Par Lionel Thompson

Et si, pour commencer, nous prenions un peu de hauteur, un peu de distance ?

Beaucoup, même, avec l'hebdomadaire La Vie, qui publie cette semaine un passionnant dossier sur les exoplanètes et la vie extraterrestre.

"Seuls au monde ?", s'interroge l'hebdomadaire catholique en Une, avant de revenir en pages intérieures sur la récente découverte du système Trappist-1. "Une poignée de planètes (7 pour être précis) qui tournoient autour de leur étoile".

"Le système Trappist-1 est le plus grand trésor de planètes de taille terrestre jamais détecté autour d'une seule étoile", se réjouit dans cet article un astronome, qui rappelle que trois de ces planètes "orbitent dans la zone d'habitabilité en surface, susceptible d'avoir de l'eau sous forme liquide, où la vie serait possible".

Une perspective vertigineuse qui n'a plus rien de la science-fiction, nous rappelle l'auteur du papier, Pascal Paillardet : "d'ici à 10 ans, on saura s'il y a de la vie sur les planètes que nous venons de découvrir", estime ainsi un astronome belge. Ce n'est pas une blague : l'article rappelle que, 20 ans après la découverte de la première exoplanète, on en connaît maintenant plus de 3.500 et qu'il en existerait "des milliards de milliards dans l'univers"...

Difficile, donc, de continuer à croire que nous sommes seuls

L'hebdomadaire, passant en revue les différentes figures qu'ont pu prendre les petits hommes verts dans les films de science-fiction, s'amuse donc à essayer d'imaginer quelle tête pourrait bien avoir E.T et se demande pourquoi, s'ils existent, les extra-terrestres restent silencieux ? La réponse pourrait bien ne pas être très sexy. S'il n'y a pour le moment "personne au bout du fil", comme le dit La Vie, c'est peut-être que ces aliens n'ont pas dépassé le stade du micro-organisme. Car, quand on parle de vie, rappelle les scientifiques interrogés, il peut aussi bien s'agir de bactéries. Un astrophysicien précise qu'il s'est passé plus de 3 milliards et demi d'années sur terre entre l'apparition des premières formes de vie monocellulaires et celle d'une vie évoluée et consciente.

Et Dieu dans tout ça ?

Le journal catholique interroge Jacques Arnould, ingénieur et théologien chargé des questions éthiques au CNES, le Centre national des études spatiales. "Notre place dans l'univers n'est pas donnée une fois pour toutes", estime-t-il. Pour lui, "la possible existence d'extraterrestres ne condamne pas les croyances religieuses, mais nous invite seulement à plus d'humilité".

Plus humble, plus proche de nous et moins philosophique mais tout aussi passionnant : on peut prolonger la lecture de ce dossier dans La Vie par celle d'un article de l'Express de cette semaine consacré à la mystérieuse 9ème planète de notre système solaire. "Où se cache notre 9ème planète ?", titre l'hebdo. Depuis quelques temps déjà, des scientifiques ont émis l'hypothèse de l'existence de cette planète au-delà de Pluton, qui nous aurait échappé jusque-là... "Bien loin du soleil, elle se baladerait dans la constellation de la Baleine", explique l'article, qui indique que les scientifiques ont bon espoir de la découvrir pour de bon dès cette année. Ce qui nous permettrait d'en apprendre encore un peu plus sur le fonctionnement de notre propre système solaire.

Revenons sur terre, avec la campagne présidentielle, qui occupe toujours une large place dans la presse ce matin

Là, ce n'est pas 7 planètes mais 11 candidats qui tournent autour d'un siège, celui de président de la République. Le JDD a fait le choix de consacrer aujourd'hui sa une à la planète Macron. Le candidat d'"En Marche !" est longuement interviewé sur les questions de sécurité, d'identité et de laïcité.

Le Journal du Dimanche consacre également une pleine page au débat télévisé de demain soir. Un débat avant le premier tour, entre seulement 5 candidats sur les 11 en lice (les 5 les mieux placés dans les sondages) et un débat qui est "une première dans l'histoire des présidentielles", rappelle l'hebdomadaire.

Que faut-il en attendre ? Les appréciations sont diverses. "Pas grand-chose", selon un soutien de François Fillon interrogé par le JDD, qui ajoute : "Il ne va rien se passer, vous allez être déçus..."

Du côté de Benoît Hamon, à la traîne dans les sondages, on semble un peu plus impatients d'en découdre. "Un français sur deux ne sait toujours pas pour qui il va voter", rappelle le secrétaire d’État Matthias Fekl, voyant là des réserves d'électeurs à convaincre demain soir pour le candidat socialiste.

"Les français vont enfin pouvoir commencer à comparer de visu les candidats", ajoute son directeur de campagne, Jean-Marc Germain, dans les colonnes du Monde, qui consacre également, dans son édition daté de ce jour, une page au débat de demain soir sous le titre : "Cinq candidats dans l'arène cathodique".

