Bonjour à tous… Ca va si vite que la presse a du mal à suivre. Mais c’est pourtant le papier imprimé, qui dans sa diversité dit le mieux, qu’en quinze jours, la France a peut-être plus changé qu’en dix années ! LE POINT appelle ça « la vague Sarkozy » sur une jolie photo de Rachida Dati, le nouveau garde des Sceaux. Et l’hebdomadaire que dirige Franck Olivier Gisbert, d’évoquer l’incroyable semaine « où le nouveau Président de la République a tout chamboulé ». MARIANNE titre aussi sur le grand chambardement en s’arrêtant au destin de Chirac dont le bilan n’est pas nul, à celui de François Hollande, accusé de détruire le Parti Socialiste, et à la carrière « bien-pensante » de Bernard Kouchner. LE NOUVEL OBSERVATEUR, sous la plume de Carole Barjon préfère expliquer que Jean-Pierre Raffarin a du mal à se faire à l’idée d’un gouvernement Fillon. Ce qui n’empêche pas ma consœur de présenter le nouveau Premier Ministre, François Fillon, comme un « Sarko-soft ». « Autant, écrit-elle, le Président de la République est impulsif, brutal et franc du collier, autant le nouveau locataire de Matignon est calme, courtois mais dissimulé. Difficile d’imaginer deux hommes aussi différents. Et pourtant, il y a au moins cinq ans que leur opposition commune à Jacques Chirac les a rapprochés. Mais conclut-elle, si François Fillon manque souvent d’audace, ce petit rien qui fait la différence en politique, il est homme à dire clairement ses désaccords. Vassal, mais pas beni-oui…oui. » Alexis Brezet dans LE FIGARO préfère s’attacher à une autre ambiguïté, un autre paradoxe qui lie dans le gouvernement Fillon, personnalités de rupture, et hommes et femmes d’ouverture. Et l’éditorialiste de citer l’aphorisme chinois… « Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. » Et aujourd’hui ? ironise Brezet, en s’adressant j’imagine à des UMP, rendus colère, par la présence dans la dream-team Sarkozy de Messieurs Kouchner, Jouyet, Hirsch et Besson… Et aujourd’hui, que regarde l’imbécile alors que paraît le gouvernement ? insiste mon confrère. L’ouverture, encore et toujours l’ouverture ? Mais la rupture, en place sous l’ouverture, il ne la voit pas ! Et l’éditorialiste du FIGARO, d’inviter ses lecteurs à bien regarder… Michelle Alliot-Marie… Alain Juppé… Monsieur Borlo… Monsieur Hortefeux… Eric Woerth… Rachida Dati… Valérie Pecresse et Xavier Darcos… tous, tous chargés de la mise en musique des projets du candidat Sarkozy. La rupture, conclut Alexis Brezet, c’est eux… Et leur mission : aller vite, très vite. A lire encore, dans les mêmes pages, idées et opinions cette du FIGARO, cette analyse de Philippe Goulliaud qui prétend que pendant 40 ans de carrière politique Jacques Chirac a été un homme de droite mal à droite. Un rad-soc, un radical socialiste, humaniste comme son grand-père et assez à gauche, pour juger droitière la vieille SFIO, et assez militant pour signer l’appel de Stockholm, et distribuer sur les marchés l’Humanité-Dimanche. L’HUMANITE justement… Comment appréhende-t-elle le gouvernement de François Fillon ? C’est du spectacle avant le combat… écrit Pierre Laurent dans son éditorial… avant d’évoquer je le cite, « une ouverture à haute teneur symbolique pour mieux cacher l’hyper présidence de Nicolas Sarkozy. » Hyper présidence… Le mot paraît assez bien choisi… Même si l’analyse qui en découle mérite d’être soumise dans quelques semaines à l’épreuve des faits. Selon L’HUMANITE, en effet, la logique qui inspire l’organisation du travail à l’Elysée aurait de quoi inquiéter. Beaucoup d’anciens ministres, insiste le quotidien communiste. Des hommes-clé pour le sale boulot. Une ouverture en trompe-l’œil, et une concentration excessive des pouvoirs dans les seules mains du président de la République. « Non, réplique Alexandre Morel, dans le journal LA MONTAGNE, ce premier gouvernement Fillon procède d’un dosage subtil, mais c’est vrai réalisé sous la main de Nicolas Sarkozy. » Equipe resserrée base élargie… pour Nord-Eclair, à Roubaix. Un changement de génération et des nouveaux symboles… constate dans Ouest-France, François Régis Hutin. Huit hommes dont un socialiste, un centriste, et sept femmes… Tous déjà au travail, préfère s’étonner l’EST REPUBLICAIN, à Nancy, avant de saluer un