Bonjour à tous. A la question : Y aura-t-il de la neige à Noël ? la presse répond à la façon d’Audiard dans les Tontons flingueurs : Y’en a ! Le PARISIEN en fait même son gros titre, de première page : il neige ! Illustrations de l’événement avec des photos noires sur fond blanc : l’Eurostar bloqué. L’autoroute A16 près de Lille paralysé, tandis que des gosses ravis patinent au jardin des Tuileries à Paris ! Tonalité identique au DAUPHINE LIBERE, à l’ALSACE de Mulhouse et à l’INDEPENDANT de Perpignan où l’on a eu la bonne idée de mondialiser notre Noël blanc avec une photo de Venise soumise à un double phénomène : la place Saint Marc inondée par le bas et enneigée par le haut. Robert Solé du MONDE ironise en intitulant son billet de dernière page : l’Apocalypse. « Dans cent ans », écrit-il, « les historiens perplexes s’interrogeront sur l’avant-dernier week-end de l’an de grâce 2009 ». Avec à Copenhague, les grands de ce monde incapables de s’accorder dans la lutte contre le réchauffement climatique et en France, un gouvernement impuissant face à la neige qui ne cesse de tomber. « Toutes les demi-heures », s’amuse Robert Solé « on nous a bombardé d’informations effrayantes. Il faisait très froid et il risquait de faire trop chaud. Les radios nous chauffaient les oreilles avec la baisse du thermomètre et nous glaçaient le sang avec sa hausse attendue. Affolée la France se couvrait d’un manteau blanc, tout en voyant avec terreur fondre la calotte glaciaire ! ». Explication de mon confère… « C’est parce que nous sommes tous devenus écologistes, Mais élevés dans du coton, nous ne supportons plus le moindre flocon. Pour trois centimètres de neige, c’est le tocsin qui sonne et le branle-bas de combat, contre on ne sait pas trop quoi. La Cardinal André Vingt-Trois s’en émeut lui aussi en dénonçant dans l’interview qu’il accorde au JOURNAL du DIMANCHE, le catastrophisme ambiant. « Longtemps », dit-il « on a reproché à l’Eglise de brandir les feux de l’enfer pour obliger les gens à vivre autrement. Aujourd’hui, la médiatisation unilatérale de l’Apocalypse est censée changer nos comportements. Je suis sceptique, sur ce chantage à la mort par lequel on essaie de répandre la bonne parole ». Et Monseigneur Vingt-Trois d’ajouter : « Va pour la régulation, mais réfléchissons à notre système qui tourne en rond. Faut-il développer la consommation pour justifier la production ? Sommes-nous prêts à sacrifier une part de notre qualité de vie, pour gagner 100 euros de plus. Une organisation économique au service de l’homme devrait intégrer la dimension de la gratuité et du don qui est une aspiration profonde ! ». Et le JOURNAL du DIMANCHE d’intituler cette interview de l’Archevêque de Paris, Président de la Conférence des Evêques : Vérités cardinales ! Il en est d’autres bien sûr. C’est Prévert qui dans les années 30 se gaussait de ceux qui pieusement… ceux qui copieusement… ceux qui croient… ceux qui croient croire… Avant de conclure, sur ceux qui jettent du sel sur la neige, pour un salaire dérisoire. C’est Coluche, qui plus près de nous, s’en prenait à Dieu coupable d’avoir coupé l’humanité en deux sur ce principe anti social : « les riches auront de la nourriture… les pauvres auront de l’appétit. » Au jour le jour… à la nuit la nuit… A la belle étoile, c’est comme ça comme je vis. Où est-celle l’étoile ? Moi je ne l’ai jamais vue Elle doit être trop belle, pour le premier venu… C’est encore Prévert qui se désolait ainsi, dans un poème mis en musique par Joseph Kosma et chanté aujourd’hui, par Juliette Gréco et Jean Guidoni.. - Poème de temps difficiles, où Boulevard Richard Lenoir, les flics se réchauffent en cognant Richard Leblanc. - Où boulevard de la Chapelle, il y a des filles très belles et beaucoup de vauriens. - Où boulevard des Italiens, un Espagnol fouille les ordures, pour trouver un croûton. « Encore un sale youpin, qui vient manger notre pain » dit un Monsieur très bien ! Au jour le jour, à la nuit, la nuit C’est une drôle d’étoile, c’est une triste vie ! Mais qui sait si Prévert n’aurait pas apprécie aujourd’hui le dossier Noël quand même du quotidien chrétien : la CROIX. Un dossier complété par ce rappel de la fête des lumières : Hanouka, quand les juifs allument une Menorah pendant huit jours. La CROIX qui s’interroge sur l’esprit de Noël, de Vienne à Marseille en rappelant que le mot vient de Natalis : naissance, pour rappeler la naissance de Jésus. Noël fêté à Rome depuis le IVème siècle. Auparavant, seule la fête de Pâques, comptait pour les Chrétiens. Lesquels Chrétiens ont, en choisissant le 25 décembre baptisé en quelque sorte, une fête païenne, célébrant le retour de la lumière. Qui sait si Prévert n’aurait pas apprécié l’hebdomadaire protestant REFORME qui met l’accent lui aussi sur l’annonce faire à Marie. Et le magazine LA VIE, où 20 écrivains, d’Henry Bauchau à Didier Decoin en passant par l’Egyptien Alaa El Aswany disent leur amour de Jésus. Jusqu’à l’écrivain israélien Aharon Appelfeld qui a connu le ghetto et la déportation et s’écrie : «Pour moi Jésus est Juif et reste juif». Noël ou l’identité nationale. Noël ou l’identité marginale. Noël ou l’identité maximale, commente dans son éditorial le rédacteur en chef de LA VIE : Jean-Pierre Denis… Prévert, aurait peut-être apprécié lui aussi cette prise de position de Fatima Bourret de la Maisonneuve. Elle a 44 ans, elle est psy et dit au Nouvel Observateur. « Chez nous, on fête Noël, l’Aïd et Kebir et Pâques. Papa est chrétien et Maman née en Tunisie il y a 44 ans, musulmane ». Dans le même NOUVEL OBSERVATEUR, Jean Daniel invite les uns et les autres, chrétiens, musulmans, juifs… raisonnables et modérés… à dire tout haut… qu’ils se désolidarisent des radicaux, sectaires, intégristes. Et il conclut : « Dieu du ciel, qu’ils le disent puisqu’ils croient au même Dieu unique ». Merci enfin au FIGARO qui n’oublie pas de saluer une dernière fois la chanteuse-interprète Renée Lebas, en dix petites lignes méritoires et méritées.

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