cow-boy, le président Hollande est un « social-libéral comme ceux qui ont conduit aux désastres grec, espagnol et portugais. Hollande qui aurait « dilué le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle dans le sable des plages » de Brégançon.

Et Bruno Jeudy, du Journal du Dimanche , y voit bien plus qu’un coup de gueule de Jean-Luc Mélenchon, habitué s’il en est aux prises de positions tonitruantes. Bruno Jeudy pour qui le président du Front de Gauche – qui sera demain matin sur France Inter, l’invité de Bruno Duvic - dit tout haut ce que certains élus socialistes pensent tout bas.

A propos, qui est François Hollande ?

C’est la question qu’a posé le JDD à l’écrivain Laurent Binet, auteur du livre dont tout le monde parle, « Rien ne se passe comme prévu » consacré à la campagne présidentielle du candidat socialiste : Binet a accédé au premier cercle des intimes du désormais président, il a pu le suivre partout, il est donc bien placé pour répondre à cette question : qui est François Hollande ?

Et quelle est sa réponse ?

Et bien, elle est surprenante : il répond, je ne sais pas, « c’est une énigme », il est « impénétrable ».

Dans Le Nouvel Observateur , cette semaine, intéressante explication du socialiste Malek Boutih : « Hollande est un mystère parce qu’il n’existe pas. C’est une machine. Il s’est complètement dépersonnalisé pour incarner la fonction, ce que Sarkozy n’a jamais voulu faire ».

Nicolas Sarkozy tiens… Dans les hebdomadaires cette semaine, il est au moins autant présent que l’actuel président. A la Une de VSD notamment, en train de se baigner, détendu, bronzé, pas rasé : « une barbe de trois jours qui lui donne un air d’aventurier », estime – c’est son droit – VSD .

Sarkozy surtout que la droite regrette !

C’et le très intéressant résultat d’un sondage publié par le JDD ce matin : 53% des sympathisants UMP souhaitent que l’ancien président soit candidat en 2017. Seuls 7% ont tiré un trait sur lui. Quelque chose me dit que Nicolas Sarkozy a dû apprécier la lecture de cette enquête.

Sondage qui ne va pas surprendre Christophe Barbier, de L’Express , qui écrivait, il y a quelques jours : c’est ainsi, « le peuple est trop ingrat avec ceux qu’il a élus, et trop indulgent avec ceux qu’il a chassés. Le Français aime guillotiner et en avoir des remords ».

Vous vouliez aussi nous parler de l’Afrique ce matin…

Oui, et demandez à votre invité ce qu’il en pensait, de ce passionnant dossier de Jeune Afrique cette semaine : « L’Afrique idéale », 25 grands projets qui permettraient de changer le visage du continent : du tunnel de Gibraltar, qui relierait l’Espagne au Maroc, à la Grande Muraille verte de l’océan Atlantique à l’océan Indien, pour stopper l’avancée du désert, en passant par le plan solaire au Maghreb.

Philippe Perdrix, de Jeune Afrique , a fait un rêve : « Nous sommes en 2040. 2 milliards d’Africains vivent en paix. Beaucoup voyagent sans entrave grâce à un passeport régional. Le mode de consommation de 300 millions d’entre eux n’est pas sans rappeler celui du Parisien du début des années 2000, avant que la crise économique et le chômage ne fassent plonger la France ».

Gaëtan Mootoo, qu’en pensez-vous ? Ce rêve de Philippe Perdrix pour l’Afrique, peut-il se réaliser ?

--- Réaction de l'invité Actu Gaëtan Mootoo - Chercheur au programme Afrique pour Amnesty International ---

Merci Gaëtan Mootoo pour cet éclairage.

Je n’oublie pas Samuel, que vous avez promis de nous parler d’amour !

Oui, c’est en raison de cette intrigante couverture de l’Express cette semaine : « Peut-on s’aimer toute la vie ? ». Une question que, vous qui nous écoutez, vous vous posez peut-être ? Je me suis dit que ce serait bien pratique si la réponse définitive à cette question tenait dans L’Express de cette semaine !

L’Express qui parle – paraphrasant Bashung – d’un « vertige de l’amour » aujourd’hui, les progrès de l’espérance de vie posant en de tous nouveaux termes la question de la longévité du couple. Passer 30 ans ou 60 ans aux côtés de la même personne, ça n’est pas tout à fait la même chose !

Mais j’ai une bonne nouvelle ! Ou plutôt L’Express , qui explique que pour une fois, « psys, sociologues, philosophes, s’accordent : on peut repenser le couple. Et en quoi consiste cette nouvelle sagesse de l’amour ? Dans le retour à une très vieille idée : celle de la tempérance. Il faudrait oublier l’Eros passionnel, séduisant mais à durée de conservation limitée, et miser sur ce que les philosophes grecs appelaient l’agapè, l’élan inconditionnel vers l’autre dans le don de soi, et sur la philia, l’amour doux, qui n’entraîne pas le manque.

Voilà, c’est tout simple, maintenant qu’on a le mode d’emploi, il n’y a plus qu’à mettre en pratique !

© Samuel Etienne

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