Bonjour à tous… Rapport Attali, crise américaine, Simone de Beauvoir et Carla Bruni divisent, une fois de plus, la presse aujourd’hui. Et Dieu me direz-vous, vous souvenant de l’ami Chanal ? Il la partage aussi avec la polémique suscitée par les propos de Nicolas Sarkozy sur la laïcité. Dès hier, dans LA CROIX, Joël Roman, le rédacteur en chef de la revue ESPRIT, critiquait le chef de l’Etat, en écrivant qu’au Latran, Nicolas Sarkozy avait affiché une conception archaïque et conservatrice de la religion. Pire que cela, il professerait une vision instrumentale de la religion. Aujourd’hui, c’est MARIANNE qui dénonce en première page un Sarkozy fou de Dieu, capable de mettre la laïcité en danger, et d’ébranler ainsi l’un des piliers de la République. L’hebdomadaire protestant REFORME évoque les remous provoqués par le discours de Latran du président, et la suite de son propos en Arabie Saoudite, avant de citer le sociologue Jean Bauberot, spécialiste de la laïcité : «Les religions ne sont pas les seules sur le marché du sens de l’existence». LIBERATION souligne de son côté qu’hier après-midi à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a plaidé la bonne foi, en se défendant d’avoir à Rome et à Ryad fait l’apologie d’aucune religion. « Parler des racines chrétiennes de la France, a-t-il dit, c’est simplement regarder le long manteau d’églises qui couvre notre pays. Quant au retour du religieux dans nos sociétés, c’est une réalité que seuls les sectaires ne veulent pas voir. » Soit, réplique Martine Gozlan dans MARIANNE, mais faire le bigot, en terre wahhabite, c’est trop ! L’HUMANITE de ce samedi fait un pas de plus, en titrant sur la croisade Sarkozy, avant de lui appliquer la devise américaine figurant sur le dollar : « In God we trust ! (En Dieu nous croyons !) Tout cela a un petit côté Guerre des Boutons, à laquelle ne sacrifie qu’à moitié le quotidien communiste qui cite en exergue l’aphorisme de Woody Allen : « Si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse ». A lire aussi, tant sa relation est plaisante, la chronique de Guy Gilbert, le prêtre des loubards, qui raconte avec force détails dans LA CROIX, sa visite au Vatican, en décembre dernier, avec le président français. Fallait-il y aller ou pas ? Guy Gilbert a demandé l’avis de Monseigneur André Vingt-Trois, qui lui a dit en riant : « Vas-y, avec la discrétion qu’on te connaît, tu passeras inaperçu. » « Je ne sais pas, raconte Guy Gilbert, si Benoît XVI a tout compris quand Nicolas Sarkozy s’est extasié devant lui, de mon habit de clergyman enfilé in extrémis… alors que d’habitude, je porte, a-t-il dit, « un cuir perfecto ». Dernier tableau, et c’est toujours le prêtre des loubards qui parle : « Après le repas joyeux, dans une auberge italienne, je sors fumer une cigarette. Une femme inconnue m’accompagne. A mon grand étonnement, la presse nous mitraille. Personne ne m’avait rien dit. C’était Marisa, la mère de Carla Bruni ». Conclusion de Guy Gilbert… « La presse people fixe l’image, pour deviner ce qui se passe dans la chambre à coucher présidentielle. Mais elle restera sur sa faim de piranha ». Les piranhas ont-ils frappé à PARIS MATCH cette semaine ? L’hebdomadaire nous invite à descendre en sa compagnie dans le jardin extraordinaire des Bruni-Tedeschi… Avec un arrêt déconcertant en page 40, sur une photo d’Helmut Newton, montrant Carla sur les genoux de son père Alberto, et à côté de Marisa sa mère, plus que déshabillée. Le cliché date de 1992. Je ne sais pas s’il a suscité autant de débats à la rédaction de PARIS MATCH que la photo nue de Simone de Beauvoir, la semaine passée, en première page du NOUVEL OBSERVATEUR. Est-ce que Beauvoir aurait été choquée ? Demandait LA PRESSE DE MONTREAL cette semaine. « Allons donc, écrit Jean-Marcel Bouguereau, en réponse au volumineux courrier de ses lecteurs, elle était libre de son corps ». Quelques pages plus loin, Michel Labro et Serge Lafaurie reconnaissent que la rédaction était divisée et qu’on a retouché les disgrâces du corps de l’auteur du Deuxième Sexe. Quant à Jean Daniel, il choisit sur le même thème, de taper à bras raccourcis sur Daniel Schneiderman qui, dans Libé, avait cru devoir expliquer que les publicitaires avaient imposé au NOUVEL OBS un corps nu de la philosophe, pour mieux vendre le journal. « Qui nous injurie ainsi, s’écrie Jean Daniel… Un petit marquis, fleur à la boutonnière et visage poudré, un Saint-Just des pauvres qui prétend nous juger. Il a choisi l’injure diffamatoire. Il aura des comptes à nous rendre ! » Vous voyez que la presse française n’a pas perdu sa bonne santé. Les éditorialistes sont aujourd’hui comme hier, prêts à se battre pour des idées. Battre et débattre, comme le font dans LE FIGARO MAGAZINE Jacques Julliard et Max Gallo, à propos de la « pipolisation » de la vie politique… « Le risque est grand, explique Julliard, que la politique ne finisse par se réduire à cela. Mais, ajoute-t-il, la France a déjà connu ça sous l’ancien régime. Voyez plutôt ce qui s’est écrit sur Marie-Antoinette. » Max Gallo est plus optimiste quand il rappelle que l’hypocrisie est née au XIXème siècle, et qu’on est peut-être en train d’en sortir. Au passage, Max Gallo oppose tout à trac, l’exhibition Sarkozy-Carla à la double vie cachée de Mitterrand. «C’était, dit-il, un Louis XIV bourgeois, avec double vie aux frais de l’Etat ». Un docteur tant-mieux, un docteur tant-pis. Cela me rappelle le mot de Churchill opposant le pessimiste qui voit des difficultés dans chaque opportunité, à l’optimiste qui voit une opportunité dans chaque difficulté. Optimiste… Nicolas Sarkozy qui a jugé hier l’économie française à l’abri de la crise américaine. LIBERATION croit tout le contraire et craint la contagion, comme les marchés d’ailleurs, qui s’inquiètent d’un effet domino. LES ECHOS, sous la plume de Richard Hiault placent leurs espoirs dans le sommet de Londres, qui rassemblera le 29 janvier prochain M. Brown, Mme Merkel, M. Prodi, M. Sarkozy et leurs ministres des finances respectifs, mobilisés pour arrêter une ligne de défense commune. Pessimiste en tout cas, la presse américaine, qui s’étonne aujourd’hui du plan de relance de Bush, à base de réduction d’impôts, et cela en pleine campagne électorale. Bref, son plan de relance risque de faire pschitt. Optimistes en revanche… le rapport Attali et les 314 ou 318 propositions pour relancer la croissance en France. 314 pour LE FIGARO, 318 pour LIBERATION, à lire dans ces deux quotidiens. Et puis, une nouvelle incroyable, lue dans LE MONDE… Nicolas Sarkozy va faire appel à un journaliste, Jean-Luc Mano, pour expertiser ses ratés de communication. C’est quand même formidable. Je croyais que le bon communicateur, c’était Nicolas Sarkozy justement.

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