Bonjour à tous… mais dites-moi d’abord, auditeurs mes frères, auditrices mes sœurs, comment ça va ? Même si la réponse ne va pas de soi à six jours de Noël, elle ne vous engage pas puisque comme le remarquait Jean-Paul Sartre « Qu’est-ce que ce ça qui va ou qui ne va pas ? » Là-dessus, aujourd’hui, la presse a un bel éventail de choix. Copenhague : Il y a un accord, mais il est insuffisant, a minima, comme le souligne le FIGARO sur cinq colonnes à la une ! La neige : elle est là et bien là, malgré le réchauffement du climat qui satisfait Abondance en Haute-Savoie, mais qu’on attend dans les Vosges, tandis qu’ailleurs l’on s’inquiète d’un Noël blanc accompagné de verglas. « Pagaille et boules de neige » équilibre ainsi le journal PRESSE-OCEAN, en évoquant, photos à l’appui, la joie des enfants. Satisfaction aussi au REPUBLICAIN LORRAIN qui voit blanchir la ligne bleue des Vosges et ouvrir dès ce week-end la plupart des pistes de la Bresse au Ventron. Etonnement sur ce point à NICE-MATIN, qui souligne en première page qu’il a neigé hier soir sur la Promenade des Anglais et que cela n’était pas arrivé à Nice-la-Belle depuis 2005 ! En revanche, l’ECLAIR des PYRENEES, la MONTAGNE de Clermont-Ferrand, la CHARENTE LIBRE, le COURRIER PICARD, le TELEGRAMME de Brest, le POPULAIRE du CENTRE, le BIEN PUBLIC de Dijon et le BERRY REPUBLICAIN semblent s’être accordés pour dénoncer ensemble les atrocités du climat français. Il neige à Noël. Il y a du verglas. Et ce n’est pas fini, protestent les journaux de CENTRE-PRESSE qui comme vous et moi n’ont jamais vu la Berezina. Jusqu’à l’ECHO de la Haute-Vienne, qui demande des têtes, avec ce titre dénonciateur : la neige bloque le trafic… A qui la faute ? Et à Copenhague alors… qui a flanché, qui a bloqué, provoquant ainsi la tristesse, les regrets, la colère des Corinne Lepage, des Nicolas Hulot, des Yann Arthus-Bertrand et des écologistes de Greenpeace ? Deux photos illustrent très bien ce matin le désappointement pour ne pas dire plus des chefs d’Etat et de gouvernement occidentaux, accablés par l’accord insuffisant qu’ils ont signé. La première est en page 8 du PARISIEN. C’est une photo de Bob Strong, reporter à l’agence Reuters. Elle a été prise hier soir, dans un salon improvisé où étaient rassemblés, assis, serrés les uns contre les autres, Gordon Brown, Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, José Manuel Barroso et le Premier Ministre danois. Tous, tirent une tête de six pieds de long. Disons même, qu’ils oublient le photographe et fond la gueule, accablés, fatigués, gênés peut-être par l’accord déshonorant qu’ils vont devoir assumer… Déshonorant, selon le correspondant du PARISIEN, le mot appartient au Premier Ministre japonais qui n’a pas craint de le prononcer. Mais selon mon confrère, les Chefs d’Etat et de gouvernement présents sur la photo, ne sont pas également responsables d’un accord insuffisant. Ce sont, écrit-il, les Chinois et les Américains, les deux plus gros pollueurs de la planète qui ont tout bloqué. Nicolas Sarkozy a eu beau s’épuiser à répéter qu’il ne voulait pas d’un accord médiocre, rien n’y a fait souligne encore, mon confrère du PARISIEN, Frédéric Mouchon, avant de conclure sur la sévère analyse du Directeur général de Greenpeace. « A la différence du Brésilien Lula, qui a parlé avec les tripes, Obama a montré qu’il n’était que le Président des Etats-Unis et n’avait en rien l’étoffe d’un leader global ». La seconde photo très parlante de ce sommet « minimaliste » comme le qualifie LIBERATION, figure à la première page de la VOIX du NORD. Le quotidien Lillois, titre lui aussi, sur un accord in extremis et dans