Bonjour à tous… De l’énergie à revendre. De la fraîcheur et des émotions en partage pour aimer la vie davantage. Il y a tout cela, dans les coups de cœur de la semaine. Pas celle la semaine qui s’achève, mais celle qui commence avec la presse du dimanche. - Coup de cœur, Pour Ségolène Royal, et son compagnon François Hollande. - Elle est dans le Journal du Dimanche. Il est dans Le Parisien. - Coup de cœur, pour Paris-Match, qui fête son 3 millième numéro. Coup de cœur pour Marianne, l’hebdomadaire de Jean-François Kahn, qui publie aujourd’hui son numéro 500 en expliquant… Seule compte la fidélité des lecteurs. Le reste c’est du commerce. - Et coup de cœur, pour Alain Resnais, dont le dernier film : « Cœurs » avec Sabine Azema, Isabelle Carré, Pierre Arditi, André Dussolier, Laura Morante, Lambert Wilson, sort cette semaine sur les écrans. C’est un peu l’histoire du battement d’ailes du papillon, et de la vie tout court. Dans Cœurs, explique Danielle Attali, dans le Journal du Dimanche aujourd’hui, sept personnages, se frôlent, se croisent, sans forcément se connaître, mais en influençant, sans le savoir, le destin des autres. Ainsi Dussolier joue-t-il un agent immobilier transi, et affolé par une cassette vidéo coquine prêtée par une collègue catho et pudibonde que joue Sabine Azema. Il a une sœur, elle cherche l’amour. D’autres cherchent un appartement, et Pierre Arditi, lui tient un bar d’hôtel, fréquenté par un raté, viré de l’armée. Dans ce film, s’enthousiasme, ma consœur du Journal du Dimanche, Alain Resnais magistral, enchaîne les tableaux avec autant de précision que d’élégance, dans une valse de sentiments. L’amour, la solitude, la peur de rester seul, l’espoir de ne plus l’être sont au centre de ce film saupoudré d’une neige immaculée, dont l’affiche riante ne donne pas le ton exact. Car Cœurs est beaucoup plus grave qu’il n’y parait philosophique. Mais il est aussi traversé par des échappées comiques, des instants de tendresse et d’humour incomparables. » Pascal Mérigeau, du Nouvel Observateur a rencontré le réalisateur de Cœurs… Un cinéaste de 84 ans, auquel on doit, Nuit et Brouillard… Hiroshima mon amour, L’année dernière à Marienbad. Providence. La guerre est finie. Mélo. Et plus près de nous, Smoking no smoking… on connaît la chanson et pas sur la bouche. Resnais, le merveilleux Resnais, dans l’interview du Nouvel Obs parle du triste, du drôle, des émotions et de l’énergie particulière que possède le cinéma. Il dit aussi quelques mots sur la solitude, à propos des personnages de son dernier film qui essaient tous, tous de trouver quelqu’un à qui parler. « Ils sont comme nous, en quête de l’autre. » Et Renais ajoute « Mieux vaut vivre avec n’importe qui, que vivre seul. Encore, faut-il savoir que l’imaginaire et le fantasme peuvent aider quand on vit seul. » Et il conclut sur le pouvoir mystérieux du cinéma, un art dans lequel il excelle : « Je me sens plus spectateur que travaillant dans le cinéma. Je n’ai jamais pu voir un film à la télévision, parce que j’ai l’impression qu’on me commande. En revanche, j’ai découvert il y a une dizaine d’années que je pouvais aller voir des films tout seul. Mais si on ne peut montrer ce qu’on aime à personne, c’est épouvantable ! J’ai besoin de dire à un ami : il absolument que tu voies ça ! » Pierre Weil, vous êtes un ami il vous faut absolument voir Cœurs… C’est ce que m’a dit, Eva Bettan, il y a un mois, un mois et demi, et je le répète à mon tour, aux auditeurs d’Inter. J’ajoute, qu’il pleut, au Nord de la Loire, ce dimanche, et qu’il faut absolument en profiter, pour lire certains articles, et certaines chroniques des journaux. Amis auditeurs, mes frères, amies auditrices mes sœurs, vous avez le choix. A la dernière page du Point par exemple, voici Bernard Henri Levy qui dit aujourd’hui… J’en ai marre de la politique. Il y a des moments, comme cette semaine, où l’on n’a tout à coup plus envie de commenter ce ballet trop bien réglé où chacun est dans son rôle et où ce sont les événements eux-mêmes, les vrais, qui semblent s’être mis aux abonnés absents – Ségo, Sarko, boulot, dodo, quel ennui… Envie, ces semaines-là, de parler du reste. Les petits riens du reste et de la vie. Mais sitôt écrit ceci, BHL se reprend et commente farouchement, le rendez-vous improbable de l’autre week-end. « Dieudonné chez Le Pen. C’est comme, l’année dernière, Tariq Ramadan chez les altermondialistes français et anglais. Ou le dramaturge Harold Pinter, jadis, dans les comités de soutien à Milosevic. Ou le bon Noam Chomsky passant logiquement, implacablement, d’un négationnisme