Bonjour à tous… Y aura-t-il de la neige à Noël ? La réponse est oui, aujourd’hui, mais rappelez-moi la question ! La presse ce week-end pratique elle aussi dans ses anticipations 2009, la formulation bien connue de Woody Allen. Le MONDE, l’HUMANITE, LIBERATION, le DAUPHINE LIBERE, le REPUBLICAIN LORRAIN, OUEST-FRANCE, la CHARENTE LIBRE mettent l’accent sur la crise et tout ce qui ne va pas bien. NICE MATIN, la VOIX du NORD, le BIEN PUBLIC de Dijon, la PROVENCE et la REPUBLIQUE des PYRENEES insistent sur Noël quand même et pas cher, le plaisir des vacances, de la neige qui ne connaît pas la crise. Quant au PARISIEN-AUJOURD’HUI en FRANCE il recense cinquante bonnes raisons de se réjouir à l’aube de l’année 2009, afin, prévient mon confrère, de lutter contre la morosité ambiante. Je ferai comme lui, aujourd’hui, parce que Dieu est Dieu, nom de Dieu, et Noël l’occasion de se réjouir un peu en se souvenant pour les plus vieux, des Noëls 42, 52, 62 par exemple. Lesquels n’avaient vraiment rien de joyeux. J’ai retrouvé dans les chroniques « de la haine ordinaire » de Pierre Desproges, cette analyse des fêtes de fin d’année qui n’a rien perdu de sa fraîcheur, ni de sa verdeur. Janvier, écrit-il, est de très loin le mois le plus saumâtre, le plus grumeleux et le moins pétillant de l’année. Qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous, où des brassées d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours, avant le départ vers le Père Lachaise. « Dieu merci cet hiver », ajoutait le prince des humoristes, afin de m’épargner les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire ». Et le regretté Desproges de conclure : « Plus encore que les 45 précédents mois de janvier que j’ai eu le malheur de traverser par la faute de ma mère, celui-ci est à marquer d’une pierre noire, car je n’en retiens que les glauques et mornes soubresauts de l’actualité dont il fut parsemé. Vivement février, mois sec comme un coup de trique, glacé comme un marron. Février, mois du Mardi-gras et du carême où les maigres chrétiens d’Ethiopie peuvent enfin jeûner la tête haute. Mois où les statisticiens et les sociologues sont parvenus à cette incroyable conclusion : si les hommes font moins de conneries en février, c’est parce qu’ils n’ont que 28 jours !" Desproges écrivait cela en janvier 86 avant de s’écrier, le 4 du mois suivant : « Attention, attention, il n’y a pas que les nouveaux pauvres. Il y a les nouveaux riches. Pour venir en aide à mes amis riches qui crèvent dans leur cholestérol en plein hiver à Méribel, j’ai décidé d’ouvrir les restaurants du foie. Envoyez-moi des tonnes de verveine et des quintaux de biscottes sans sel, le bon Dieu vous les rendra ». Ce qui me conduit tout droit aux bonnes nouvelles du Kiosque. Dans le PARISIEN, parmi les 50 raisons d’attendre 2009 avec impatience : 1) Il n’y aura pas de hausse de l’impôt sur le revenu. 2) Le prix de l’essence baisse à la pompe. 3) On respire mieux dans les restaurants. 4) On se tue moins sur les routes. 5) L’inflation recule. 6) Le cinéma sera moins cher. 7) Il y aura des Vélib en banlieue. 8) Les soirées télé seront moins tardives. 9) L’effet Obama s’appliquera aux élections européennes, avec des candidats issus de gré ou de force, de la diversité. 10) Les Américains quitteront l’Irak. 11) Le minimum vieillesse sera relevé. 12) Le Parlement aura de nouveaux pouvoirs. 13) Vous pourrez profiter des ponts, comme jamais en les combinant habilement avec vos RTT. En effet, le 14 juillet tombera un mardi. En calculant bien, vous pourrez disposer de 4 jours. Et même de cinq, le 11 novembre qui sera célébré un mercredi. Comme le remarque aussi ce matin, François-Régis Hutin dans OUEST-FRANCE, «Etres humains, soyons humains ensemble ». Et l’éditorialiste d’expliquer que nous sommes tous tiraillés entre la fête et la crise. La fête qui nous pousse à la dépense et la crise qui nous incite à la prudence. La REPUBLIQUE des PYRENEES y songe elle aussi en suggérant pour Noël des menus de fête à petits prix. Le BIEN PUBLIC de Dijon, donne avec 3 chefs, trois recettes et quelques petits trucs pour réussir un repas de fête à 15 euros. Un quotidien de l’Est y parvient avec cinq euros de moins. Le BERRY REPUBLICAIN ne donne pas de prix, mais invite ses lecteurs au marché de la truffe qui aura lieu demain à Issoudun. J’ai découvert une sorte de conte de Noël dans PRESSE-OCEAN, avec ce fait menu, mais très moral, concernant un Nantais pris de remords. Il y a 12 ans, adolescent, il avait dérobé les petites économies d’un de ses concitoyens. Il y a quelques jours, il est venu lui rendre son argent. Bonne nouvelle aussi dans le FIGARO pour Rachida Dati. La ministre, étrillée par LE POINT et vedette malheureuse avec Rama Yade du NOUVEL OBSERVATEUR. Rachida a été défendue à Bruxelles par Jacques Barrot, le bon commissaire démocrate chrétien. Politique et cette évidence que signe Philippe Bouvard dans son bloc-notes du FIGARO MAGAZINE sous le titre : « Rien n’est plus harassant que de faire le tour de soi-même ». « L’erreur de casting gouvernemental évoqué à propos de Rama Yade n’a pas consisté à instituer un très vertueux secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme, mais à l’installer au Quai d’Orsay, lieu géographique de tous les compromis, au lieu de le regrouper avec les Solidarités actives sous l’enseigne commune d’un grand « ministère des Bons Sentiments ». La une du MONDE nous saisit par son pessimisme : « Affaire Madoff, dégâts difficiles à évaluer pour les Français ». Ou, « 2009, année noire pour l’emploi en France », « Perquisitions dans des associations et chez julien Dray ». « Les ventes de voitures s’effondrent aussi en Grande-Bretagne : des milliers de véhicules neufs stockés sur un aérodrome militaire », ou bien, « Climat : la débâcle des glaces en Arctique s’accélère ». Dans LA CROIX, Bruno Frappat dans sa chronique titrée : « Dans nos petits souliers » soulève cette thèse : « Au fait, comment naissent les bébés ! Que l’on sache, ils naissent pieds nus. On n’a jamais vu un nouveau–né sortir tout équipé. Les chaussures, c’est pour plus tard. Bien plus tard, quand il faudra commencer à marcher. Les pantoufles ou les menus souliers, on verra dans quelques mois. Ni chaussures, ni gants. Rien d’autre que la confiance en ceux qui vous accueillent en vous donnant la vie. Voilà tout l’art que nous enseignent les bébés et que les enfants garderont longtemps au cœur : la vie est un don magnifique, le plus beau des cadeaux. Par la suite, aucun autre cadeau n’égalera celui-là. Bienvenue, enfant, dans ta lumineuse nudité ».

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