la douleur, au-dessus d’une photo d’Obama, où le Président américain apparaît comme un gosse confus, après avoir fait une grosse bêtise, ou raté un examen. Légende du cliché : la Conférence sur le réchauffement a tourné au bras de fer géopolitique entre US et Chinois, et les détails chiffrés ont été envoyés à 2010. Alain Barluet dans le FIGARO, soupire de son côté : « Deux ans de préparation pour rien. Obama vient de rater une occasion historique de légitimer son prix Nobel de la Paix ». Décevant donc… comme l’ont reconnu, ensemble et séparément Nicolas Sarkozy, Barack Obama et le médiateur du projet, Ignacio Lula da Silva. Le jeu se jouait tout en haut… soupire dans son éditorial du JOURNAL du DIMANCHE, Claude Askolovitch après avoir rappelé, que bien souvent de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, la France parle pour l’Europe. Seulement voilà, ajoute-t-il : « Avoir la taille de sa vérité, c’est l’équation impossible des puissances moyennes et, dans le cas de la France, c’est particulièrement cruel. On y pensait en regardant la séquence de Copenhague, certains que les nôtres – Lalonde, Borloo, Sarkozy – avaient les clés d’une solution à la crise climatique, mais ne sauraient pas l’imposer aux autres : plus forts, plus gros, plus obtus, plus tenus, plus nombreux, plus riches ou trop pauvres, quand nous n’avions que le verbe ou la foi, le vieux panache gaulois ». De son côté, Chantal Didier s’en prend ce matin dans l’EST REPUBLICAIN aux égoïsmes nationaux, mais concède qu’à Copenhague au moins, les Chefs d’Etat ont signifié une prise de conscience collective des dangers que court la terre. Corinne Lepage et Daniel Cohn-Bendit en appellent déjà aux opinions et aux sociétés civiles pour prendre le relais des diplomaties impuissantes. Une attitude qui n’est pas sans rappeler celle de Talleyrand qui disait avant eux : « Si les gens savaient par quels petits hommes ils sont gouvernés, ils se révolteraient vite ». Mais je ne sais pas s’il faut comparer le Congrès de Vienne au Sommet Climat de Copenhague ! En tout cas, Chantal Didier, ma consoeur de Nancy, a bien raison d’écrire, que les démocraties sont soumises à élection et que les pays émergents déshérités de la misère, ou monarchies pétrolières veulent poursuivre leur croissance ou craignent pour l’avenir. Allez donc, dans ces conditions chercher les coupables ! Qu’est-ce qui va, qu’est-ce qui ne va pas ! La presse ce week-end dit que ça va bien pour Julien Dray, bien aussi pour Noël Forgeard d’EADS, bien pour Bernard Tapie, moins bien pour Jacques Chirac mis, une nouvelle fois en examen. Mais Bruno Frappat, dans la CROIX va au-delà : « Rebondir, resurgir… Reconstituer sa réserve d’espérance. C’est tout le sens de la période que nous traversons. Nous le faisons chaque année. La saison est terrible. La lumière se raréfie, par les deux bouts : matin et soir. Le soleil joue avec nos nerfs et nos tempéraments. Le froid pince. On s’enfonce dans quelque chose de dur, pas tendre du tout. Des hommes meurent de froid. Le courant faiblit. C’est comme une descente dont on se demande si elle va s’arrêter un jour. Où elle nous mène. Et bien ! au bout, c’est la lumière qui nous attend. La remontée des jours, le soleil qui, à pas lents, mais sûrs, va s’efforcer de nous réjouir plus tôt et de ne nous lâcher que plus tard. Il va prendre son temps, certes, mais la tendance est là. Quelques jours et vous verrez comme un flottement dans le ciel, une hésitation, un « palier ». Une étoile nous le signalera. Alors, nous pourrons chanter « Noël » pour toute la terre. De Gaza à Copenhague ».

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