Ne pas oublier le chargeur de son portable à la maisonn c'est le conseil qu'on peut donner ce dimanche aux derniers qui ne se sont pas prononcés, aux récalcitrants, à ceux qui sont parfois qualifiés d'"irrécupérables", ces parlementaires de la majorité ou du Centre qui ne sont pas vraiment emballés par la réforme des institutions qui sera votée demain en Congrès. 906 élus, Députés et Sénateurs se prononceront dans l'après-midi à Versailles sur ce projet cher à Nicolas Sarkozy. Pour que le texte soit adopté... Il faut que les 3/5èmes des parlementaires aient dit oui, d'où ces coups de fils, ces convocations et autres tractations qui vont se poursuivre aujourd'hui encore. Certains en rient, comme ce sénateur UMP cité dans le "Parisien Aujourd'hui en France" : "Si je voulais passer un week-end sympa quelque part, dit-il, je n'aurais qu'à demander. D'autres n'ont pas forcément le sourire lorsqu'ils entendent poindre la menace : "On vous explique qu'il va y avoir un redécoupage électoral, mais que bien sûr, vous n'avez aucun souci à vous faire", ironise le député UMP Villepiniste Jean-Pierre Grand. "Voilà qui risque en tous cas de coûter cher aux finances publiques", résume un autre élu dans le JDD. Le Parisien, lui affirme que l'ancien président de la République, Jacques Chirac, aurait été appellé à la rescousse pour mobiliser les troupes. "Il s'en est bien gardé" confie, rieur l'un de ses proches. Car ca sera à quelques voix que se jouera le vote, Nicolas Sarkozy le sait bien. Il n'hésite d'ailleurs pas lui même à décrocher son téléphone. "C'est l'exécutif tout entier qui joue sa crédibilité", à commencer par la gouvernement en cas d'échec. Revers personnel également pour le Président de la République, mais pas du Premier Ministre, c'est lui qui le dit. Long entretien de François Fillon ce matin dans le JDD. A peine remis de sa sciatique, marchant avec des béquilles, il ne se sentirait pas "désavoué" par un rejet de la réforme dit-il. "Je serais désavoué si j'étais désavoué par la Majorité, ce qui ne sera pas la cas". Un François Fillon ferme et offensif qui exclut entre les lignes toute démission et pour lui, si la révision Constitutionnelle ne se faisait pas, cce serait la faute de la gauche, Socialistes, Communistes et Verts qui ont appelé à voter non. "Car si ce même texte était proposé par une personnalité de gauche, le PS l'adopterait sans l'ombre d'une hésitation",, déplore le Premier Ministre. Réponse du PS et de son Premier Secrétaire dans les colonnes du JDD : il y a des bonnes choses dans cette réforme, mais elle ne va pas assez loin. "Nous voulons une vraie réforme", martelle François Hollande. Même son de cloche de son ancienne compagne dans le "Parsien Aujourd'hui en France". Ségolène Royal qualifie la méthode de Nicolas Sarkozy de "régime du mépris généralisé, qui produit une déchirure institutionnelle, sociale et humaine." Et pour la socialiste si la révision constitutionnelle de demain échouait, "Ce serait l'échec du pouvoir en place qui a cru pouvoir acheter des parlementaires ou faire pression sur eux pour faire adopter un texte médiocre". Et les Français, au fait, qu'en pensent-ils de ce texte? Certains élus sont convaincus qu'ils "sont plus préocupés cet été par les méduses, que par les réformes des institutions". Pourtant, ce sondage Ifop publié dans le Journal du Dimanche, réalisé il y a quelques jours auprès d'un millier de personnes selon la méthode des quotas. 8 questions posées et des personnes interrogées qui sont en grande majorité pour une révision de la Constitution. A 86% pour la limitation à 2 mandats pour le Président de la République. A 63% pour la suppression de son droit de grâce. Pour la limitation de l'utilisation de l'article 49/3 par le gouvernement. Et pour le droit de véto du parlement, concernant les nominations à la tête des Institutions les plus importantes. Il n'y a donc pas que des méduses cet été dans la tête des Français.

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