Vos journaux ce matin encore s'inquiètent des incidents sur le site du Tricastin et à Romans-sur-Isère. Incidents qui tombent au plus mauvais moment pour Hervé Favre dans "la Voix du Nord" : "avec la flambée des cours du pétrole, le prix du gaz et la chasse aux émissions de CO2, l'industrie nucléaire était en train de se muer dans les esprits en une énergie propre, solution aux grands défis climatiques et économiques du XXIème siècle." Manqué, pour le moment en tous cas. L'energie nucléaire n'est pas aussi propre qu'on aurait pu l'espérer estime Olivier Picard dans "les Dernière Nouvelles d'Alsace" et surtout, ces problèmes mettent au jour une sécurité nucléaire que l'on pensait acquise. Presque tous les éditorialistes de la presse quotidienne et nationale donnent ce conseil au gouvernement. "Transparence absolue", ne serait-ce que pour l'image du nucléaire que la France veut exporter. Transparence et communication. Le gouvernement, a tout de suite tenu des propos rassurants. Jean-Louis Borloo l'a redit hier les 2 récents incidents sont de niveau 1 sur une échelle qui va jusqu'à 7. "On en a même compté 30% de moins en 2007 qu'en 2006", souligne le ministre de l'écologie dans "le Figaro". Jean-Louis Borloo demande une mise à plat de la filière, changer de culture, de méthode. Mais pour Franck de Bond, éditorialiste à "Sud Ouest", "après une longue série de quiétude, le parc nucléaire français à l'instar du péloton du Tour, devra s'accomoder de quelques soupçons." La fermeté des pouvoir publics devrait pourtant nous rassurer, mais elle ravive ce que Didier Pobel appelle dans le "Dauphiné Libéré", "cette angoisse collective moderne, qui contrairement à un nuage ukrainien de sinistre mémoire ne s'est pas arrêté aux frontières". "Tricastin n'est pas Tchernobyl" souligne toutefois François Sergent dans Libération", mais le nucléaire français aurait tort de s'étonner de l'impact des incidents symboles des travers de la filière". Libération qui tente d'analyser la montée de fièvre suite à ces incidents. Dans les médias, c'est vrai et chez les acteurs du nucléaire aussi, depuis une dizaine de joursn comme un film qui s'est emballé. Déjà, explique le journal, parce qu'un patron a été limogé, ça n'est pas courant. Que l'ensemble de la filière est sur les dents. Et que l'interdiction de baignade, de pêche et d'irrigation prise après l'incident n'a toujours pas été levé. Décalage entre incident dit "ordinaire" et des mesures de précaution. Et puis les associations de l'environnement, parlent de leur côté d'un incident sous évalué rappelle Libé. Il aurait du être au minimum classé 2" d'après elle. Certaines association demandent la démission de la présidente d'Aréva. Anne Lauvergeon qui a bien conscience de la l'ambivalence de la situation : communiquer au risque d'effrayer et être la cible d'une polémique publique.

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