Où va François Hollande ?

Le Figaro se le demande. Confidence d'un parlementaire : "En 2014, on nous expliquait que s'il ne repartait pas à la hausse dans les sondages, c'était plié. On est deux ans plus tard, il est toujours à 20 %. Jamais il ne sera réélu. On voit tous la catastrophe arriver." Du coup, il y a une vraie opportunité, risquée mais peut-être payante, à se lancer sans attendre comme candidat avant le président. "Celui qui aura le courage de sortir du bois le premier ramassera la mise" , assure un élu socialiste.

Guillaumre Tabard voit lui dans cette hésitation soigneusement entretenue une "tentation Schöder du président français"... "Bousculer et dérouter son propre camp, mais finalement redresser le pays". Une sorte de "logique sacrificielle" car, il le rappelle, "l'audace" du chancelier allemand s'est payée d'une défaite électorale"... Avant d'être "encensée avec le recul."

Pour Libération, la réforme du droit du travail s'inscrit pleinement dans cet esprit de sacrifice ... Mais un sacrifice dans lequel le quotidien ne voit aucun avantage. "Euh... Vous êtes sûrs ?", demande Libé sur sa une, tout en assurant que là, cette fois, "l'idée de faire tomber le gouvernement n'est plus taboue" en cas de nouveau 49-3. "Personne ne comprend ce qui se passe", se désole Sandrine Mazetier, députée PS de Paris. À Solférino, on plaint même par avance la ministre du Travail, Myriam El Khomri, attendue le 7 mars devant le bureau national du PS. Là-bas, on prévient déjà : "Elle va en bouffer, de la cage au fauves".

Le référendum, solution miracle en démocratie ?

"Vive le référendum ?", avec un gros point d'interrogation dans le Parisien... Alors qu'on attend celui, déjà très contesté à la fois par les partisans et les opposants, sur Notre Dame des Landes, voilà en une page un mini-référendum sur l'utilité des référendums en général... Vive le référendum ? Oui, pour Hervé Mariton. "J'assume qu'au-dessus de moi il y a la volonté du peuple", assure le député Les Républicains. "Je n'ai pas peur de la démocratie", même si "un référendum ne dispense pas l'exécutif de faire preuve de courage", comme sur la question de l'aéroport nantais justement, où il arrive "trop tard". "Un référendum permet de clôre un débat, de trancher sur une question difficile avec une légitimité supérieure à la loi"...

Et c'est bien ce qui pose problème, pour Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel. Le référendum, "c'est la transposition en politique d'un fonctionnement qui relève du religieux. Le peuple prend la place de Dieu... Il ne peut pas se tromper et n'a donc pas à être contrôlé. Il n'y a aucun contre-pouvoir à celui du peuple." Et d'ajouter que de toute façon, "nous vivons dans une société complexe, où il est rare qu'un problème puisse se résoudre par un oui ou par un non."

Déchus de nationalité six ans après

Libération raconte ce matin une histoire, celle de six personnes condamnées pour des liens avec un groupe terroriste , libérés entre 2009 et 2010, parfaitement réinsérés depuis... Et à qui on vient de reprendre leur passeport et leur carte d'identité. Déchus de leur nationalité "pour de bon", obligés d'effectuer une demande de titre de séjour.Une décision incompréhensible après six ans sans aucun écart, et pour des raisons très floues. On reproche à l'un d'avoir fréquenté en prison le djihadiste Djamel Beghal et l'un des frères Kouachi... "Beghal était à l'isolement. Je ne l'ai jamais vu de ma vie", explique-t-il. "Cherif Kouachi, c'est un type que je croisais en promenade. Comme tous les détenus." Un autre est déchu parce que Sid Ahmed Ghlam, le terroriste qui projetait un attentat à Villejuif, se serait procuré des armes auprès d'un employé d'une crêperie où il allait dîner moins d'une fois par mois.

Pire, maintenant qu'ils n'ont plus la binationalité, il faudra quand même qu'ils restent en France, explique un de leurs avocats. "Au vu des risques évidents qu'ils courent au Maroc et en Turquie, il est illégal qu'ils soient remis dans un avion pour leur pays d'origine. Ils vont donc être assignés dans un petit hôtel de Lozère séparés de leurs femmes et enfants ? Ça va coûter des milliers d'euros par mois à la collectivité. C'est une absurdité absolue à tous les égards".