dosage habile et de conclure sur les trois priorités de la nouvelle équipe : « Réformer, ne pas décevoir, et gagner les élections législatives… » Ce sera la preuve par 15… titre LA VOIX DU NORD, tandis que LE DAUPHINE LIBERE résume : « Un gouvernement Fillon, restreint, ouvert et paritaire… » C’est ça le cocktail Sarkozy, renchérit LA DEPECHE DU MIDI. Alors, j’ai gardé pour la bonne bouche, ce que l’on appellera… le cas Kouchner. Le cas qui fait couler autant d’encre ce matin, que la nomination autrefois du radical Jean-Jacques Servan Schreiber, au ministère des Réformes d’un Valery Giscard d’Estaing, qui était lui aussi un président tout neuf et jeune de 48 ans. Il a été viré en quelques jours, 15 jours si mes souvenirs sont bons, Jacques Chirac, premier ministre de Giscard, démissionnait Jean-Jacques Servan Schreiber, qu’on appelait le ludion anti-nucléaire. Pas sûr, que cela arrive avec Bernard Kouchner que LIBERATION présente ce matin, méchamment comme un homme à l’égo hypertrophié qui veut croire écrit LIBE, qu’il est indispensable. Pour LIBERATION, en effet Nicolas Sarkozy braconne à gauche… Mais écrit Renaud Dely dans son éditorial quatre hirondelles venues d’ailleurs ne font pas forcément le printemps de l’ouverture. Ce qui n’empêche pas l’éditorialiste de LIBERATION d’ajouter ceci… Le débauchage de quelques égos en déshérence n’en relève pas moins d’un bel ouvrage. Sarkozy répète ainsi l’opération conduite par François Mitterrand en 88. Il lui donne même un tour plus clinquant, le ralliement d’une star des sondages comme Bernard Kouchner a un autre cachet que le repêchage d’un Jean-Pierre Soisson. Jean-Pierre Soisson n’appréciera pas. Et Bernard Kouchner n’appréciera pas non plus les pages que lui consacre LIBERATION ce matin, il n’est d’ailleurs pas obligé de l’acheter. Je lui conseille plutôt de s’arrêter au PARISIEN et de ne pas manquer alors l’achat au kiosque de ce quotidien. D’abord parce qu’il y a un sondage exclusif qui a été réalisé par CSA CISCO. Et on a posé la question aux français : « Alors est-ce que ça vous plait, est-ce que vous considérez que Bernard Kouchner a eu raison ou tort d’accepter d’être ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon ? » Réponse de l’ensemble des Français : Il a eu raison : 66 %. Il a eu tort : 19 %. Dans le même PARISIEN, une analyse intéressante d’Henri Vernet et de Frédéric Gerschel sur Bernard Kouchner, que partage-t-il avec Nicolas Sarkozy ? Je lis : il partage un penchant pro-américain et pro-israélien. Un rejet des méthodes musclées d’un Poutine comme des autocrates de tous les continents. En revanche, il est favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et paraît moins soucieux que le nouveau chef de l’état, de défendre avant tout les intérêts de la France. Ça, c’est pas gentil. Parmi les premiers tests qui vantent l’action, le drame du Darfour où on le sait Kouchner prône sa fameuse idée de l’ingérence. Ca c’est LE PARISIEN. Enfin, je vous invite à lire parce que c’est vraiment un excellent portrait que publie le MONDE aujourd’hui dans une enquête en page 23, ça s’appelle « la dernière mission du docteur Kouchner ». L’ont écrite Alain Franchon et Franck Mouchi. Ils sont moins énervés et moins agacés que les journalistes de LIBERATION. Ils citent Bernard Kouchner : « Je ne trahis pas mon camp, je reste du côté des opprimés. » Ne ratez sous aucun prétexte la bande dessinée qui ouvre la première page. On la doit à notre ami Jean Plantu, au-dessus du titre « Sarkozy choisit l’ouverture et la parité » il y a un paysage marin avec deux bateaux, d’un côté il y a un bateau de riches et sur le bateau de riches qui s’appelle La Paloma qui navigue au large des côtes de Malte, on voit des riches qui boivent du champagne et puis Sarkozy qui s’approche d’un autre bateau, le bateau boat-people, sur lequel il y a des pauvres, des pauvres terribles et puis Kouchner, Sarkoz et Kouchner se tiennent la main et à quelques encablures, on voit deux personnages qui se noient, il y a Ségolène Royal et François Hollande. Et puis sur un îlot, alors c’est formidable, tout seul assis au pied d’un palmier, François Bayrou qui dit : « Ça serait sympa qu’on m’explique. »

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