à l’autre. C’est presque trop beau pour être vrai. Trop vrai pou ne pas faire froid dans le dos. Il y a des moments où l’on a l’impression que ce n’est plus la peine de se fatiguer, qu’il faudrait juste laisser faire, laisser dire, et que l’Histoire s’écrive toute seule. « Dieudonné fils de Le Pen… Le Pen n’avait que des filles… Eh bien, voilà, dans sa clémence, Dieu lui a enfin donné un fils et il s’appelle donc Dieudonné… Ne ratez pas non plus… l’excellente analyse de François Bazin, du Nouvel Observateur, sur les 4 étapes de la mutation du Parti socialiste. Bazin a de la mémoire et il se souvient, que Rocard, Delors, et même Jospin avaient ouvert la voie, au ségolénisme royaliste et à ce qu’il appelle le triomphe de la démocratie d’opinion. Désormais, écrit le journal du Nouvel Observateur… plus rien, depuis le scrutin du 16 novembre, le plus médiatisé, de l’histoire du Parti socialiste… Plus rien ne sera comme avant. Pour le meilleur ou pour le pire. Ce basculement du parti de François Mitterrand, a un visage : celui de Ségolène Royal. Et mon confrère du Nouvel Observateur d’ajouter : On a connu Rocard, qui devait arriver, mais a du jeter l’éponge. On a connu Delors, qui aurait pu arriver à l’Elysée mais a renoncé à se présenter en 1995… devant onze millions de téléspectateurs qui n’ont pas oublié. Et François Bazin d’ajouter… Et si, et si dans un style différent… Ségolène Royal, n’était autre chose qu’un Delors qui dit oui ! Je connais Ségolène depuis 27 ans renchérit Jacques Attali dans Le Parisien, ce matin… avant de parier, lui, sur la mutation de la candidate du Parti socialiste, en femme appelée à incarner peut-être à l’Elysée « l’espérance des français. » Et Attali d’expliquer : La France est dans un état d’extrême désarroi. L’Etat est vide. La question à se poser, c’est : comment le futur président pourra-t-il incarner l’identité française ? Aura-t-on à la tête de l’Etat quelqu’un capable de repenser la Défense nationale, de dire des choses sur l’Europe, sur la politique à l’égard de la Méditerranée, sur les relations avec les Etats-Unis, sur l’intégration des minorités et sur la défense de la langue française ? Attali conclut : Hélas, ces choses-là – essentielles – les candidats n’en parlent pas. On lui dit alors comment réagir ? Le tragique, c’est qu’on est en train de mener la campagne électorale d’un Premier ministre du Luxembourg. Pas celle de la présidence de la France, une grande nation qui doit avoir son mot à dire dans le monde et qui basculera dans le populisme si on laisse l’Etat se défaire. Ou bien ce sera la grande dérive : les français se tourneront vers Le Pen ou ses émules, et débiteront comme ce crétin de Frêche des choses stupides. C’est dans le Parisien, dans le même journal ce matin. A lire, un coup de cœur aussi. A lire aussi parce qu’elle est forte… l’interview de François Hollande par les lecteurs du Parisiens… Tous d’opinions diverses, mais tous séduits… - Si Ségolène Royal est élue, où allez-vous habiter, vous ? - Chez moi. - Et Ségolène va habiter à l’Elysée ? - Ca, vous lui poserez la question, le moment venu. J’habiterai, quoi qu’il arrive, là où je vis aujourd’hui à Boulogne-Billancourt et à Tulle. Et c’est alors que le lecteur du Parisien dit : Ben, mais alors, vous n’allez jamais vous voir ? - Mais, aujourd’hui, elle est présidente du conseil régional, et ce n’est pas non plus facile. Et c’est à Poitiers, c’est pas à Paris. Moi, je suis à Tulle… Il faut lire dans le Journal du Dimanche, l’interview d’une autre femme, Michelle Alliot-Marie. Alors elle, elle dit : personne ne me fera taire… Et à propos de Ségolène Royal elle dit : ben, maintenant, Ségolène Royal va devoir expliquer son projet, et non plus se contenter pas de faire du papier-collé. Question alors de Virginie Le Guay à Michelle Alliot-Marie : Bernardette Chirac trouve que son mari est en pleine forme… Alors, alors, et vous vous faites quoi ? - C’est vrai, Jacques Chirac est en pleine forme… Je l’atteste : je reviens du sommet franco-espagnol en Catalogne. Le président de la République a rappelé qu’il s’exprimerait le moment venu sur ses intentions. La décision lui appartient, et à lui seul. Un dernier coup de cœur. Alors, il faut absolument lire ça, c’est dans Le Monde. C’est une page complète que signe Pierre Asner, c’est un politologue, auteur de La violence et de la paix. Lui, il dit ce qu’il faut penser d’un Proche-Orient dénucléarisé. Et il laisse entendre qu’on n’a pas grand-chose à faire pour empêcher l’Iran de se doter d’une bombe atomique.

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