Verdun, un mythe à décrypter

À l'occasion du centenaire, La Croix propose un passionnant décryptage sur Verdun, ou plutôt sur les raisons qui en ont fait cette bataille mythique que tout le monde connait, alors même que ce n'est ni la plus meurtrière ni la plus décisive stratégiquement. Depuis plusieurs années, les historiens se penchent sur la construction puis l'évolution de ce qu'ils appellent, faut de mieux, un mythe national. Verdun, c'est d'abord une décision politique, "une métaphore du sol national que l'on doit défendre à tout prix", explique Antoine Prost. Le 20 novembre, alors que la bataille n'est même pas achevée, la ville de Verdun crée une médaille pour honorer les soldats qui y participent, et devient immédiatement un lieu de célébration patriotique. Puis dans les années 70/80, on va à nouveau changer l'image de Verdun. De symbole de l'héroïsme, elle devient symbole des victimes de la nation. Avant d'évoluer à nouveau en 1984, avec cette image de François Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main, qui selon les historiens "dénationalise" Verdun, et en fait le symbole du "sacrifice de millions d'hommes à des intérêts nationaux égoïstes". Paradoxal, pour ce que les dirigeants de l'époque avaient construit comme le symbole du sacrifice pour ces intérêts nationaux.

Des militants politiques au fans

Nelly appartient à la second catégorie, "fan absolue" de Nicolas Sarkozy... Le Parisien dresse son portrait ce matin. Nelly, c'est le pseudo de cette guerillera des réseaux sociaux, "Nelly #NS2017" plus précisément, qui s'est découvert une passion pour le leader des Républicains en 2012, après la défaite à la présidentielle : "Je ne comprenais pas l'acharnement terrible sur cet homme. J'ai voulu voir si tous ces reproches et cette haine à son égard étaient justiés. Je me suis rendu compte qu'il a fait beaucoup plus que tous les autres présidents de la Ve République !"

Dès lors, elle laisse tomber sa carrière de chanteuse de bal musette et se lance à corps perdu dans le militantisme sur Internet : un compte Twitter, une page Facebook "Nicolas président 2017", avec 14.000 fans au compteur, et trois blogs "Peuple de France", "Tout sur Nicolas Sarkozy" et "Front anti-Hollande". Un sacerdoce qui lui prend parfois jusqu'à 15 heures par jour.

Face à un tel dévouement, on ne peut qu'espérer voir l'ancien président lui envoyer un jour quelques fleurs en remerciement. Attention : surtout pas de roses rouges !

Instagram, les coulisses du sport en photos

L'Équipe magazine nous apprend aujourd'hui que pour suivre les sportifs, le lieu idéal ce n'est plus le stade mais Instagram, le réseau social de partage de photos. Les sportifs en seraient fous, et leurs supporters encore plus, puisque ça leur permet de se glisser dans la vie privée ou publique des champions. "On est dans la communication par l'émotion, ce que les sportifs véhiculent très bien", explique un agent. Jugez plutôt : 58.200 personnes ont aimé les photos de Serena Williams annonçant la mort de son chien le 24 novembre dernier... Et 100.000 ont apposé un petit coeur sous Lionel Messi en train de manger une tartine. Anecdotique ? Pas totalement. C'est aussi un formidable outil de communication, nous explique le magazine : le champion de MMA Conor MacGregor peut ainsi briser son image de combattant brutal en se mettant en scène en mari dévoué qui lit des libvres sur la diététique, ou Karim Benzema balayer ses soucis avec la justice avec un "Joyeux anniversaire ma fille d'amour" accompagné de petits coeurs. Sur Insta, même les footballeurs sont tous des "bros", des "potes" aux millions d'abonnés.

Le tardigrade, animal politique ?

Vous n'en avez sans doute jamais entendu parler, pourtant cet animal est fascinant. Le Figaro lui consacre une demi-page ce matin. Pourquoi ? Parce que le tardigrade a un super pouvoir... Cette bestiole à huit pattes minuscule, pas plus de 2 millimètres, et globalement assez moche, est aussi incroyablement résistante. Jugez plutôt : des scientifiques viennent de prouver qu'elle pouvait revenir à la vie après trente ans de congélation. On appelle _a la "cryptobiose"... En 1983, plusieurs tardigrades ont ainsi été prélevés en Antarctique, et immédiatement congelés... Plus de 30 ans après, ces mêmes tardigrades se sont réveillés. Et l'un des deux spécimens a non seulement survécu mais il s'est tout de suite mis à pondre des oeufs parfaitement viables. Un pouvoir qui fait rêver les chercheurs, qui se demandent à quel point l'animal est résistant...

Attendez une minute : très résistant, capable d'hiberner parfois pendant des années avant de revenir presque plus fort qu'avant... On croirait lire le portrait de certains responsables politiques français ! Allez, chiche, au prochain come-back, on ne parlera plus de phénix qui renaît de ses cendres, mais on dira : c'est un véritable tartigrade.

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