Les rapports entre médias et politiques font l'objet de nombreux papiers dans les hebdos cette semaine, en cette période de campagne

Dans M, le supplément hebdomadaire du Monde, Christian Roudaut s'est intéressé aux "meetings en mode marketing". Car s'il est vrai que les débats télé sont des moments importants de cette campagne, les meetings restent des rendez-vous incontournables pour les candidats. "A l'heure où l'on dit les français dégoûtés de la politique, ils se rendent toujours en masse dans les meetings", souligne l'article. Mais ce ne sont plus les meetings de papa, car tout autant que le public dans la salle, ce sont les téléspectateurs et les internautes que ces grand-messes publiques cherchent à toucher. "Les participants aux meetings sont devenus les figurants d'un spectacle qui les dépasse", explique le journaliste, qui détaille comment ces rendez-vous sont marketés, calculés au plus près, retransmis en direct par les chaines de télé en continu qui reprennent sans broncher des images fournies clés en main par les équipes de campagnedes candidats. Une mauvaise habitude inaugurée par Nicolas Sarkozy dès 2004.

Télérama, de son côté, évoque "les liaisons pernicieuses" entre journalistes et politiques. "Le journalisme, c'est à la fois le contact et la distance", disait Hubert Beuve-Méry, le fondateur du Monde, cité dans l'article. Tout le dilemme du journaliste résumé en une phrase : comment être proche des politiques sans tomber dans la connivence. Il y a la vieille école : l'article évoque le cas d'Olivier Giesbert qui n'hésite pas à inviter les politiques à dîner chez lui ou à passer des vacances avec eux. Une proximité qu'il assume. Et ceux, souvent plus jeunes, qui essaient de trouver la bonne distance, ou de remettre en cause les célèbres règles tacites du "off".

Toujours sur ce rapport entre politique et médias, le documentariste Paul Moreira analyse cette semaine dans les Inrockuptibles comment "l'ultra droite dévore les plateau télé". "Aux États-Unis, comme en France, identitaires, réactionnaires et néofascistes trustent les chaînes", écrit-il, avant de pointer "la banalisation d'un discours sans opposant, ou presque".

Polémiques, tweets, "fake news" sont aussi évoqués dans un court article de Jean-Michel Thénard, dans le Canard Enchaîné cette semaine, qui évoque le harcèlement sur la toile auquel se livreraient les équipes de campagne de François Fillon contre Emmanuel Macron. Le Canard évoque notamment la chaine du web Info24, spécialisée dans les fausses nouvelles façon Trump, qui éreinte le candidat d'"En Marche !" et derrière laquelle se cacherait des partisans du candidat Les Républicains, suggère l'hebdomadaire.

Pour terminer ce chapitre politique, la lecture de Courrier International, cette semaine, permet d'avoir un petit aperçu de ce que pense la presse étrangère du phénomène Macron. Un point de vue extérieur parfois plus contrasté que celui de la presse française. Un éditorialiste italien du site Linkiesta voit, par exemple, en Macron "Un roi des banalités", qui est en tête, selon lui, pour une seule raison : "tous ses adversaires sont en train de s'effondrer".

L'attaque de l'aéroport d'Orly fait également les unes ce matin

De nombreux journaux reviennent sur cette attaque : "Enquête sur l'étrange attaque d'Orly", titre le Parisien, qui détaille en page intérieure le déroulement de cette matinée de "panique à l'aéroport" et dresse le portrait de l'agresseur. Un profil qui l'apparente plus à un petit délinquant tristement banal qu'à un terroriste.

Le Télégramme évoque une "attaque solitaire au cœur d'Orly". L'édition dominicale de la Dépêche du Midi et le Midi Libre consacrent également leurs unes à cette attaque, ainsi que la Nouvelle République du Centre Ouest qui y voit "une nouvelle attaque terroriste".

A signaler enfin, dans l'hebdomadaire Politis cette semaine, un très intéressant dossier sur l'eau. Puisqu'on parlait de vie extraterrestre au début de cette revue de presse : pas de vie sans eau ! Le marché très lucratif de l'eau est détenu à plus de 60% en France par les grandes multinationales Véolia, Suez ou la Saur mais un mouvement de remunicipalisation de l'eau est en marche, croit discerner l'auteur de l'article, Erwan Manac'h, avec pour symbole le retour de Paris en régie publique en 2010.

Et 2017 pourrait être une année clé car, d'ici à trois ans, la gestion de l'eau doit être transférée aux intercommunalités. C'est un des effets de la réforme territoriale. Des communes pourraient en profiter pour essayer de récupérer la gestion de l'eau, ce qui est "une mission quasi impossible" en temps ordinaires, rappelle l'auteur de l'article. Avec pour enjeu le prix de l'eau pour les usagers : "les régies publiques affichent des tarifs en moyenne 25 à 30% inférieurs à ceux des multinationales, pour des raisons évidentes", écrit Politis : "elles n'ont ni actionnaires à rétribuer, ni holding à faire fonctionner".

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