Bonjour à tous… « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France… J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie ». Ainsi parlait le Général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre, avant de reprocher plus tard, aux journalistes qu’il n’aimait pas, leur goût immodéré pour l’anecdote… et pout tout ce qui est moche ! Bref, il n’aurait pas beaucoup aimé la presse de ce week-end, empoisonnée par ce que le MONDE appelle l’ambiance délétère régnant chez les Bleus. Jugez plutôt des quatre phrases qui suivent les premières lignes, de la première page des Mémoires de guerre, que je viens de citer. « Le côté positif de mon esprit », poursuit l’écrivain Charles de Gaulle, « me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ! Que seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur ! ». Dieu merci, cela arrive quelquefois. Ecoutez plutôt, le neveu du Général de Gaulle, notre cher Jacques Vendroux, qui évoque chaque matin sur France Inter, en duo avec Pascale Clark, le drôle de climat qui règne en Afrique du Sud, au sein de l’équipe de France de football. BOBINO – Vendroux Séquence nostalgie, du footballeur de Papa, quand l’entraîneur des Bleus, s’appelait Aimé Jacquet et nos champions rassemblés autour de lui, avaient pour nom… Zidane, Karembeu, Barthez, Dugarry, Vieira, Pirès, Thuram, Trézéguet, Leboeuf, Lizarazu, Thierry Henry… J’en oublie de ces footballeurs de premier rang, qui visaient haut et se tenaient droit. C’était il y a douze ans déjà, avant ce week-end, de sport affaire d’Etat, où l’on voit le Président Sarkozy dénoncer à Moscou, un scandale inacceptable ! Car ce n’est pas que de foot qu’il s’agit, s’écrie Olivier Jay, dans le JOURNAL du DIMANCHE. Un JDD qui souligne l’exclusion de Nicolas Anelka, après ses insultes contre Raymond Domenech, sous une manchette en trois mots : « Pourquoi tant de haine ? ». Tout a commencé, résume Olivier Jay, par des prostituées fournies sur un plateau, à des joueurs gavés. Et cela finit par un sélectionneur traité de « Sale fils de pute ». Bref, poursuit l’éditorialiste, fiasco complet, sauf miracle mardi soir contre l’Afrique du Sud. Fiasco complet, avec un jeu incompréhensible, un coach disqualifié, des joueurs divisés, mus par leurs intérêts personnels, une fédération discréditée, sans compter une sous-ministre à la parole étourdie. Le rêve de 98 est oublié, dans une Afrique du Sud qui veut offrir au monde le spectacle d’un pays réconcilié. Deux pages plus loin, c’est Alain Finkielkraut qui soupire face à la compétition qui ne permet plus à des sportifs de faire l’expérience du vivre ensemble. Ils cassent l’identification, à la différence des autres équipes nationales. Ils refusent en gosses boudeurs, trop riches, d’incarner notre Nation. Certes, poursuit Finkielkraut, si cette équipe ne représente pas la France, elle la reflète hélas… Avec ses clans, ses divisions ethniques et sa persécution du premier de la classe Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible, car ce qui arrive à Domenech, renvoie au quotidien des éducateurs dans les cités dites sensibles. Et le philosophe Finkielkraut de conclure : « On a voulu confier l’Equipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents… Il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Jacques Santini, l’ex-sélectionneur des Bleus, confie au PARISIEN qu’il a une idée peu flatteuse de Nicolas Anelka. « Quant on porte le maillot bleu », écrit-il, « on se doit d’être respectueux. Moi, je n’ai jamais vu dans ma carrière d’entraîneur, insulter le coach. Ca ne se fait pas ! ». Juste au-dessus de cette interview, le PARISIEN donne la position d’Anelka. J’ai eu une discussion houleuse avec mon entraîneur, dans le secret du vestiaire. Elle n’aurait jamais du sortir dehors… mais j’accepte mon exclusion et souhaite bonne chance à l’équipe de France. J’arrêterai là, quand je vous aurais dit que toute la presse ce dimanche, d’OUEST-RANCE, au PROGRES de Lyon en passant par la PROVENCE et le REPUBLICAIN LORRAIN, exprime sa stupeur et son dégoût. « Les Bleus se vautrent dans la boue », titre le journal Messin. « C’est la honte », pour le BERRY REPUBLICAIN. « La chienlit », pour le MAINE LIBRE. Tandis que le MIDI LIBRE, partage sa première page, en deux titres. « Football, on touche le fond ». Et « Georges Frêche… le retour du vieux lion ». Opéré il y a un mois, il se remet doucement et parle de sa mort et de sa succession. Vous avez dit succession, donc vous allez parler de Villepin qui revient avec son mouvement, « épublique Solidaire»… « RS ». Je le ferai d’un mot. C’était selon le quotidien gaullien, dans la forme et prudent dans le fond, très critique vis-à-vis de la politique actuellement suivie. Et Bigeard me direz-vous. Il a sa page dans le MONDE daté dimanche-lundi. Elle est signée Thomas Wieder, qui rappelle que le général, ancien secrétaire de Valery Giscard-d’Estaing, a dit à son épouse : « Veille à ce qu’on largue mes cendres sur Dien Bien Phu, ce sera sympa, ça aura de la gueule ! ». A lire aussi, ce dimanche de fête des pères, avant la fête de la Musique, les réflexions de Patrick Besson dans le POINT sur la planète-foot. « C’est drôle » , dit-il, « les débats sur les matchs sont plus animés que ceux sur la retraite ». C’est peut-être politique. Et dans la revue MEDIAS–Eté 2010, qui vient de sortir, un dossier qui plaira, sur tous ceux que les radios, les télés, les journaux ont lynché ces dernières années, selon le vieux principe des 3L. «Les journalistes, ça lèche, ça lâche et ça lynche». Pas nous. On se rappelle que de Gaulle, aimait bien les écrivains et il y en a parmi nous. « Ce sont », disait-il, « des gens vraiment indépendants, il faut les protéger et assurer leur retraite ». Il en est un, Jean-Claude Carrière, qui donne un bel entretien à la revue MEDIAS où il dénonce le « parler parisien » de la télé. Ce parler-là fait disparaître l’accent du midi de mon village, parce que les gens, parlent désormais comme à la télé. Jean-Claude Carrière, dit cela sans haine, avec humour. Il cite même Monseigneur de Quelen, qui dans un sermon à Notre Dame, sous la restauration, avait dit : « Non seulement Jésus-Christ était fils de Dieu, mais encore, il était d’excellente famille du côté de sa mère ». A ce propos, je veux remercier les nombreux auditeurs de France Inter, qui nous écrivent.

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