Bonjour à tous… « La mère fait du tricot Le fils fait la guerre Elle trouve ça tout naturel la mère… Et le père, qu’est-ce qu’il fait le père, Il fait des affaires….] [Quand le fils aura fini la guerre Il fera des affaires avec son père… La guerre continue, la mère continue, elle tricote Le père continue, il fait des affaires Le fils est tué, il ne continue plus.] La DEPECHE du MIDI, le JOURNAL du DIMANCHE, le PARISIEN annoncent aujourd’hui la mort d’un soldat français de 20 ans, tué hier en Afghanistan. C’est le 62ème militaire français mort dans ce pays depuis 2001. Florian Morillon (c’est son nom) effectuait une mission de reconnaissance à pied, lorsqu’il a été mortellement blessé par un tir des insurgés. Il appartenait au régiment de parachutistes basé à Pamiers dans l’Ariège. Il était en Afghanistan depuis un mois, après avoir servi au Gabon et en République Centrafricaine. Le Président de la République a présenté hier ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches du jeune soldat tué au combat et s’est associé à leur peine. Dans le même communiqué, Nicolas Sarkozy a réaffirmé son soutien au peuple afghan et exprimé la détermination de la France à continuer d’œuvrer au sein de la force internationale, qui a reçu mandat de l’ONU pour contribuer au rétablissement de la paix en Afghanistan. L’opération au cours de laquelle Florian Morillon a perdu la vie s’est déroulée à 60 kilomètes de Kaboul et avait pour nom de code « Endurance » ! Un nom qui renvoie au poème de Prévert, publié au lendemain de la seconde guerre mondiale et n’a pas pris une ride… « Le fils est tué, il ne continue plus Le père et la mère vont au cimetière… La vie continue, avec le tricot, la guerre, les affaires Les affaires, les affaires et les affaires La vie avec le cimetière ». C’est un jeune homme que l’on fête ce week-end dans le Loiret, et la Nouvelle République n’a garde de l’oublier. Son nom, Jean Zay, député-radical à 27 ans, secrétaire d’Etat à 31 ans, et ministre de l’Education nationale de Léon Blum en 1936. Partisan de la fermeté, face à Hitler, il démissionne de son poste pour être mobilisé, et fait toute la guerre, comme sous-lieutenant. Juif par son père, protestant par sa mère, franc-maçon, on l’arrête sous Vichy et on l’accuse de désertion, comme Mendès France, Huysmans et tant d’autres. On l’emprisonne… Il écrit « Souvenirs et solitude », au jour le jour, pendant sa détention, avec l’intention de le publier, après la guerre. Il n’en aura pas l’occasion, le 20 juin 1944, trois miliciens viennent le chercher et l’abattent dans un bois, près de Cusset, dans l’Allier. A Orléans, ce week-end, l’association des amis de Jean Zay, plaidera une nouvelle fois pour que l’ancien ministre, combattant, résistant et héros, magnifique, trouve sa place au Panthéon. Personne ne demande bien sûr, qu’un tel honneur soit réservé à l’inventeur des restaurants du Cœur, Coluche, mort à moto, sur la petite route de Valbonne à Opio, le 19 juin 1986. Il y a très précisément vingt-cinq ans. Coluche et les enfoirés… Coluche et sa salopette… Coluche et son nez rouge… La presse, ce week-end, de NICE-MATIN, à la CROIX, et du POINT à TELERAMA, en passant par la MONTAGNE et le PROGRES de LYON célèbrent le génial histrion. Chacun le fait à sa façon. Bruno Frappat dans la CROIX, constate que Coluche est dans le cœur des Français, c’est vrai, mais sa salopette géante devenue monument à Montrouge, est-ce un clin d’œil amusant ou une vulgarité de mauvais goût ? Humour sympathique ou quincaillerie dérisoire, demande encore le chroniqueur de la CROIX. Francis Brochet dans le PROGRES de LYON s’interroge lui aussi sur la qualité du rire, déclenché par Coluche. Mon confrère lyonnais rappelle en particulier que Michel avait été viré de RMS, pour avoir lancé sur les ondes de la radio monégasque : « Bienvenue sur le rocher aux putes ». « Aurions-nous ri ? Aurions-nous été choqués », s’interroge Francis Brochet, avant d’écrire : « Le rire aujourd’hui, n’est plus ce qu’il était, nous sommes devenus chatouilleux du respect. Il se serait bien ennuyé, Coluche, s’il avait vieilli avec nous ». Daniel Ruiz, dans la MONTAGNE, n’est qu’à moitié d’accord. « C’est vrai », reconnaît-il, « le monde n’est plus le même… Mais Coluche n’est pas mort. Il parle encore. Souvent il se moque de nous qui mettons le vivre ensemble à toutes les sauces, lui qui avait eu l’intuition de réinventer une sécurité sociale. Pas celle bureaucratique du niveau des cotisations qui éclipse les vrais besoins, non, celle de la solidarité et de la générosité. Improbable alchimie de Poulbot, de Pinocchio et de Fernand Raynaud, Coluche incarne encore et toujours la manière d’être des Français. Il reste vissé dans le plus profond de notre culture, une culture pour tout le monde, une culture du bonheur ». Georges-Marc Benamou, fait dans NICE-MATIN un pas de plus en comparant Coluche à Voltaire.. Entendez que Coluche venu du peuple, parlait au peuple. Extrait de la chronique, de l’ancien conseiller pour la presse, de Nicolas Sarkozy : « Si Coluche nous manque tant, s’il reste si présent dans nos esprits, ce n’est pas seulement par sentimentalisme, ou par nostalgie, ou parce qu’il était un mythe comme Presley ou Marylin Monroe. Ou un formidable comique ; Fernand Raynaud ou Bourvil étaient tout aussi aimables que lui. Si ce « manque de Coluche » persiste, c’est aussi, et surtout parce que l’homme en salopette nous était devenu indispensable. Il était comme une composante de l’air et de l’esprit français que l’on aime respirer. Liberté, insolence, tendresse… Il avait fini, dans les années 80, par remplir une fonction nationale, presque inédite, et jamais comblée depuis. Coluche, c’était Voltaire, Voltaire qui parlait peuple. Pour dire son fait à la bêtise et à l’injustice, mieux que quiconque, et avec une efficacité redoutable. Pour dire son fait à Le Pen mieux que tous les moralistes ; pour se foutre de la droite quand elle voulait lui ressembler ; pour remettre la gauche à sa place, quand elle s’égare dans ses médiocres compétitions, et qu’elle oublie le peuple justement. Pour affronter tous les Maîtres du Monde ridicules ou suffisants qu’il pouvait -on s’en souvient - faire vaciller d’une formule cinglante, définitive. Oui, c’est au fond pour cela, parce que l’époque a besoin de Voltaire, de cette liberté et de cet esprit français que Coluche nous manque tant, depuis ce quart de siècle. » Artichaut : « C’est un légume de pauvre ! C’est le seul, que quand tu as terminé, tu en as plus dans ton assiette qu’avant de commencer ». Contraception en Belgique : « Les Belges ont fait des progrès. Maintenant, ils ont des pilules. Avant, ils avaient des fusils pour tirer sur les cigognes. ». Riche : « Je ne suis pas un nouveau riche, je suis un ancien pauvre ». Rigolo : « Je ferai aimablement remarquer aux hommes politiques qui me prennent pour un rigolo, que ce n’est pas moi qui ai commencé ». Technocrate : « C’est un mec qui quand il t’a répondu, tu te souviens plus de la question ».

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