Bonjour à tous, Il y a tant de gros mots, dans les journaux dominicaux, que je peux à peine dire ce que je viens de lire ! Qu’il s’agisse de l’affaire « Royal – Sarkozy – Zapatero »… des répliques de Frédéric Lefebvre et Yves Jego, ou de la campagne électorale de Jean-François Kahn. Je vais essayer tout de même en m’appuyant sur ces prédécesseurs illustres, que furent Alfred Capus, Pierre Dac et Coluche. « Ces temps-ci », disait le premier, rédacteur en chef du Figaro… « les gros mots ont beaucoup maigri ». « Quand on voit ce qu’on voit, que l’on entend ce qu’on entend, et que l’on sait ce qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense ». ça, c’est Pierre Dac, à qui l’on doit deux commentaires ajustés à notre actualité : « Parler pour ne rien dire, et ne rien dire pour parler, sont les deux principes majeurs et rigoureux, de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir ». Et voici mieux du même : « Un concerné n’est pas forcément un imbécile en état de siège, pas plus qu’un concubin n’est obligatoirement un abruti de nationalité cubaine ». Dans la même veine, un poil plus grossière, souvenons-nous aussi du fameux… « Je m’excuse, mais merde ! » dont Coluche ponctuait ses sketches. Là-dessus, et pour bien comprendre l’enchaînement des mots, petits ou gros, qui ramènent ce week-end, le trio « Royal – Sarkozy – Zapatero » à la Une des journaux, reportez-vous à la page 96 de Paris-Match. C’est une bande dessinée signée Wolinski où l’on voit Nicolas Sarkozy, président ultra-communicant, choisissant de se taire, pour faire remonter sa cote de popularité. « Je vais remanier mes manies », prévient sur un premier dessin le chef de l’Etat. Et sur un second, où on voit Monsieur Sarkozy bouche close… Wolinski écrit : « Fermons notre gueule. Je mesure mes paroles, et mon temps de parole… Fini les casse-toi pauvre con et J’ai la banane… ! ». Dans le journal L’Alsace, André Schlecht propose quant à lui de remplacer désormais l’expression « casse-toi, pôv concitoyen » par une abréviation « Ctpc »… ce qui n’est pas une mauvaise idée. Sur l’affaire elle-même, née d’une relation exacte ou non, parue cette semaine dans « Libération », d’un déjeuner mercredi dernier à l’Elysée… André Schlecht écrit : « L’Elysée dément tout, sans convaincre la presse française et étrangère ». Mais mon confrère mulhousien s’empresse d’ajouter… « Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité s’exprime dans un cercle qu’il croit étanche, en l’occurrence vingt députés, de l’opposition et de la majorité… en oubliant qu’on recrute les judas dans les garde-rapprochées… ». Et l’éditorialiste de l’Alsace de conclure : « Et puis, la discrétion n’est plus ce qu’elle était. A Buckingham comme à la Maison Blanche, on vend les secrets d’alcôve… A Paris, on rapporte et on publie, les mots de trop, petits ou gros ». Dans le Journal du Dimanche, Claude Askolovitch se demande, si la polémique oppose Messieurs Sarkozy et Zapatero, ou Ségolène Royal au Président de la République. « Hier », écrit-il, « Madame Royal a écrit au président du gouvernement espagnol pour s’excuser au nom de la France, des propos injurieux qu’avait tenus Nicolas Sarkozy envers José-Luis Zapatero ». Selon le journal Libération, paru jeudi dernier, le Président français, avait douté de l’intelligence du socialiste espagnol. Décidemment, commente mon confrère du Journal du Dimanche, les demandes d’excuses et de pardon de Ségolène, sont un peu répétitives et même comiques… D’autant que les participants du fameux déjeuner de l’Elysée, n’ont pas entendu les propos retenus et publiés par Libération jeudi dernier. Et Claude Askolovitch de citer le socialiste Henri Emmanuelli, évoquant « le degré zéro du journalisme ». Il rapporte également le point de vue du député Hervé Mariton, villepeniste de choc, et pas spécialement sarkozyste, lequel déclare : « J’ai souvent détesté une manière de parler du chef de l’Etat… mais là, au déjeuner en question, l’ambiance était détendue, pas spécialement narcissique ». De son côté, le communiste Jean-Pierre Brard, disait hier soir, sur TF1, qu’il n’avait pas entendu Nicolas Sarkozy douter de l’intelligence de José-Luis Zapatero. Quoi qu’il en soit, la presse espagnole, la presse américaine et le Daily Telegraph britannique rebondissent sur l’article de Libé, intitulé « Sarkozy se prend pour le maître du monde… ». « C’est un fanfaron » s’écrie El Periodico ! Il est grossier… réagit le Daily Telegraph. Le Times, le New-York Times s’étonnent eux-aussi, et hier, à Madrid, le quotidien de droite ABC caricaturait le Président français, juché sur des talonettes géantes et déclarant… « Je peux me permettre de voir plus haut que les autres dirigeants ». Fin de l’épisode, que commente en ces termes Le Parisien ce matin : « L’affaire tombe mal à une semaine de la visite d’Etat de Nicolas et Carla Sarkozy en Espagne ». Le Parisien a interrogé sur ce point le secrétaire général de l’Elysée, Monsieur Claude Guéant, selon lequel il n’y a pas de problème entre Paris et Madrid, liés par tant et tant de témoignages d’amitié. On a expliqué aux collaborateurs de Monsieur Zapatero ce qui s’était passé, et Nicolas Sarkozy va téléphoner au chef du gouvernement espagnol, avant sa visite en Espagne. Le second épisode de la polémique, ce sont les excuses, au nom de la France, de Ségolène Royal, à son ami socialiste Zapatero. Pas moi, pas ça dit Zapatero, et vous lirez dans les journaux dominicaux, les réactions de Xavier Bertrand, de Frédéric Lefebvre et d’Yves Jego… qu’on peut résumer de deux mots… « Elle est illuminée… Après la bravitude… la ridiculitude ».

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